Nouveau moyen de pression
La Fédération des médecins spécialistes du Québec met en demeure Santé Québec
Par La Presse Canadienne
La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) a dénoncé des «représailles illégales frisant la mauvaise foi» de la part de Santé Québec en ce qui concerne le nouveau moyen de pression utilisé par le syndicat dans ses négociations avec Québec.
La Directrice des Affaires juridiques et de la négociation de la FMSQ, Me Marie-Josée Crête, a adressé mardi une lettre à la présidente et cheffe de la direction de Santé Québec, Geneviève Biron, au sujet des Centres de répartition des demandes de service (CRDS).
«Nous déplorons que Santé Québec et ses établissements véhiculent, depuis plusieurs jours, bon nombre d’informations erronées et susceptibles d’entraîner un climat de peur indu non seulement auprès des médecins spécialistes, mais surtout auprès des patients», est-il possible de lire dans la lettre obtenue par La Presse Canadienne.
«Nous considérons qu’il s’agit là de représailles illégales frisant la mauvaise foi», est-il ajouté.
Alors que ses négociations avec Québec s'étirent, la FMSQ a entamé lundi une nouvelle étape de ses moyens de pression et a invité ses membres à cesser d'offrir des rendez-vous par l'intermédiaire de la plateforme des CRDS.
Cette centrale de rendez-vous distribue aux médecins spécialistes les demandes de consultation provenant des omnipraticiens et des infirmières praticiennes.
Les consultations seront désormais offertes via des «mécanismes alternatifs», alors que les professionnels qui dirigeront leurs patients vers des spécialistes devront le faire directement par courriel, par exemple.
«Certains médecins ont donc choisi de modifier le mode de référencement afin qu’il corresponde davantage à ce qu’ils estiment être le plus performant au regard de leur réalité clinique, de leur milieu de pratique et des soins à donner aux patients», est-il précisé dans la lettre.
«À cet égard et contrairement aux affirmations de votre porte-parole, si des rendez-vous ont été annulés jusqu’à présent, cela ne découle nullement d’une action quelconque ou d’un mot d’ordre de la FMSQ auprès de ses membres», est-il écrit.
Or, selon la FMSQ, des établissements de Santé Québec auraient affirmé «que la seule trajectoire officielle de référencement est le CRDS, allant même jusqu’à imposer uniquement aux médecins spécialistes la prise en charge de patients en provenance du CRDS».
Rappelant que la participation des médecins spécialistes au CRDS est volontaire, la FMSQ a soutenu que ce système est «défaillant et ne répond pas aux standards attendus».
Ainsi, le syndicat soutient que Santé Québec ne peut pas imposer à ses membres «un quelconque mécanisme de référencement et les priver de recevoir des patients par le biais d’un autre mode».
Selon lui, cela constitue «une attaque frontale à leur liberté professionnelle et, par le fait même, à la capacité de soigner».
«Pour ces raisons, nous dénonçons vigoureusement les menaces de représailles et de sanctions disciplinaires évoquées publiquement par Santé Québec», est-il possible de lire dans la lettre.
À moins d'un changement de la part de Santé Québec, la FMSQ a indiqué qu'elle entreprendrait «tous les recours qui s'imposent» afin de faire respecter les droits de ses membres.
De son côté, Santé Québec a réagi en soulignant que «la priorité demeure l’accès aux services pour les patients».
«Nos interventions visent à exposer, de façon responsable et factuelle, nos préoccupations quant aux répercussions des moyens de pression de la FMSQ sur les usagers», a mentionné l'organisation.
«Nous n’hésiterons jamais à prendre la parole pour informer la population lorsque nous estimons que des situations peuvent générer de l’inquiétude ou de l’insécurité pour les patients», a-t-elle ajouté.
