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Hydro-Québec conteste les conclusions

Électricité: le réseau québécois vulnérable au froid extrême, selon une étude

Électricité: le réseau québécois vulnérable au froid extrême, selon une étude
Photo: La Presse Canadienne, 2024
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Le réseau électrique québécois serait le réseau canadien le plus vulnérable en cas de conditions météorologiques extrêmes, selon une étude de North American Electric Reliability Corp (NERC). Hydro-Québec conteste les conclusions du rapport.

Le réseau d’Hydro-Québec pourrait manquer jusqu’à 10 gigawatts en cas de froid extrême l’hiver, selon l’organisme qui veille à la sécurité du réseau électrique nord-américain. Cela représente plus de cinq fois la production de la centrale de Beauharnois en Montérégie.

«Dans des conditions hivernales extrêmes, le réseau québécois, qui a la plus grande charge, a le plus grand déficit énergétique», peut-on lire dans le rapport publié mardi.

L’organisme se penche sur les épisodes météorologiques extrêmes et n’anticipe pas une pénurie d’électricité dans des conditions météorologiques normales.

Hydro-Québec est «en profond désaccord» avec les conclusions de l’étude. La société d’État estime que la NERC n’a pas pris en compte différentes solutions qu’elle a mises en place pour répondre à la demande en cas de froid extrême.

L’étude ne prend pas en compte les ajouts de production prévus d’ici 2035, ses mesures pour augmenter l’efficacité énergétique des clients et les actions prises pour accroître la robustesse du réseau. «Soyons clairs, Hydro-Québec s'assure en tout temps de l'approvisionnement énergétique des clients du Québec», insiste la porte-parole Caroline Des Rosiers.

Dans son étude, la NERC reconnaît que le Québec et l’Ontario ont déjà fait des progrès. «De prochaines études vont illustrer l’effet des changements à nos prévisions», nuance-t-on.

L’étude s’appuie notamment sur le grand froid de l’hiver 2023, mais il s’agit d’un record qui pourrait avoir amené la NERC à évaluer à la hausse le manque à gagner, nuance le spécialiste de l’énergie et professeur à l’Université McGill, François Bouffard, en entrevue.

Le Québec est identifié comme plus vulnérable dans le rapport, car on s’y chauffe davantage à l’électricité par rapport aux autres provinces qui utilisent plus de combustibles fossiles, explique l’expert.

La gestion de la pointe hivernale représentera tout de même un défi au Québec, ajoute M. Bouffard. «L'Ontario, New York et la Nouvelle-Angleterre ont des pointes estivales tandis que nous, on a des pointes hivernales.»

En décarbonant leur consommation énergétique, ces régions risquent aussi de connaître des pointes hivernales. Le Québec perd ainsi «un partenaire de danse» dans la gestion de la pointe, explique l’expert. «Ça va mettre beaucoup de pression sur la région.»

La NERC propose de construire davantage de lignes électriques pour approvisionner le Québec en cas de pointe hivernale.

Construire plus de lignes renforcerait la robustesse du réseau, mais c’est une solution qui doit venir avec une analyse coûts-bénéfice, car il s'agit d’infrastructures coûteuses, croit M. Bouffard. «L’ajout de lignes n'est jamais une mauvaise chose, mais il faut aussi regarder le bouquet de solutions technologiques qui est disponible», répond-il.

Le professeur estime qu’Hydro-Québec est proactive. «Ils ne sont pas à la traîne, il y a quand même des choses qui se passent.»

La société d’État s’est donné l’objectif d’augmenter la production de 11 000 mégawatts (MW) d’ici 2035. Elle aura besoin de 35 000 travailleurs annuellement, en moyenne, pour réaliser ses ambitions.

Le plan représente des investissements d’entre 155 milliards $ et 185 milliards $ pour augmenter la production et accroître la fiabilité du réseau.

Reste à voir comment la société d’État parviendra à mettre son plan à exécution avec ses besoins considérables en main-d’œuvre. La récente décote de la dette du Québec et d’Hydro-Québec par Standard & Poor's (S&P) pourrait augmenter le coût des capitaux nécessaires pour financer les projets, prévient le professeur de McGill.

«Tout ce que j'espère pour eux, c'est qu’ils puissent faire avancer leur projet plus ou moins rapidement pour ne pas se retrouver dans de telles situations», a dit M. Bouffard.

Stéphane Rolland, La Presse Canadienne

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