Journée nationale des Patriotes
Souvenons-nous des femmes patriotes, une lettre ouverte de Luc Desilets
Souvenons-nous des femmes patriotes, une lettre ouverte de Luc Desilets
C’est au gouvernement péquiste de Bernard Landry qu’on doit l’instauration en 2002 de la Journée nationale des Patriotes. Remplaçant la fête de Dollard, elle est célébrée le lundi précédant chaque 25 mai.
À l’occasion de la Journée nationale des Patriotes qui se tient cette année le 23 mai, je laisse à d’autres le soin d’écrire sur Chénier, Masson ou Girouard, puisque c’est des femmes patriotes que je vais traiter.
De prime abord, il semble difficile d’aborder la participation des femmes à la rébellion de 1837- 38 sans mentionner les Basses-Laurentides. Souvenons-nous que le 14 décembre 2012, la ville de Saint-Eustache a été proclamée capitale nationale des Patriotes dans le cadre du 175e anniversaire de la rébellion des patriotes.
C’est un fait que l’historiographie de la période insurrectionnelle abonde sur le rôle des hommes et ignore largement celui des femmes. Pourtant, comme l’écrit l’historienne Marcelle Reeves- Morache dans sa brochure Les Québécoises de 1837-1838 : « Les femmes ont collaboré activement à l’insurrection, elles ont souffert et elles ont consolé ».
À l’été de 1837, Marie-Louise Félix, épouse du notaire patriote Jean-Joseph Girouard, forma l’Association des dames patriotiques du comté de Deux-Montagnes, un groupe très remarqué où les femmes patriotes coordonnèrent leur soutien aux insurgés.
Le boycottage des importations britanniques par les patriotes, à partir de 1837, n’aurait pas été possible sans le travail diligent des femmes qui se mirent à confectionner tous leurs habits avec de l’étoffe du pays. Toujours selon Reeves-Morache, « cette mesure doubla, tripla la valeur des produits domestiques [et] par conséquent enrichit le cultivateur, et fit du bien au pays, en même temps qu’elle faisait [sic] du mal à ses oppresseurs ».
Le 14 décembre 1837, durant la bataille de Saint-Eustache, Jean-Olivier Chénier et ses hommes n’auraient pas tiré grand coups si Zéphirine Labrie, épouse du chef patriote, et Émilie Berthelot n’avaient pas fondu leurs balles.
Les combattants n’auraient pas non plus eu de bannière pour les unir si Marie-Victoire Félix, épouse du marchand patriote Jean-Baptiste Dumouchel, et Louise Choquette, mère du marchand patriote Damien Masson, n’avaient pas confectionné le drapeau dit de Saint-Eustache ou de Deux- Montagnes. Hissé durant la bataille de Saint-Eustache, on discerne sur cet étendard un maskinongé au centre d’une couronne d’aiguilles et de pommes de pin.
Au-dessus du poisson sont inscrites les lettres « C » pour Canada et, en dessous, « J = Bte » pour Jean-Baptiste, patron des Canadiens français.
Notez que mon collègue député bloquiste de Mirabel et moi-même sommes extrêmement fiers d’afficher ce drapeau à l’entrée de nos bureaux parlementaires à Ottawa !
En somme, les femmes patriotes ont armé, vêtu, nourri, abrité et élevé les patriotes. Par leur ténacité, leur dévouement et leur sacrifice, elles ont joué un rôle déterminant dans l’insurrection de 1837-38. Elles méritent qu’on leur rende enfin hommage.
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