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Des élèves en difficulté intégrés aux classes régulières

La Commission scolaire de Laval songe à abolir plusieurs classes pour les élèves avec cheminement particulier et difficultés d'apprentissage pour les intégrer aux classes régulières.
Photo: Photo Alarie PhotosLa Commission scolaire de Laval songe à abolir plusieurs classes pour les élèves avec cheminement particulier et difficultés d'apprentissage pour les intégrer aux classes régulières.
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LAVAL - 

La Commission scolaire de Laval songe à abolir plusieurs classes pour les élèves avec cheminement particulier et difficultés d'apprentissage pour les intégrer aux classes régulières, a appris le journal 24 Heures.

Cette réorganisation toucherait les élèves des classes «PR 2» et «PR 3», c'est-à-dire ceux qui sont en âge d'entrer au secondaire, mais qui n'ont pas encore assimilé les acquis du niveau primaire.

«Au total, on parle de 800 élèves ayant des troubles d'apprentissage qui se retrouveraient avec quelque 2300 élèves réguliers en secondaire 1», affirme le vice-président du Syndicat de l'enseignement de la région de Laval, Guy Bellemare.

Près du tiers des classes régulières de secondaire 1 pourraient être composées d'élèves ayant des troubles d'apprentissage, si la décision de la commission scolaire est approuvée.

Pour le moment, ces élèves sont encadrés dans des classes spécialisées pour toutes les matières qui leur sont enseignées, où l'on retrouve habituellement entre 16 et 20 élèves.

Baisse de services

Les compressions budgétaires récentes à la Commission scolaire justifieraient ce projet présenté devant aux instances syndicales, qui représentent les quelque 5000 enseignants des écoles lavalloises.

Pour concrétiser son projet, la Commission scolaire de Laval doit d'abord obtenir l'approbation des comités-écoles, qui doivent se pencher sur le plan qui leur a été soumis.

«Ces comités ne sont que consultatifs et on nous a déjà dit que le statu quo n'était pas envisageable», soutient M. Bellemare.

Selon lui, il s'agirait d'une «baisse de service évidente», puisque les élèves ayant des difficultés se retrouveraient dans des classes contenant jusqu'à 26 élèves, sans compter le ralentissement dans la progression des autres jeunes des classes régulières.

Vers l'école privée ?

Le syndicat des enseignants affirme ne pas être contre d'une réorganisation des services, mais il estime que tout cela se fait de façon trop rapide.

«On ne comprend pas pourquoi cette mesure serait implantée dès l'an prochain», soutient Guy Bellemare, qui craint maintenant que les parents d'enfants réguliers se tournent vers les écoles privées.

«Si les parents perçoivent une diminution des services, il y a effectivement une probabilité qu'ils se tournent vers le secteur privé», déplore-t-il.

Il a été impossible d'obtenir des commentaires de la Commission scolaire de Laval.

Professeurs mécontents

Selon Guy Bellemare, les professeurs des établissements scolaires de Laval acceptent très mal les changements envisagés par la Commission scolaire.

«Ils sont découragés et catastrophés, d'autant plus que le système actuel fonctionne très bien», affirme-t-il.

À son avis, les changements prévus engendreraient d'importantes conséquences pour les professeurs.

«Les enseignants vont tout faire pour que cela n'ait pas de répercussions sur les autres élèves et ils devront nécessairement revoir leurs méthodes de travail, y compris les bulletins», a-t-il souligné.

D'après une ancienne enseignante qui a longtemps œuvré dans des classes d'élèves avec des troubles d'apprentissage, le projet est tout simplement «ridicule».

«C'est impossible. Les professeurs n'ont pas le soutien nécessaire pour s'occuper d'autant d'élèves ayant des troubles d'apprentissage en plus des autres», affirme la femme préfère rester anonyme.

Elle-même mère d'un garçon atteint de troubles d'apprentissage, elle a fait une croix sur l'enseignement dans les classes spécialisées lorsque la direction a voulu lui imposer des classes de 32 élèves.

«J'aurais dû travailler 22 heures sur 24 heures et c'était tout simplement impossible, indique-t-elle. Il y a des coupures partout, mais ce sont nos enfants qui en subissent les conséquences.»

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