Pour Farès Arfa, l’escrime est un sport, une passion et un objectif, celui de représenter le Canada aux Jeux olympiques. D’ici là, il parfait son art des deux côtés de la frontière américaine dans le but d’être le meilleur escrimeur de l’histoire du Québec.
C’est en regardant une compétition d’escrime lors des Jeux olympiques d’Athènes, en 2004, que Farès a eu envie d’essayer.
«J’ai trouvé ça intense, dynamique et rapide et j’ai demandé à ma mère de me trouver un club», se rappelle l’athlète de 19 ans.
Dix ans plus tard, il a participé à la Coupe du monde, à quatre Championnats du monde junior et il essaie de se qualifier aux Championnats seniors de 2014.
Il a remporté les Championnats panaméricains junior dans les volets individuels et par équipe.
De plus, il s’est fait offrir une bourse d’études par l’Université Ohio State, où il vient de compléter son année d’introduction au programme de droit.
«Je m’entraîne de 8 h à 12 h, j’ai ensuite des cours jusqu’à 16 h ou 18 h. Si je termine à 16 h, je m’entraîne encore, et si je termine à 18 h, je vais me reposer», explique Farès en parlant de sa semaine de travail.
Il ajoute que d’aller étudier aux États-Unis est aussi une expérience de vie.
«Les programmes scolaires ne m’offraient pas grand-chose en escrime. La compétition au calibre universitaire (NCAA) est très relevée.»
Farès a choisi comme arme le sabre, au détriment de l’épée et du fleuret.
«Je ne suis pas patient. J’aime quand ça va vite et que c’est fait de façon intensive et le sabre est l’arme la plus rapide», illustre-t-il pour justifier son choix.
Au sommet quand ça compte
Stéphane Hamel entraîne Farès depuis 8 ans. Il affirme sans hésiter qu’il est l’athlète le plus talentueux avec lequel il a travaillé. Il doit cependant travailler sur sa constance.
«Quand ça compte, Farès performe. On ne peut pas dire qu’en général, sa saison a été excellente. Mais faire un top 4 par équipe aux Championnats du monde junior, c’est arrivé juste deux fois dans l’histoire de l’escrime québécoise», exprime celui qui est aussi chargé de projets pour Excellence Sports Laval, et qui encadre Farès Arfa depuis deux ans.
Maintenant qu’il est rendu au niveau universitaire américain, ses services ont été réduits, mais lors de sa première année, il a eu du support en préparation physique et mentale.
«C’est une aide très importante et c’est une sphère du sport que les athlètes ont tendance à négliger, ajoute Farès. Ce n’est pas facilement accessible et il faut connaître les bonnes personnes pour rencontrer les bons intervenants.»
Le plus grand défi psychologique de l’escrime est de garder sa concentration, selon l’athlète de Pont-Viau. Les journées de compétition d’escrime peuvent être longues, de 8 h à 18 h, et les erreurs d’arbitrage sont fréquentes.
«Il faut vivre avec, ça fait partie du jeu. C’est un sport très rapide, précise celui qui dit travailler sur sa patience avec ce sport. Il faut analyser la situation. Dès que tu as la priorité, tu veux aller finir et chercher le point, mais si tu vas trop vite, tu vas te faire prendre.»
Farès Arfa est de retour chez lui pour l’été. Il compte s’entraîner le plus souvent possible avant de retourner à Ohio State à l’automne.
Il a comme objectif à court terme de participer à ses premiers Championnats du monde senior, qui auront lieu en Russie à compter du 16 juillet.
Entre-temps, il se concentre sur les Championnats canadiens (du 16 au 18 mai) et les Jeux panaméricains (début juin).
Excellence Sports Laval
Le projet Excellence Sports Laval a démarré ses activités en 2012. Ayant pour objectif de supporter les athlètes lavallois, il vise à offrir différents services à ces derniers. L’édition 2013-2014 d’Excellence Sports Laval compte maintenant quatre groupes d’entraînement regroupant plus de 30 athlètes et six athlètes individuels. Excellence Sports Laval est supporté financièrement par Sports Laval et la Ville de Laval.