Hausse du salaire minimum : un manque à gagner de 4$/h pour vivre décemment
COMMUNIQUÉ
Alors que le salaire minimum sera augmenté à 10,55$/h aujourd'hui le 1er mai, l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS) a calculé quel serait le véritable salaire viable, celui qui permettrait à un ménage de vivre décemment et d'améliorer sa situation.
Quand on parle de travail au salaire minimum, on pense principalement à des étudiant.e.s ayant un emploi à temps partiel pour payer leurs études et leurs dépenses courantes. La réalité est tout autre. « Cette force de travail est majoritairement constituée de femmes. De plus, ce sont des gens ayant en majorité plus de 25 ans et la plupart possédant un diplôme d'études postsecondaires. Ces personnes dépendent clairement du salaire minimum pour vivre. Malheureusement, avec 10,55$/heure, ce n'est pas possible. L'IRIS a calculé que le salaire minimum devrait augmenter de 4$/h pour que celui-ci permette aux gens de se sortir du cercle vicieux de l'endettement et de combler leurs besoins de base », constate Minh Nguyen, chercheur à l'IRIS et auteur de la note socio-économique.
« Il est clair que le salaire minimum n'est pas basé sur la réalité et les besoins réels des ménages, mais plutôt sur des décisions gouvernementales arbitraires. C'est pour cette raison que l'IRIS a décidé d'utiliser un autre indicateur, le salaire viable, appelé « living wage » en anglais. Celui-ci calcule combien, dans une localité donnée, une personne travaillant à temps plein doit gagner de l'heure pour vivre, et non pas seulement survivre, tout en ayant la chance de se dégager une marge de manœuvre pour améliorer sa situation. Ces calculs démontrent que le salaire viable serait de 14,25$ de l'heure à Montréal et 14,45$ à Québec pour une famille de quatre personnes. Nous sommes bien loin du 10,55$ annoncé », indique Minh Nguyen.
Contrairement à l'actuel salaire minimum, le salaire viable calcule non seulement le coût des besoins primaires tels que le logement ou la nourriture, mais également combien il faut pour se sortir de l'exclusion sociale. « Cela peut passer entre autres par le transport, qui assure la mobilité, mais également des moyens de communication et l'éducation. Le salaire viable donne en fait la chance aux travailleurs et travailleuses de faire des choix, ce qui n'est pas le cas en ce moment », affirme le chercheur.
Quel est le salaire viable? Calcul pour Montréal et Québec en 2015 est disponible gratuitement sur : www.iris-recherche.qc.ca.
SOURCE Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS)
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