Le salaire minimum passera à 10,35$ l'heure
Le salaire minimum au Québec augmentera de 20 cents l'heure à compter du 1er mai prochain. Il sera porté ainsi à 10,35 $ l'heure.
Les travailleurs rémunérés au salaire minimum du Québec vont voir leur chèque de paie augmenter le 1er mai prochain.
La ministre du Travail, Agnès Maltais, a annoncé mercredi une hausse de 0,20 $ l'heure du salaire minimum, qui sera porté ainsi à 10,35 $ l'heure.
«C'est bon pour les travailleurs à faible revenu, a souligné Mme Maltais. Ça protège leur pouvoir d'achat.»
Le taux du salaire des employés au pourboire passera de 8,75 $ à 8,90 $ l'heure.
Le gouvernement estime à plus de 345 000 le nombre de personnes qui travaillent au salaire minimum, dont plus de 212 000 femmes. Plus de neuf salariés sur dix rémunérés au salaire minimum au Québec travaillent dans le secteur des services, comme l'hôtellerie, la restauration ou le commerce de détail.
Alors que les rumeurs d'élections printanières sont persistantes, la ministre du Travail Agnès Maltais s'est défendu de procéder à une annonce électoraliste.
«Pas du tout, a-t-elle déclaré. Il est de tradition de l'annoncer quelques mois avant le premier mai pour permettre aux entreprises de se préparer à cette hausse.»
«Je pense qu'on est capable comme société de se dire qu'on accorde 0,20 $ de plus aux travailleurs les plus pauvres de la société», croit Mme Maltais.
Malgré la hausse, le salaire minimum au Québec sera inférieur à celui de l'Ontario. Le 1er juin prochain, le salaire minimum dans la province voisine passera à 11 $ l'heure. Il s'agira du salaire minimum le plus élevé au pays.
Mme Maltais a par ailleurs confirmé que les cueilleurs de framboises ou de fraises continueront d'être payés au rendement après le 1er mai prochain, «afin d'assurer une rémunération adéquate aux salariés de cette industrie et faciliter l'accès des producteurs de fraises et de framboises à une main-d'œuvre en temps de cueillette».
Le taux du salaire minimum pour les cueilleurs de framboises passera de 2,98 $ à 3,04 $ du kg, et de 0,79 $ à 0,81 $ du kg pour les cueilleurs de fraises.
La ministre a toutefois annoncé la formation d'un comité qui sera chargé d'étudier la formule de rémunération dans ce milieu. Ce comité sera formé de représentants du milieu agricole, du ministère du Travail, du ministère de l'Agriculture et de la Commission des normes du travail.
Hausse du salaire minimum : le Conseil du patronat applaudit, pas la FCEI
Le Conseil du patronat du Québec a jugé positivement la hausse du salaire horaire minimum de 2 %, annoncée mercredi par le gouvernement péquiste. Il s'agit d'une augmentation «raisonnable», selon lui.
Cela «s'avère un compromis raisonnable à la lumière de la situation économique actuelle, car elle protège le pouvoir d'achat des travailleurs à faible revenu tout en respectant la capacité de payer des employeurs», a écrit le CPQ dans un communiqué.
Le Front de défense des non-syndiqués (FDNS) considère pour sa part que c'est insuffisant. «L'augmentation du salaire minimum est un des moyens à privilégier pour lutter contre la pauvreté, selon Mélanie Gauvin, porte-parole du FDNS. Une étude du ministère du Travail nous révèle d'ailleurs qu'une hausse du salaire minimum a une incidence positive sur la rémunération de 20 % de la main-d'œuvre au Québec, et particulièrement sur 25 % de la main-d'œuvre féminine».
Quant à la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), cette hausse du revenu minimum est une mauvaise nouvelle pour les petits employeurs.
«Lorsqu'une partie des employés voient leur salaire augmenter de 2 %, cela crée nécessairement des attentes auprès des autres employés qui travaillent dans l'entreprise, souvent depuis plus longtemps, et qui souhaiteraient bénéficier d'une augmentation similaire ou supérieure, a dit Martine Hébert, vice-présidente principale et porte-parole nationale de la FCEI. Cela crée donc des iniquités et une pression sur l'ensemble de la masse salariale. Or, les petites entreprises n'ont pas toujours les moyens de hausser l'ensemble des salaires à la même hauteur.»
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