À Montréal, les patients du 450 ne seraient pas les bienvenus
Les centres hospitaliers de Montréal ont reçu ordre de ne plus accepter les patients provenant de l'extérieur de l'île, qui souhaitent subir des traitements contre le cancer.
L'Agence de la santé de Montréal aurait donné l'ordre aux centres hospitaliers se trouvant sur son territoire de ne plus accepter les patients provenant de l'extérieur de l'île, qui souhaitent subir des traitements contre le cancer.
Dans un communiqué émis cette semaine, l'Association canadienne de cancer colorectal (ACCC) indique que l'Hôpital général juif (HGJ) a reçu l'ordre de rediriger les patients qui proviennent de l'extérieur de l'île de Montréal vers leurs collectivités respectives afin d'y recevoir leurs soins radiooncologiques.
L'ACCC affirme que cette décision serait essentiellement justifiée par des motifs financiers. Selon elle, l'Agence de santé de Montréal craindrait que le HGJ n'excède son budget en prodiguant des soins à ces patients.
«Grave erreur»
Toutefois, le HGJ ne serait pas le seul établissement de santé ayant reçu cette consigne de la part de l'Agence, à en croire le président de l'ACCC, Barry Stein.
«À ma connaissance, cette politique s'applique à tous les centres hospitaliers de Montréal», a-t-il affirmé lors d'une entrevue, précisant que l'Agence a réitéré sa politique dans un avis écrit transmis aux médecins de l'HGJ.
L'ACCC a vivement contesté cette mesure mardi, estimant que l'Agence commet une grave erreur.
«Ça signifie que quelqu'un qui demeure sur la Rive-Sud ou à Laval n'a pas accès aux meilleurs centres pour combattre le cancer, c'est totalement inacceptable», a déploré M. Stein.
Ce dernier considère qu'il s'agit d'une atteinte aux libertés individuelles de la part du gouvernement, puisque «les patients ont le droit fondamental de choisir le médecin qui prodiguera des soins», a-t-il dit.
L'Agence de santé nie tout
L'Hôpital général juif a formellement refusé toute demande d'entrevue à ce sujet mardi et n'a pas voulu confirmer si elle avait bel et bien reçu une consigne à cet effet.
Cependant, en fin de journée, l'Agence de la santé de Montréal a démenti les propos de M. Stein.
«Je veux être très clair: on n'a jamais dit que les patients ne pourraient être traités à Montréal», a indiqué le directeur des affaires cliniques, médicales et universitaires à l'Agence, Frédéric Abergel.
Ce dernier a précisé par ailleurs que la loi sur les services de santé prévoit que les patients aient accès à des soins de santé là où bon leur semble.
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