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Le dernier samouraï de l’ère Vaillancourt

LAVAL - 

Élu pour une sixième fois depuis 1993 dans le district de Saint-François, Jacques St-Jean fera office de vétéran au premier conseil de ville, alors qu’il sera entouré de 21 recrues, incluant le nouveau maire, Marc Demers.

Dernier membre du PRO des Lavallois encore en poste au conseil, il est disposé à collaborer avec ses nouveaux collègues.

«Je ne leur refuserai pas ma collaboration, explique le conseiller de 77 ans. Les combats de coqs sont une perte de temps. Je suis disposé à leur montrer comment les assemblées fonctionnent, je l’ai fait à plusieurs reprises au cours des vingt dernières années avec les nouveaux élus.»

Ses ex-collègues Claire Le Bel, France Dubreuil et Denis Robillard n’ayant pas été élus le 3 novembre, M. St-Jean se retrouve donc dans une situation qu’il ne connaît pas, le PRO ayant balayé les dernières élections des deux dernières décennies.

Quoi qu’il en soit, le conseiller de Saint-François s’attend à une transition en douceur.

«Je vais me sentir assez à l’aise avec mes 21 nouveaux collègues. Le maire étant un ancien policier, je m’attends à ce qu’il respecte les règles du conseil pour donner une direction aux élus, explique-t-il.

Le plus dur pour eux sera d’apprendre comment fonctionnent nos services. Nous avons de bons fonctionnaires à Laval et il faut leur faire confiance. Ils doivent jouer leur rôle et les élus doivent jouer le leur.»

L’expérimenté conseiller a toutefois remarqué que plusieurs de ses nouveaux collègues avaient avancé des promesses pendant la campagne sans être au courant de tous les facteurs.

«Certains partis ont promis des choses irréalisables en ne connaissant pas toutes les règles d’administration municipale. Il faut faire attention à ce que l’on avance, car ça pourrait décevoir les électeurs.»

Pas de contact avec Vaillancourt

L’ex-membre du PRO des Lavallois se dit très à l’aise avec les objectifs de transparence et d’imputabilité proposés par Marc Demers.

Il se dit d’ailleurs totalement détaché de Gilles Vaillancourt, qui n’aurait pas tenté de le contacter pendant la campagne.

«J’ai toujours agi correctement, déclare M. St-Jean. M. Vaillancourt a fait son temps et si, à mes débuts, j’avais besoin du maire pour m’orienter dans des dossiers, je n’ai plus besoin de ses conseils [aujourd’hui].»

Celui qui a peu fait de porte-à-porte pendant la campagne de peur d’être mal reçu croit fermement que l’ancienne administration a un bilan de règne positif.

«Au niveau financier, dans les villes de 100 000 habitants et plus, nous sommes en très bonne santé, affirme-t-il. De très bonnes décisions ont été prises. Ce qui se passait au bureau de M. Vaillancourt, ni moi, ni d’autres étions au courant.»

Marc Demers prêt à travailler avec lui

Le nouveau maire Marc Demers, qui a maintes fois rappelé l’importance de tourner la page de l’ère Vaillancourt pendant la campagne, est disposé à travailler avec le vétéran conseiller.

«J’ai toujours dit que je respecterais le choix de la population et M. St-Jean a été le choix de la démocratie, a affirmé Marc Demers en entrevue.

On tourne la page et on regarde vers l’avenir. S’il peut travailler pour rendre service à la population, c’est tout ce que je lui demande et je lui fournirai les outils pour le faire.»

Marc Demers et Jacques St-Jean se sont rencontrés en journée jeudi dernier. Il n’a pas été possible de savoir le contenu de leur discussion.

 

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