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Les aléas hivernaux de la vie à quatre roues

durée 06h02
19 mars 2014
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Par Claude-André Mayrand
LAVAL - 

L’hiver est long et pénible pour les Québécois, mais personne ne sera surpris d’apprendre qu’il l’est encore plus pour les personnes à mobilité réduite qui se déplacent à l’aide d’un fauteuil roulant. Trottoirs enneigés, nids-de-poule, rampes d’accès glacées, les mois de décembre, janvier et février semblent éternels pour ceux qui vivent sur quatre roues.

Équipé d’un fauteuil, l’auteur de ces lignes a accompagné Sylvain Gamache, 56 ans, et Jessica Jean, 22 ans, lors d’une balade près de l’hôtel de ville pour constater quelques-unes des nombreuses difficultés auxquelles sont confrontés les Lavallois se déplaçant en fauteuil roulant.


À lire également: Fauteuils roulants: cinq situation problématiques


Les deux guides avaient une longue liste de sujets à exposer sur les difficultés qu’ils rencontrent l’hiver et même à longueur d’année.

«L’hiver, je sors très peu parce que je trouve ça trop dangereux, admet Jessica, qui réside à Fabreville. On joue avec le feu.»

«En enfer, il ne fait pas chaud, il fait frette et il neige. Les trous, la glace et la neige rendent les déplacements difficiles, explique Sylvain. On essaie de sortir moins et on attend le printemps.»

Déplacements difficiles

Lors de la balade, un trou rempli d’eau obstruait le chemin pour atteindre le bateau-pavé*, ce qui a empêché le journaliste cobaye en fauteuil d’embarquer sur le trottoir et l’immobilisant, une roue dans le nid-de-poule et l’autre tournant dans le vide.

«Quand je suis coincé dans la neige, j’attends que quelqu’un passe pour avoir de l’aide, affirme en comparaison Sylvain Gamache, qui avoue que ça lui arrive à chaque jour de tempête de neige.

Le Lavallois résidant à l’île du Tremblay en a d’ailleurs long à dire sur le déneigement.

«Si le col bleu est assez smatte (sic), il laisse un espace pour embarquer et débarquer du trottoir lorsqu’il passe avec sa chenillette, ajoute-t-il. La plupart du temps, c’est impossible d’utiliser les trottoirs après une tempête et on doit donc rouler dans la rue, avec les dangers qui viennent avec.»

Une traversée risquée

Les intersections des boulevards sont souvent munies de bretelles d’accès pour virer à droite, un cauchemar pour les gens à mobilité réduite.

Pour atteindre le bouton activant le feu pour piétons pour traverser le boulevard, il faut franchir la bretelle d’accès sans priorité et sans arrêt obligatoire pour les voitures qui arrivent souvent dans l’angle mort.

Il s’agit d’une opération risquée lorsque la chaussée est glissante et que les bateaux-pavés sont obstrués.

En plus, les boutons d’appel de feux pour piétons sont souvent hors de portée pour les personnes à mobilité réduites, s’ils ne sont pas obstrués par une pancarte électorale cavalièrement installée.

«Je dois souvent mettre mes deux petites roues dans la neige pour atteindre le bouton et ça arrive que je reste coincé. Si je ne me rends pas au bouton du tout, je traverse à la Rambo», illustre M. Gamache.

Règle générale, une trentaine de secondes de priorité sont accordées pour traverser, ce qui est peu pour descendre par le bateau-pavé, rouler jusqu’à l’autre côté et atteindre le trottoir dans des conditions hivernales.

*Bateau-pavé est le nom donné à l’aplanissement d’un trottoir pour permettre à un élément roulant d’embarquer sur ce dernier

 

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