Boulet et le droit de grève: «vous vous aventurez sur un terrain glissant» dit la CSN
La présidente de la CSN, Caroline Senneville, avertit le ministre du Travail, Jean Boulet, qu'il s'aventure sur «un terrain glissant» s'il veut amoindrir la portée du droit de grève en se dotant d'un article de loi semblable à celui qui a été invoqué par son homologue fédéral pour mettre fin à des conflits de travail.
Au cours de sa conférence de presse de début d'année, lundi à Montréal, la présidente de la Confédération des syndicats nationaux a déploré le fait que le ministre du Travail ait ainsi «réfléchi à voix haute» lors d'une entrevue à Radio-Canada, juste avant Noël.
En fait, le ministre Boulet a évoqué la possibilité de modifier le Code du travail du Québec pour y inclure un article semblable à celui qui existe dans le Code du travail du Canada et qui a permis au ministre fédéral, Steven MacKinnon, d'imposer l'arbitrage obligatoire dans le rail.
Mme Senneville rapporte avoir déjà eu une première conversation avec le ministre du Travail à ce sujet depuis.
Elle a rappelé que la Cour suprême du Canada s'est prononcée en 2015 sur le droit de grève, affirmant qu'il bénéficie d'une protection constitutionnelle.
«La grève au Canada, elle est encadrée; c'est l'État de droit», a lancé Mme Senneville.
Lia Lévesque, La Presse Canadienne
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