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Laval se dote d'un autobus électrique 0

Par Ghislain Plourde

La Société de transport de Laval (STL) devient le premier transporteur public de la province à faire l'acquisition d'un autobus standard entièrement électrique.

Le véhicule, qui sera climatisé lors des chaudes journées, parcourra les rues de Laval dans les prochains mois. Son arrivée en sol lavallois est prévue pour le début de l'année 2012. Pendant deux ans, la STL mènera près d'une cinquantaine de tests, répartis sur deux ans, pour s'assurer de sa fiabilité durant les quatre saisons.

«Les six premiers mois d'épreuves se feront sans passagers, tandis que les essais des 18 mois suivants seront réalisés avec des usagers à bord de l'autobus», déclare Pierre Giard, directeur général de la STL.

C'est l'entreprise DesignLine, de la Caroline du Nord, qui fournira le bus 100 % électrique à un coût de 890 000 $. Québec appuie financièrement la STL dans ce projet-pilote en déboursant 500 000 $. La société de transport estime qu'elle investira au total environ 1,5 M$ pour mener à terme l'expérimentation durant les deux prochaines années.

Cette commande à DesignLine fait suite à un appel d'offres où la candidature de quatre compagnies internationales a été étudiée de près. Parmi les critères de sélection qui se retrouvaient dans le cahier de charges, les autorités étaient à la recherche d'un véhicule de taille normale, soit 12 mètres, à plancher surbaissé, disposant d'une autonomie d'au moins 150 kilomètres et dont la recharge n'excédait pas quatre heures.

Si l'expérience s'avère concluante, la société retournera en appel d'offres afin de choisir le fournisseur de services. «Aucune option d'achat n'est rattachée à ce projet-pilote, affirme Pierre Giard de la STL. De plus, nos conclusions sur cette technologie seront partagées avec les huit autres transporteurs du Québec qui travaillent en collaboration avec l'AVT (Société de gestion et d'acquisition de véhicules de transport).»

En attendant la venue de ce nouveau moyen de transport écologique, des chauffeurs et mécaniciens de la STL se familiariseront avec l'appareil, dès octobre, en se rendant dans les bureaux de l'entreprise américaine qui déléguera également quelques employés chez le transporteur lavallois.

Mort du trolleybus?

Ce projet expérimental de la STL relègue aux oubliettes, ou presque, l'idée de développer le trolleybus sur l'île Jésus. «On ne peut pas dire que c'est mort, mais disons qu'il s'agit d'un autre clou dans le cercueil de ce dossier», rajoute Pierre Giard.

Quant aux autobus biberonnés, solution proposée lors du rapport final concernant le trolleybus, l'idée n'est pas écartée du revers de la main, mais ce n'est assurément pas le premier choix de la STL. «Cesser temporairement un circuit pour recharger la batterie, ce n'est pas l'idéal.»

Réactions

Le chef du Parti au service du citoyen (PSC), Robert Bordeleau, salue l'initiative annoncée de la STL. «On ne peut que se réjouir de ce type de nouvelle, sauf qu'il faudrait s'attaquer à l'ensemble du réseau de transport et non pas seulement à une unité, à une portion de l'équation», soulignant au passage que l'électrification des autobus se trouvait dans le programme électoral du PSC en 2009. Il rappelle, par le fait même, que le déploiement d'un réseau de tramway s'avère à être la solution de l'avenir du transport en commun à Laval.

Le Mouvement lavallois, via un communiqué émis, s'interroge de son côté quant à la facture totale du renouvellement de la flotte (qu'il estime à 207 M$ pour 233 autobus à un coût unitaire de 890 000 $). Le parti d'opposition croit que c'est le client qui devra assumer cette dépense avec une hausse des tarifs de transport qui aura pour incidence de réduire l'utilisation des services de la STL. Au bout du compte, «le Plan de mobilité durable de la ville ne produira donc pas les effets escomptés. C'est écrit dans le ciel», conclut-il.