Alors que l'inflation alimentaire progresse de mois en mois, la pression sur les foyers canadiens s'accentue de plus en plus. Dans le but de mesurer le ressenti des consommateurs sur l'épicerie, Milesopedia a mené une enquête auprès de 203 membres de sa communauté.
Parmi les faits saillants de cet exercice, on peut nommer ceux-ci:
- 96 % des répondants estiment que le prix de leur panier d’épicerie a augmenté au cours des 12 derniers mois - parmi eux, 61 % considèrent que cette augmentation a été importante;
- 70 % des répondants affirment avoir modifié leurs habitudes d’achat en raison de la hausse des prix - parmi lesquels 71 % comparent davantage les prix entre les enseignes;
- 85 % utilisent un programme de récompenses à l'épicerie, mais 49,5 % jugent que ces programmes ne compensent que peu, ou pas, la hausse des prix;
Malgré tout, 50,2% des personnes interrogées affirment que cette hausse a un effet modéré sur leur budget mensuel, et disent s'adapter sans stress.
Une hausse des prix ressentie par presque tous
Le constat est largement partagé : la quasi-totalité des répondants ressent la hausse des prix à l’épicerie. Son effet sur le budget reste souvent jugé gérable, mais il est bien réel au quotidien.
96 % constatent une augmentation
La perception de la hausse est presque unanime sur les douze derniers mois. Six répondants sur dix (60,5 %) estiment que le coût de leur panier a beaucoup augmenté, tandis que 36 % jugent qu’il a un peu augmenté. Au total, plus de 96 % constatent donc une hausse. À l’inverse, seuls 1,5 % trouvent leur panier stable et 2 % ne savent pas se prononcer.
Un impact surtout jugé modéré
Si la hausse est presque universelle, son effet sur les finances varie d’un ménage à l’autre. La moitié des répondants (50,2 %) décrivent un impact modéré : ils remarquent l’augmentation, mais s’ajustent sans trop de difficulté. Cependant, 33 % ressentent les effets chaque mois sur leur budget (réponses « important » et « très important » combinées). À l’opposé, seulement 16,7 % parlent d’un impact faible ou nul.
Autrement dit, la situation ne force pas encore la majorité des ménages à des choix difficiles. Néanmoins, la pression du coût de l’épicerie demeure bien présente et largement ressentie.
7 répondants sur 10 changent leurs habitudes
Face à la hausse, les consommateurs ne se contentent pas de constater : ils adaptent aussi leurs comportements. Plus de sept répondants sur dix (70,1 %) ont modifié leurs habitudes d’achat, dont 10,7 % de façon importante. La majorité (59,4 %) parle de petits ajustements, signe que l’adaptation se fait par petites touches plutôt que par des changements radicaux. À l’inverse, près de trois sur dix (29,9 %) n’ont pas vraiment changé leurs habitudes.
Quant aux stratégies adoptées, les répondants privilégient avant tout celles qui optimisent leurs achats sans tout bouleverser. La comparaison des prix entre enseignes arrive largement en tête (71,1 %). Viennent ensuite les marques maison (39,1 %) puis les coupons et applications de rabais (34 %). Les approches plus contraignantes restent minoritaires : 24,4 % coupent dans certaines catégories et seulement 9,6 % ont changé d’enseigne préférée.
L’avenir des prix inquiète 77,6 % des sondés
Au-delà de la hausse déjà observée, c’est surtout l’évolution future qui inquiète. Plus des trois quarts des répondants (77,6 %) se disent assez ou très préoccupés par une nouvelle augmentation dans les prochains mois, dont 23,5 % très préoccupés. À l’inverse, moins d’un sur quatre (22,5 %) se dit peu ou pas inquiet. L’inflation alimentaire n’est donc pas perçue comme un phénomène passager, mais comme une préoccupation durable.
Les programmes de récompenses : utiles mais limités
Rappelons d’abord que les membres de la communauté Milesopedia connaissent mieux que la moyenne les programmes de récompenses, les cartes de crédit et les stratégies d’optimisation. Les données qui suivent reflètent donc l’opinion d’utilisateurs déjà aguerris, pas celle de la population canadienne. C’est précisément ce qui rend leurs constats révélateurs.
Bien connus, jugés insuffisants seuls
Les programmes offerts par les épiceries sont largement connus de nos répondants : plus de neuf sur dix (93,9 %) disent les connaître très bien ou assez bien, dont 51,8 % très bien. Pourtant, malgré cette maîtrise, ils restent sceptiques sur leur capacité à compenser la hausse. Près de la moitié (49,5 %) jugent qu’ils aident très peu ou pas du tout, et à peine 7,1 % estiment qu’ils réduisent beaucoup la facture. Ces programmes sont donc perçus comme un complément utile plutôt que comme une vraie solution à l’inflation.
Le vrai frein : des gains jugés trop faibles
Contrairement à certaines idées reçues, la complexité ou le manque de confiance ne sont pas les principaux freins. La majorité (64,5 %) ne rencontre aucun obstacle particulier et estime déjà bien utiliser ces programmes. Parmi ceux qui pointent un frein, le reproche dominant porte sur la valeur des récompenses : près d’un quart (27,4 %) jugent les gains trop petits pour faire une réelle différence. Le temps requis et la complexité arrivent loin derrière.
La stratégie la plus efficace consiste à combiner le programme de fidélité de l’enseigne avec une carte de crédit adaptée à ses habitudes d’achat : la bonne carte au bon endroit.