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Orchid Pro-ADN tente d'identifier les dernières victimes de Lac-Mégantic

Le laboratoire lavallois Orchid Pro-ADN travaille à identifier les huit dernières victimes de la tragédie de Lac Mégantic.
Photo: Photo Agence QMILe laboratoire lavallois Orchid Pro-ADN travaille à identifier les huit dernières victimes de la tragédie de Lac Mégantic.
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LAVAL - 

Des analyses très complexes sont toujours en cours afin d’identifier les huit dernières victimes de la tragédie de Lac Mégantic. La tâche a été confiée à Orchid Pro-ADN, à Laval, le seul laboratoire au pays à détenir une expertise aussi poussée.

 

La technologie ADN standard ne permet pas d’identifier les restes calcinés lorsque les dommages tissulaires sont trop importants. C’est la raison pour laquelle le Laboratoire de sciences judiciaires a fait appel aux experts d’Orchid Pro-ADN. Ces spécialistes utilisent une technologie avancée d’ADN mitochondrial qui a fait ses preuves.

Ce même procédé a servi à l’identification des victimes des écrasements d’avions du 11 septembre 2001, à New York. C’est cette technologie qui a été utilisée pour identifier les restes du tsar Nicolas II et de sa famille.

L’ADN mitochondrial, qui est transmis exclusivement par la mère aux enfants, est présent à des centaines d’exemplaires à l’intérieur de la cellule humaine, comparativement à l’ADN nucléaire standard qui a seulement deux copies par cellule.

«En recourant à la technologie d’ADN mitochondrial pour analyser des échantillons biologiques dégradés, les chances d’identification sont beaucoup plus élevées. Dans le cas des victimes de Lac Mégantic, les corps étaient brûlés de façon extraordinaire», a commenté le Dr Yvan Côté, expert en médecine moléculaire et directeur d’Orchid Pro ADN, sorte de CSI québécois de l’analyse médico-légale.

Contrairement à ce qu’on peut voir dans les séries policières, où les experts résolvent un crime en moins de deux, le travail de ces spécialistes nécessite beaucoup plus de temps.

«Chaque analyse de profil génétique peut prendre environ quatre semaines. Dans notre laboratoire, les gens sont couverts de la tête aux pieds pour s’assurer qu’il n’y ait aucune contamination possible», a expliqué le Dr Côté.

Les spécialistes travaillent sur des fragments de tissus humains, d’os, de dent, par exemple, dont ils extraient l’ADN. Celui-ci est comparé aux traces d’ADN présentes sur les effets personnels de la victime, comme la brosse à dents, ou sur des échantillons biologiques des membres de la famille.

«On tente toujours l’exploit d’aller chercher le profil génétique chez des victimes pour lesquelles il n’y avait eu aucune identification possible, a dit le Dr Côté, qui est tenu à la confidentialité concernant l’avancée de ces analyses. Notre travail permet de résoudre des crimes. Il permet aussi aux proches de mieux faire leur deuil. C’est gratifiant.»

Depuis plusieurs années, Orchid Pro ADN, une division de Gamma-Dynacare, aide le ministère de la Défense nationale à identifier des soldats de la première et de la Seconde Guerre mondiale, à partir d’ossements trouvés en France, notamment.

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