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Postes Canada demande de faire preuve de patience pour la reprise de ses activités

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17 décembre 2024
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Par La Presse Canadienne

Les activités de Postes Canada reprendront graduellement mardi après environ un mois de grève, mais les Canadiens vont devoir faire preuve de patience avant de pouvoir recevoir leur courrier en attente.

«La stabilisation prendra du temps», a souligné la société d’État dans un communiqué, lundi.

Postes Canada commencera à traiter le courrier accumulé au cours des dernières semaines «selon le principe du premier entré, premier sorti».

«Il faut s’attendre à des retards de livraison pour le reste de l’année 2024 et en janvier 2025», a fait savoir l’entreprise, qui a également précisé que les heures d’ouverture des bureaux de poste pourraient varier.

En ce qui concerne les envois provenant de l’international, Postes Canada prévoit de les accepter de nouveau à partir du 23 décembre.

Le Conseil canadien des relations industrielles a ordonné aux travailleurs de reprendre le travail, une entente devant être conclue au cours de l'année à venir. Les principaux enjeux au cœur du conflit demeurent toutefois à l'approche de la prochaine phase de négociations.

Plus de 55 000 travailleurs ont fait grève le 15 novembre après que les négociations entre le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes et Postes Canada n'ont pas abouti à un accord.

Les appels à l'intervention du gouvernement se sont multipliés, mais Ottawa a insisté pendant quatre semaines sur le fait qu'il resterait à l'écart du conflit.

Le ministre du Travail, Steven MacKinnon, a cependant demandé vendredi au Conseil canadien des relations industrielles d'ordonner aux 55 000 employés en grève de retourner au travail dans les jours qui viennent s'il estimait qu'une entente ne serait pas possible avant la fin de l'année.

En attendant, le gouvernement nommerait une commission d'enquête industrielle chargée d'examiner les enjeux des négociations et de formuler des recommandations d'ici le 15 mai sur la façon de parvenir à une nouvelle entente.

«L'enquête aura une large portée, car elle examinera l'ensemble de la structure de Postes Canada, tant du point de vue de la clientèle que du modèle d'affaires, compte tenu de l'environnement commercial difficile auquel Postes Canada fait face actuellement», a déclaré M. MacKinnon.

Il a qualifié cette décision de «pause» pour les deux parties, car elles avaient échangé des propositions et des critiques, mais ne semblaient pas se rapprocher.

Encore loin d'être réglé

Le Conseil avait déclaré l'impasse entre les deux parties après deux jours d'audiences au cours de la fin de semaine, avait indiqué Postes Canada dimanche.

Les membres du syndicat ont reçu l'ordre de retourner au travail en vertu de leurs contrats existants, qui ont été prolongés jusqu'en mai pour permettre la reprise du processus de négociation.

Cependant, Postes Canada et le syndicat ont convenu d'appliquer une augmentation salariale de 5 %, rétroactive au lendemain de l'expiration des conventions collectives.

Le différend porte principalement sur l'ampleur des augmentations salariales et la volonté de Postes Canada d'étendre la livraison du courrier au week-end. Les deux parties sont en désaccord sur la façon de doter cette expansion en personnel.

La société d'État a présenté l'expansion comme un moyen d'augmenter ses revenus et de concurrencer les autres transporteurs, alors qu'elle perd de l'argent depuis des années.

Elle a souligné qu'elle doterait les équipes de livraison de fin de semaine d'un mélange de nouveaux postes permanents à temps partiel et de quelques postes à temps plein, ce qui créerait de la flexibilité tout en réduisant les coûts. Le syndicat a toutefois qualifié cela d'attaque contre le travail à temps plein.

Alors que la grève se poursuivait, le gouvernement a été appelé à intervenir, car les entreprises et les particuliers se démenaient pour trouver d'autres modes de livraison pendant que la saison des achats des Fêtes battait son plein.

Le syndicat a dénoncé la décision d'Ottawa d'intervenir, affirmant qu'elle bafoue les droits des travailleurs à négocier et à faire grève. D'après lui, l'intervention de M. MacKinnon s'inscrivait dans une tendance troublante selon laquelle le gouvernement laisse les employeurs se libérer de toute négociation de bonne foi avec les travailleurs et leurs syndicats.

Ce n'est pas la première fois que ce pouvoir intervient dans d'autres conflits de travail récents. Dans ces cas-là, il a demandé à la commission d'ordonner aux travailleurs de retourner au travail, mais aussi un arbitrage exécutoire.

Cette décision a été vivement critiquée par le mouvement syndical. Des procédures judiciaires ont été entamées de la part des syndicats impliqués dans les autres conflits.

 

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