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Le maire Duplessis reste en poste

LAVAL - 

Malgré une autre controverse le visant, le maire intérimaire de Laval, Alexandre Duplessis, reste en poste.

Cependant,  les choses pourraient changer vendredi après-midi. En effet, les conseillers municipaux ont été convoqués pour la tenue d'une rencontre spéciale qui aura lieu à 16 h. On ignore, pour le moment, la nature de cette réunion.

Dans un bref point de presse, tenu vendredi matin, le maire Duplessis est revenu sur cette affaire d’extorsion dont il a été victime tout en niant avoir reçu les services d’une escorte.

Du même coup, il a indiqué qu’il poursuivrait son travail jusqu’à la prochaine élection. «Je continue d’être au service des citoyens. Je ne démissionnerai pas sous seule menace d’extorsion», a-t-il déclaré.

Le maire lavallois a été avare de commentaires, soulignant que l’enquête suivait son cours à la Sûreté du Québec (SQ). Il a ajouté ne pas connaître l’identité des deux femmes contre lesquelles il a porté plainte.

De plus, il s’est défendu d’avoir obtenu ou solliciter des faveurs sexuelles. «Je n’ai jamais rien reçu à caractère sexuel», s’est-il contenté de répondre.

Le lieutenant Guy Lapointe, de la SQ, a confirmé, sans donner de nom, qu'un élu avait bel et bien déposé une plainte de cette nature. «Une enquête est en cours pour extorsion concernant un individu qui a eu recours à un service d'escortes, et il y a un litige quant au paiement.»

Les mines des employés municipaux semblaient déconfites. Plusieurs s’étaient regroupés pour écouter la courte allocution du maire intérimaire.

Un employé de la Ville a même confié à <I>L’Écho de Laval<I> qu’on vivait «un autre vendredi noir à Laval», en référence à d’autres évènements qui ont bouleversé Laval dans les derniers mois, dont la démission de l’ex-maire Gilles Vaillancourt et la demande de tutelle, survenus, aussi lors de vendredi.

Cent dix messages textes qui se trouvent entre les mains de la police confirmeraient que le maire par intérim de Laval, Alexandre Duplessis, a requis les services d'une escorte pour des demandes sexuelles plutôt particulières.

C'est du moins ce qu'a confié la propriétaire de l'agence d'escortes avec laquelle aurait fait affaire l'élu municipal de 42 ans, à Claude Poirier vendredi matin.

Un maire dans la tumulte

Alexandre Duplessis fait l’objet de controverse depuis que l’ancien agent officiel du PRO des Lavallois, Jean Bertrand, a soutenu à la commission Charbonneau que 25 conseillers ont servi de prête-noms à Laval afin de garnir les coffres du parti de Gilles Vaillancourt, incluant le maire intérimaire.

Dans la foulée, la Ville de Laval a été mise en tutelle à la demande du premier magistrat.

Réactions de l’opposition

«Pour moi, il devrait démissionner. Il s’est encore sauvé des journalistes, il fuit les questions. J’ai honte d’être Lavallois», a déclaré le candidat du Parti au service du citoyen (PSC) dans Sainte-Dorothée, Richard Morency.

Le chef du Mouvement lavallois (ML) Marc Demers croit qu’Alexandre Duplessis a fait preuve d'un grave manque de jugement, selon lui.

«C'est de se placer dans une position un peu comme Rob Ford à Toronto (…) dans une situation vulnérable alors que tu acceptes une fonction publique.»

Jean-Claude Gobé d’Action Laval, qui se dit dégoûté par la situation, réclame, également le départ du maire. «C’est tellement pitoyable. Comme si les Lavallois n’en avaient pas assez. S’il avait encore un peu de respect pour ses concitoyens, il démissionnerait.»

Guy Landry, du Nouveau parti des Lavallois (NPL), est du même avis. «Les nombreuses allégations qui pèsent contre lui, prête-nom, avoir fait de la vitesse, avoir eu un détecteur de radar dans son véhicule et quoi encore? Bientôt, les Lavallois n’auront d’autres choix que de se promener avec un sac brun sur la tête.»

Le candidat indépendant à la mairie, Jacques Foucher est plus nuancé dans son analyse. «Je ne défends pas sa gestion municipale, qui est inadéquate soit dit en passant. Cependant, il s’agit d’une affaire privée qui n’a rien à voir avec ses fonctions. C’est aux électeurs, le 3 novembre, à décider de la suite des choses.»

 

 Avec la collaboration de l'Agence QMI

 

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