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Un retour aux sources pour le frère Rhéo Bureau

LAVAL - 

Le 10 septembre 1945, à l’âge de 12 ans, Rhéo Bureau faisait son entrée au Mont-de-La Salle pour y faire son service religieux. Après y être revenu pour une visite dans les années 1960, il n’avait plus fréquenté l’endroit où il a habité pendant quatre ans et qui est devenu, depuis, une des plus grosses écoles secondaires de Laval.

Le 27 novembre dernier, il replongeait dans ses souvenirs en effectuant une visite au mythique établissement.

Le frère des Écoles chrétiennes affirme avoir été impressionné par la chapelle, le «seul endroit de la maison qui ne semble pas avoir été converti en moderne.

On a conservé le cachet de la chapelle et ça me plaît beaucoup, explique-t-il. La vie religieuse nous invitait à fréquenter quotidiennement la chapelle, pour des messes, des méditations, des célébrations.»

C’est une visite qui a été émotive pour lui.

«Je vois la chapelle comme je l’ai toujours vue, l’éclairage, les images et les peintures comme elles l’ont toujours été. Les vitraux ont été magnifiquement restaurés également», observe le religieux de 80 ans.

Dans les hauteurs de la chapelle, il se rappelle particulièrement du concert d’inauguration de l’immense orgue Casavant qui domine le balcon de la chapelle, en 1947.

Assis près du frère organiste Roland Alarie, il se souvient exactement de la chaise qu’il occupait.

«Mon propre père était organiste à l’église, sur un harmonium. Comme petit gars, je revoyais mon père sur le clavier. Ce fut marquant.»

L’orgue Casavant, payé 45 000 $ à l’époque par les frères des écoles chrétiennes, selon les souvenirs du frère Rhéo, est maintenant désaccordé et il en coûterait environ 400 000 $ pour le faire réparer.

Des orgues Casavant sont installés un peu partout dans le monde et figurent parmi les instruments du genre les plus réputés.

«Celui qui se trouve à l’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, est le plus beau. Celui de l’oratoire Saint-Joseph est aussi grandiose», confie le frère lasallien.

Les fameuses légendes

Mis au courant de l’article paru dans L’Écho de Laval en juillet dernier, qui a été le plus lu et partagé de l’histoire du site Internet du journal, le frère Rhéo s’est remémoré comment la chapelle faisait office de lieu de prédilection pour entretenir les mythes.

«Sur chaque colonne du sanctuaire, il y avait une statue, qui sont retirées aujourd’hui, raconte-t-il. Pendant le carême, on les voilait d’un tissu de couleur violet. Quand arrivait Pâques, c’était la joie, l’éclatement, les lumières s’allumaient et les voiles qui couvraient les statues étaient agités par des frères qui étaient cachés derrière le sanctuaire. Les statues se dévoilaient comme par magie et nous n’étions pas au courant du processus. Ça alimentait les rumeurs.» Le MDLS a toujours été un lieu propice aux meilleures histoires.

Si les légendes urbaines d’aujourd’hui n’avaient pas encore pris naissance dans son temps, il se rappelle que de jouer des tours aux nouveaux était commun. Frère Rhéo appelle cela des «chocs d’inculturation».

«Le vendredi de la Semaine sainte, nous avions des offices qui n’en finissaient plus. Psaumes après psaumes après psaumes. Il fallait chanter les lamentations en grégorien.

Puis, on n’entendait plus un son dans la chapelle et tout le monde imitait le bruit d’un tremblement de terre», se remémore-t-il.

On raconte que quand Jésus est mort, le Vendredi saint, il y a eu un tremblement de terre.

«Je me rappelle m’être réfugié en dessous du banc, pas averti que j’étais. On jouait avec nous. L’année suivante, j’étais content de le faire aux nouveaux.»

Les privilèges de Noël

Les jeunes lasalliens ne quittaient pas le MDLS pour aller célébrer Noël dans leur famille, à quelques exceptions près.

«Quelques frères qui étaient dans les services de la maison ou qui avaient fait leur vœu perpétuel pouvaient aller prendre un repas dans leur famille à Noël, à condition d’avoir leur famille assez proche. Pour moi qui venais du fond des Cantons-de-l’Est, il n’en était pas question.»

Les familles étaient rarement invitées au MDLS.

«La seule fois que mes parents sont venus, ce fut le lendemain de ma prise d’habits, quand j’avais 16 ans. La soutane, la bavette blanche, la calotte. C’était une grande cérémonie», se rappelle-t-il.

Heureux de sa visite, le frère Rhéo se promet de revenir visiter la chapelle avec quelques-uns de ses confrères très prochainement.

«Je me trouve chanceux, car il y a certainement un bon nombre de frères qui aimeraient revoir ça comme j’ai la chance de le faire», conclut-il.

 

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