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Elle survit miraculeusement

LAVAL - 

 

Un message texte envoyé pendant qu’elle conduisait aurait bien pu coûter la vie à Stéphanie Malouin. Maintenant qu’elle a obtenu une seconde chance, la Lavalloise de 23 ans compte bien profiter de la vie.

Traumatisme crânien sévère, accident vasculaire cérébral, vessie éclatée, hémorragie interne, multiples fractures ouvertes, Stéphanie Malouin peut se compter chanceuse de s’en tirer aussi bien.

Le 7 septembre 2009, alors qu’elle rentrait de Sainte-Anne-des-Plaines après une dispute avec son ex-copain et épuisée de ses quatre nuits de travail consécutives dans un bar, Stéphanie a été distraite par un message texte qu’elle rédigeait et s’est retrouvée dans la voie inverse, créant une collision frontale sur la route 335 avec un camion, qui a carrément écrasé sa voiture compacte.

Le chauffeur du camion s’en est sorti indemne.

«Les pompiers ont mis 45 minutes à me sortir de ma voiture à l’aide de pinces de décarcération et les ambulanciers ont mis cinq minutes à retrouver mon pouls», explique la jeune femme, qui n’a aucun souvenir de tous ces événements qui lui ont été racontés.

Quelques jours dans le coma

Transportée à l’Hôpital Sacré-Cœur, l’étudiante en administration a été opérée pendant 25 heures, a reçu six transfusions sanguines et a passé deux semaines dans un coma contrôlé avant d’y en sortir, non sans souffrances.

«J’étais paralysée sur une partie de mon corps en raison de mon AVC et je suis restée aux soins intermédiaires de Sacré-Cœur pour un mois, raconte-elle.

Petit à petit, j’ai fait plusieurs thérapies, incluant de la physiothérapie pour réapprendre à bouger, je me déplaçais en fauteuil roulant, puis en marchette.»

Stéphanie est finalement restée six mois en réadaptation interne et 18 autres à l’externe à l’Hôpital juif de réadaptation de Laval.

Une grande motivation

Quatre ans plus tard, elle marche sans support mais doit garder son corps actif sous peine de rétrograder. Elle doit intégrer sa réadaptation à sa vie quotidienne.

«On avait avisé mes parents que je ne pourrais plus marcher ou courir à nouveau, mais ma grande motivation m’a poussée à me dépasser et je peux maintenant pratiquer toutes mes activités», explique-t-elle.

Elle doit maintenant se concentrer pour marcher, contrairement à une marche instinctive comme avant l’accident.

«Je ne serai jamais à 100 % comme avant l’accident mais je vais tout faire pour m’y en approcher le plus possible», ajoute celle qui souffre hémiparésie, qui signifie qu’une moitié de son corps est plus faible que l’autre, le côté gauche dans son cas.

Stéphanie prévoit recommencer ses études universitaires abandonnées depuis l’accident, un cours à la fois.

«Je me fatigue rapidement, je ne peux que travailler à temps partiel et je perds facilement l’attention», explique-t-elle.

Support de ses proches

Plus que jamais, elle a eu besoin de ses parents et de ses amis pour traverser cette épreuve.

En froid avec ses parents au moment de l’accident, elle a pu compter sur la présence quotidienne de sa mère, qui a quitté son emploi pour être avec elle.

«J’ai réalisé que j’avais un bon entourage, ma famille, mes amis, ils ont été d’un soutien extraordinaire. Je prends davantage le temps de leur dire à quel point je les aime et je les apprécie encore plus.»

Surnommée «la miraculée du 7 septembre» par les médecins qui la soignaient, Stéphanie a appris à se connaître à travers cette épreuve et à mieux savourer la vie. Jamais elle n’a trouvé la pente trop difficile à remonter.

«Je n’aurais jamais pensé être aussi forte. Ce fut long, j’ai été découragée par moments, mais jamais je n’ai mis de côté mon objectif de reprendre une vie normale», confie-t-elle.

Elle veut sensibiliser les jeunes

Avec la période des bals de finissant qui approche, Stéphanie Malouin a maintenant comme objectif de raconter son histoire et sensibiliser les jeunes aux dangers de l’utilisation du cellulaire au volant.

«Je veux lancer comme message que nous ne sommes pas invincibles lorsqu’on est jeune et que la conduite automobile, ça peut ne pas pardonner, explique-t-elle, en parlant non seulement du cellulaire, mais de l’alcool, de la vitesse et du port de la ceinture.

Moi-même, lors de mon accident, ma ceinture était mal installée, en plus d’avoir une voiture démunie de coussins gonflables. J’ai été immensément chanceuse dans ma malchance.»

Survivre, mais dans quel état?

Stéphanie a livré un témoignage à la conférence TRAUMA : survivre, mais dans quel état?, organisée cinq partenaires, dont l'Hôpital juif de réadaptation de Laval et l'Hôpital Sacré-Coeur, à l’école secondaire St-Maxime, qui a réuni, du 8 au 12 avril dernier, les élèves de 5e secondaire issus des écoles de la Commission scolaire de Laval.

«La conférence sert à sensibiliser les jeunes des dangers des traumatismes, qui peuvent être différents d’une personne à l’autre, explique-t-elle.

Les jeunes sont très réceptifs et je ressens un sentiment d’accomplissement en livrant mon message. Si je peux avoir rejoint une personne et sauvé une vie, j’aurai rempli ma mission.» 

Elle souhaite faire une différence dans la sensibilisation auprès des jeunes et poursuivre son expérience de conférencière.

Les écoles, groupes ou organismes qui souhaiteraient accueillir Stéphanie peuvent la rejoindre en lui écrivant un courriel au [email protected].

 

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