Scène fédérale
Poids politique du Québec: la motion adoptée
Yves-François Blanchet
Une motion du Bloc québécois visant à préserver le poids politique du Québec au Parlement fédéral a été adoptée mercredi lors d'un vote auquel étaient conviés tous les députés.
Les bloquistes ont pu compter sur l'appui de la quasi-totalité des libéraux, de près de la moitié des conservateurs et de tous les néo-démocrates. Au total 261 députés se sont prononcés pour la motion et 63 contre.
En vertu de la motion, la Chambre des communes rejette «tout scénario de redécoupage de la carte électorale fédérale qui aurait pour effet de faire perdre une ou des circonscriptions électorales au Québec ou de diminuer le poids politique du Québec à la Chambre des communes» et demande au gouvernement de modifier la formule de répartition des sièges à la Chambre.
La proposition de redécoupage présentée par Élections Canada l'automne dernier ferait passer de 338 à 342 le nombre de sièges à la Chambre des communes afin de tenir compte des changements dans la population canadienne.
L'Ontario, l'Alberta et la Colombie-Britannique verraient une augmentation de leur nombre de sièges, mais le Québec serait la seule province à perdre un siège dans ce redécoupage. Ce serait la première fois depuis 1966 qu'une province perd un siège au moment de redécouper la carte électorale.
Cela «évacue froidement le caractère national du Québec et le condamne à voir son poids politique s’émietter au fil des décennies», estime le Bloc québécois.
«Il y a deux solutions possibles, a expliqué plus tôt en journée le chef bloquiste Yves-François Blanchet. Soit le Québec accepte que son poids politique en termes de nombre de sièges au Parlement soit diminué ou soit il accepte des seuils d'immigration qui sont son ratio de l'immigration canadienne et qui sont bien au-delà de sa capacité d'intégration linguistique. C'est comme si le Canada disait: "ratatine ton poids politique ou anglicise-toi".»
M. Blanchet a insisté que «ce n'est pas un reproche au directeur des élections» qui fait son «travail statistique».
«Ça ne peut pas être que statistique, a-t-il plaidé. C'est deux peuples fondateurs, deux nations fondatrices. Tu ne peux pas laisser disparaître la langue et une des nations si tu veux prétendre avoir deux nations fondatrices.»
Dans une déclaration transmise par courriel, le chef adjoint des conservateurs et lieutenant pour le Québec, Luc Berthold, s'est dit «fier» d'avoir demandé «le consentement unanime» afin de s’opposer à la proposition de réduire le nombre de sièges du Québec.
«Aucune province ne devrait perdre de sièges, a-t-il écrit. Les conservateurs vont continuer de défendre les intérêts des Québécois et des Canadiens.»
La nouvelle carte électorale devrait être terminée en octobre 2023, et pourrait entrer en vigueur aussitôt qu'en avril 2024, soit possiblement après la prochaine élection.
Michel Saba, La Presse Canadienne
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