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Jean Gauthier, la «courroie de transmission»

Le notaire Jean Gauthier a admis avoir été «la courroie de transmission» entre les firmes de génie et le PRO des Lavallois en récoltant des «fonds illégaux» pour le parti de Gilles Vaillancourt.
Photo: Photo Agence QMILe notaire Jean Gauthier a admis avoir été «la courroie de transmission» entre les firmes de génie et le PRO des Lavallois en récoltant des «fonds illégaux» pour le parti de Gilles Vaillancourt.
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LAVAL - 

Jean Gauthier s'est présenté comme simple «courroie de transmission» entre les firmes de génie et le parti du maire Gilles Vaillancourt en collectant des «fonds illégaux». S'il a minimisé son implication dans le système de collusion, la commission a démontré qu'il semblait très au fait des magouilles qui sévissaient à Laval.

Au premier jour de son témoignage devant la juge Charbonneau, M. Gauthier a avoué avoir tenu un rôle crucial dans le système de collusion à Laval, en alimentant la caisse occulte de la formation politique de l'ancien maire.

«J'ai joué le rôle de courroie de transmission entre les bureaux d'ingénieurs et le parti (…) en recueillant des fonds liquides (…), des fonds illégaux», a-t-il avancé au procureur Denis Gallant.

Le notaire de 74 ans, aujourd'hui retraité, aurait commencé à jouer les intermédiaires aux alentours des années 2000 pour finalement décider de raccrocher en 2006.

Pour que le système de collusion batte son plein, les firmes de génie-conseil versaient 2 % du montant des contrats publics qu'elles obtenaient au parti de Gilles Vaillancourt. Jean Gauthier intervenait en collectant cet argent et en le remettant au PRO.

«Un simple citoyen»

M. Gauthier n'a cependant cessé de minimiser son rôle et son implication au sein du parti. Il a également nié en bloc avoir été le «mentor» de Jean Bertrand, l'ex-agent officiel du PRO des Lavallois, ou encore avoir été le grand argentier de l'ombre de la formation politique.

Bien qu'il avait les mains plongées dans la caisse occulte du parti, il a juré qu'il ne savait pas qu'une collusion s'organisait entre les firmes de génie.

Pourtant, dans une série de conversations entre Jean Bertrand et M. Gauthier, écoutées lors de la séance de la commission lundi après-midi, ce dernier semblait très au courant de la situation et impatient de connaître les motifs des perquisitions de l'UPAC menées cet automne à Laval. Comme s'il s'inquiétait pour son propre sort.

C'est même lui qui a alerté son ami Jean Bertrand qu'une telle opération policière se déroulait sur l'île de Jésus, à l'hôtel de ville et au domicile de M. Vaillancourt.

Pendant de longues minutes, les deux hommes ont spéculé sur ce qui avait pu se passer. «Ça doit toucher le maire de près (…). Pour moi, il faut que ce soit lui qui ait fait une gaffe», a dit M. Gauthier, sûr de lui, à l'autre bout du combiné.

L'ex-agent officiel, qui est visiblement allé à la quête aux informations, lui est revenu avec des renseignements supplémentaires : Monsieur Vaillancourt est avec sa femme, «au bureau de Basile» — Angelopoulos, le conseiller municipal. Son chef de cabinet Pierre Lafleur et son responsable des communications Pierre Desjardins du cabinet National étaient aussi présents.

«Il est dans tous ces états», a rapporté M. Bertrand dans la conversation, en parlant du maire.

Pour l'ancien notaire, ses inquiétudes et son intérêt pour cette affaire sont uniquement ceux qu'aurait un «simple citoyen». Il n'avait qu'une «inquiétude générale», a-t-il plaidé.

«Chez nous, tout est correct»

Peu après, Jean Gauthier s'est demandé si les perquisitions ne pouvaient pas avoir un lien avec les contrats.

«J'ai eu des développements de Jean-Marcel Perreault du service de génie. C'est eux autres qui sont impliqués, ils m'ont montré le mandat de perquisition. C'est juste les contrats», a-t-il appris à M. Bertrand au cours d'un autre appel, un peu plus soulagé.

«Mon feeling c'est qu'ils cherchent quelque chose et chez nous, tout est correct», a-t-il ajouté.

Au cours de ces conversations, le notaire a donné toute une série de conseils à l'ex-agent du PRO, comme celui de ne pas démissionner dans l'immédiat et de «laisser passer la tempête». Mais M. Gauthier a insisté sur le fait qu'il ne s'agissait que de «conseils d'ami», et qu'il n'avait aucun ascendant sur M. Bertrand.

 

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