CJL: «Nos clients sont la face cachée de la société»
Directrice générale du Centre Jeunesse de Laval (CJL) depuis plus de cinq ans, Danièle Dulude a une vision très précise pour son établissement : le faire connaître, ainsi que sa clientèle, à tous les Lavallois.
1- Où étiez-vous impliquée avant d’arriver au CJL?
Je travaillais beaucoup à Hochelaga-Maisonneuve et à Saint-Henri, entre autres. J’ai fait de l’aide aux devoirs avant même que ça s’appelle ainsi. J’ai également œuvré au niveau de la prévention de l’itinérance, la toxicomanie et la prostitution.
2- Qu’est-ce qui vous a motivée à vous impliquer au Centre Jeunesse de Laval?
Ça part beaucoup de mon implication sociale. J’ai choisi très tôt pendant mes études les clientèles les plus vulnérables et je me suis beaucoup impliquée socialement. C’était donc un cheminement très logique pour moi de me retrouver avec les enfants et familles les plus démunies et les clientèles en dépendance.
3- La direction d’un CJ étant un poste important, qu’est-ce qui vous a motivée à prendre cette responsabilité?
Je trouve que c’était un levier très privilégié pour aller encore plus loin dans les changements que je voulais opérer. J’avais aussi de l’ambition pour l’établissement, une vision pour innover et mieux faire les choses encore.
4- Comment se décline votre vision pour le centre?
Je veux que le Centre Jeunesse soit beaucoup mieux connu au sein de la communauté lavalloise. Je veux aussi démystifier des choses, que les citoyens soient au fait du CJL et qu’ils connaissent et comprennent notre clientèle.
5- Alors, vous ne croyez pas que le Centre Jeunesse soit assez connu au sein de la communauté?
En effet. Les jeunes sont souvent muets, inconnus. On ne soupçonne pas qu’il y en tant à Laval. C’est très surprenant de voir à quel point il y a des enfants qui sont mal pris des fois et qui sont seuls.
6- Pourquoi, donc, est-ce que le CJL est-il si méconnu des Lavallois?
Mon hypothèse est qu’il y a une certaine pudeur, une délicatesse au-delà de tout. Nos clients sont la face cachée de notre société. Ce n’est pas tout le monde qui veut voir la détresse humaine qui se passe et chaque citoyen doit l’apprivoiser à sa façon.
7- Quels changements aimeriez-vous implanter au centre dans les prochaines années?
Je suis profondément convaincue qu’on peut offrir des services avec de plus hauts standards de qualité. Je veux améliorer la qualité de notre offre, aller dans l’innovation, donner les services qui sont les plus pertinents pour notre clientèle et nous coller à la recherche.
8- Quelle est la situation à Laval?
La particularité de la région est que notre détresse sociale et humaine est plus camouflée, mais tout aussi présente, ce qui nous donne un défi encore plus grand pour la détecter. De plus, l’immigration est en augmentation, ce qui nous oblige à aller à la rencontre de ces communautés pour mieux les comprendre.
9- Quel est le plus grand obstacle auquel vous avez fait face depuis vos débuts au CJL?
Il faut composer avec les changements qui sont en train de s’opérer dans notre société, et s’adapter peut être un défi. Il y a aussi des compressions financières, mais je ne les vois pas comme un obstacle à la réalisation de ma mission, mais plutôt comme un défi.
10- Racontez un coup dont vous êtres particulièrement fière à la barre du centre.
J’ai beaucoup aimé le dévoilement du nouveau pavillon Le Passage, le 11 novembre dernier. En plus de la nouvelle ressource, on retrouvait lors de l’inauguration des membres de plusieurs communautés différentes. Cela témoigne de la bonne position du CJL au sein des organismes lavallois.
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