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À 110 ans, elle a encore des «rêves à réaliser»

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21 novembre 2013
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Par Marie-Pier Gagné\Agence QMI
LAVAL - 

«Je vois bien, je mange bien, j’entends bien et je ne suis pas malade. En 110 ans, beaucoup de choses ont changé, mais moi, je suis toujours la même. Et j’ai encore des rêves à réaliser.»

C’est ainsi que se décrit Leroisine Charles-Drouinaud, une Haïtienne d’origine qui célèbre son 110e anniversaire aujourd'hui, entourée de ses 7 enfants, 32 petits-enfants, 40 arrière-petits-enfants et son unique arrière-arrière-petit-enfant.

«Je n’aime pas ne rien faire. Rester assis dans le fond d’un fauteuil, c’est pour les vieux!», s’exclame-t-elle en riant.

Elle ne se sent pas vieille, au contraire, se disant «jeune de cœur».

«Les vieux, ça ne cuisine pas, ça ne coud pas, ça ne danse pas, ça ne fait pas la lessive et ça ne repasse pas les vêtements. Mais moi, je fais tout ça, alors je suis jeune», explique-t-elle, le sourire aux lèvres.

Étonnant

Mme Charles-Drouinaud est née le 21 novembre 1903, à Haïti.

Elle y a élevé sa famille, mais a décidé d’immigrer au Québec au début des années 1980.

«Tous mes enfants avaient quitté le pays pour avoir de meilleures conditions de vie et fuir le climat politique qui n’était pas au mieux, affirme-t-elle. J’ai donc décidé de me rapprocher d’eux. Je me disais que ce serait une belle expérience de vie et que ça me permettrait de sortir de ma zone de confort.»

Si elle pense que s’être établie à Laval est l’une des meilleures décisions de sa vie, elle demeure tout de même attachée¬¬ à ses origines.

«Le Québec m’a fait du bien. J’y ai vu mes enfants s’épanouir et ma famille s’agrandir dans un environnement sain. Mais je ne suis pas capable de totalement me défaire de mes origines haïtiennes», admet la supercentenaire.

Chaque année, Mme Charles-Drouinaud quitte la province en décembre pour s’installer à Haïti pour l’hiver, dans la maison familiale qui lui appartient toujours dans le nord du pays.

«Je déteste le froid et la neige me fait peur, explique la dame. J’ai peur de glisser, ça m’obsède.»

Mme Charles-Drouin ne serait cependant pas la doyenne du Québec. Une autre Lavalloise d'adoption d’origine haïtienne qui a fui le grand séisme en 2010 affirme être âgée de 117 ans.

Tout de même, la femme de 110 ans a assisté à la naissance de plusieurs inventions qui ont changé le monde.

«J’ai vu évoluer le téléphone et la télévision, dit-elle. Je me souviens que lorsque j’étais jeune, c’était des objets énormes qui prenaient beaucoup de place. Aujourd’hui, quand je vois les jeunes avec leurs petits cellulaires dans le creux de leur main et les télévisions presque aussi minces qu’une feuille de papier, je repense au début des années 1900 et je souris.»

Mais ce qui a le plus changé, selon Mme Charles-Drouinaud, c’est la nourriture.

«C’est beaucoup moins bon maintenant, affirme-t-elle. Avant, on s’occupait de nos champs et de nos récoltes et tout avait un goût naturel. On ne peut pas en dire autant aujourd’hui!»

Voyages

Même si elle sait que le chemin à parcourir est moins long que celui qui est derrière elle, la dame ne craint pas la mort.

«Il ne faut pas y penser, dit-elle. Je remercie chaque jour le ciel de me permettre d’ajouter une journée de plus à mon existence et lui demande de continuer à faire ainsi.»

À 110 ans, elle rêve encore de voyages.

«Avant de mourir, je veux visiter New York et Miami, confie-t-elle à l’Agence QMI. Il n’est jamais trop tard pour rêver. Les voyages, ça fait partie de moi!»

 

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