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Reportage

Une nuit avec Opération Nez rouge

durée 17h07
22 décembre 2014
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Simon Servant
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Par Simon Servant, Journaliste

La 31e campagne d'Opération Nez Rouge bat son plein et l'Écho de la Laval en a profité pour suivre une équipe pendant une nuit. Récit d'une aventure au cœur de ce service de raccompagnement.

22 h 45 : J'arrive dans les quartiers généraux d'Opération Nez rouge Laval-Basses Laurentides, au Cosmodôme. Plusieurs équipes se préparent à prendre la route pour amorcer leur périple de quelques heures. Elles ont reçu, au préalable, une petite formation.

Je suis jumelé à trois femmes : Josée, Chantal et sa fille Véronique. Dans le cas des deux premières, elles en sont à leur deuxième année avec Nez Rouge alors que Véronique effectue son baptême de feu, tout comme moi.

23 h 20 : Nous sommes invités à nous rendre à la première destination, le Boston Pizza qui est à quelques minutes de notre lieu de rencontre. Une première dame souhaite se faire raccompagner à Mascouche. Le premier de nos quatre raccompagnements de la soirée.

Pendant que Josée et Véronique accompagnent la cliente dans son véhicule, je tiens compagnie à Chantal, qui m'explique pourquoi elle a décidé de s'impliquer avec Nez Rouge.

"On en entend toujours parler et quelques collègues de travail y ont participé et ils m'ont dit que c'était très plaisant. C'est pour cette raison que j'ai décidé de le faire. Les gens raccompagnés sont souvent de bonne humeur et ils racontent des histoires cocasses. Ça fait du bien de les côtoyer et l'ambiance de Noël rend l'expérience encore plus amusante", a-t-elle souligné.

Arrivés à destination, nous obtenons notre premier don, 20 $. Selon ce que mentionne l'équipe, c'est habituellement la norme.

00 h 15 : De Mascouche, nous prenons la route de Lachenaie, où notre second client en a mis plein la vue à nos accompagnatrices.

"Nous sommes arrivées à l'appartement et nous l'avons rencontré. Il était dans un état d'ébriété très avancé et il ne se souvenait même pas de sa propre adresse. Il devait y avoir une fille avec lui, mais je crois qu'elle a décidé de rester ici. En arrivant dans l'auto, il y avait une sacoche et un sac de vêtements, mais il ne savait pas à qui ça appartenait. Bref, pendant tout le trajet, il a divagué", a raconté Josée, en riant.

Celui-ci ne leur a toutefois pas rendu la vie facile. À plusieurs reprises, il disait qu'il blaguait qu'il allait sortir de la voiture en marche ou qu'il allait se mettre à vomir.

"Le truc, c'est d'embarquer dans leurs blagues, mais quand ça devient un peu trop exagéré, il faut ignorer. Ils sont souvent dans un état trop avancé pour se rendre compte qu'ils parlent tout seul", a expliqué Véronique, infirmière en devenir ayant déjà effectué un stage avec quelqu'un atteint de démence.

Malgré son état d'ivresse, il nous a tout de même refilé 40 $.

1 h 30 : Maintenant à Saint-Augustin, nous recevons un troisième appel de la centrale, qui nous demandait de nous diriger vers Boisbriand afin de ramener un client à Blainville.

Cette fois, j'ai décidé d'entrer rapidement au bar afin de constater l'accueil réservé aux bénévoles de Nez rouge. Les deux femmes, qui cherchent celui qui bénéficiera du service, se font interpeller par quelques personnes. Véronique, dans la jeune vingtaine, se fait même aborder par d'autres jeunes hommes, installés au bar.

"Quand tu entres dans un bar ou un autre endroit et que tu commences à chercher, les gens crient. Dès qu'ils voient les dossards de Nez rouge, ils se mettent encore plus à parler et ils demandent si nous venons pour eux", a mentionné Chantal.

Malgré une petite erreur sur la route, notre raccompagnement se passe bien. L'homme était au bar depuis 15 h de l'après-midi et il n'avait rien mangé. Nos deux accompagnatrices ont bien fait leur boulot et ont obtenu un don de 25 $.

2 h 45 : La soirée se termine au club Le Moomba, au Centropolis de Laval. Nous sommes à la recherche d'un groupe de six, mais le nombre de personnes devant l'établissement rend la tâche très difficile, et ce, sans compter les nombreux véhicules de police campés dans le stationnement.

C'était comme chercher une aiguille dans une botte de foin et nous n'étions pas les seuls, car plusieurs équipes de Nez rouge devaient également finir leur soirée à cet endroit.

3 h 30 : Nous n'avons pas bougé d'un mètre. Le groupe avait demandé deux véhicules, mais n'avait offert qu'un seul nom. La centrale nous avise qu'il doit y avoir un deuxième nom pour que trois d'entre eux puissent être raccompagnés.

Finalement, après tout ce branle-bas de combat, nous quittons le club pour Montréal-Nord. Josée et Véronique sont à bord d'une voiture de marque Mercedes, il allait de soi que je m'attende à un don considérable. Ce ne fut pas le cas.

3 h 50 : Nous terminons notre nuit mouvementée avec un don de 10 $, pour un total de 95 $. Cet argent sera remis à l'organisme Sports Laval, qui œuvre auprès des jeunes. Il ne reste qu'à revenir au quartier général, où sera servi de la nourriture et du café pour les équipes.

4 h 05 : Dans le stationnement du Cosmodôme, je peux finalement dire que j'ai participé à cette aventure qu'est Opération Nez rouge. Entre deux bâillements, je remercie les trois femmes qui auront su me tenir compagnie avant de moi-même me raccompagner à mon domicile.

Jusqu'au 31 décembre, entre 19 h et 3 h du matin, il est possible de rejoindre la centrale de coordination de la région Laval-Basses Laurentides au (450) 664-4314.

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