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Leurs solariums en danger

Yves Lachapelle dans son solarium. Avec quatre prothèses aux hanches et aux genoux, il a moins peur de sortir sur son balcon depuis qu’il est muni de pare-vents.
Photo: Photo Agence QMIYves Lachapelle dans son solarium. Avec quatre prothèses aux hanches et aux genoux, il a moins peur de sortir sur son balcon depuis qu’il est muni de pare-vents.
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LAVAL - 

Des locataires du Manoir Marc-Aurèle Fortin pourraient apprendre demain s'ils pourront garder leurs solariums après une bataille de six ans contre des fonctionnaires québécois.

«Je ne veux pas m’en défaire! Pourquoi je le ferais?», lance Yves Lachapelle, 75 ans, visiblement à bout de nerfs.

Demain, lui et d’autres locataires devront se présenter à une audience devant le régisseur de la Régie du bâtiment du Québec au terme d’un long face-à-face.

Depuis 2008, la Régie exige des 14 résidents du Manoir Marc-Aurèle Fortin dont le balcon est muni d’un pare-vent en polymère qu’ils les détruisent.

Selon la Régie, ils ne sont pas à l’épreuve du feu comme l’exigent les normes du bâtiment de 174 unités.

Pour Yves Lachapelle, c’est une catastrophe. Avec quatre prothèses aux hanches et aux genoux, le retraité ne peut pas sortir à l’extérieur comme il le veut. C’est pour cette raison qu’il a fait poser en 2007 un pare-vent sur le balcon de son logement à revenus modiques. Presque toutes ses maigres économies, 2800 $, y sont passées

«Ils ne nous lâchent pas, c’est du harcèlement: le polymère, ça ne brûle pas, ça fond, ils s’enfargent dans les fleurs du tapis», déclare Richard Melançon qui représentera ses voisins demain, faute de pouvoir se payer un avocat.

Il compte même amener un morceau de polymère à l’audience et l’allumer pour montrer que «c’est ininflammable».

DÉMUNIS

Les locataires ont déjà offert plusieurs accommodements pour pouvoir garder leurs pare-vents, comme installer des détecteurs de fumée reliés au système d’alarme incendie à chaque balcon possédant un solarium. Mais chaque fois, la Régie est demeurée inflexible

«Nous ne sommes pas là pour harceler personne, rétorque Sylvain Lamothe, porte-parole de la Régie. Ce bâtiment exige qu’il soit à l’épreuve du feu et le polymère ne l’est pas comme le sont le verre, l’acier ou la pierre [...] et il revient au fabricant de faire les tests nécessaires.»

À la veille de leur audience, les locataires se sentent donc démunis et craignent le pire.

«Je n’en dors plus, je vois le pire arriver et le pire, c’est de tout perdre: mon argent, mon havre de paix. On dirait que la Régie veut avoir notre peau», témoigne à son tour Yves Lachapelle.

Jean St-Amour, fondateur de Solarium de Paris qui a vendu les 14 pare-vents aux locataires du Manoir est pour sa part hors de lui. Il compte bien aller défendre son produit demain. Il assure que plusieurs tests ont été faits pour le feu pour son produit. Mais, selon la Régie, ces tests ne correspondraient pas à la norme exigée.

L'Écho de Laval avait fait état de cette situation en décembre 2011. Après la parution de cet article, les locataires visés avaient eu des discussions positives avec la RBQ.

Cependant, les choses se sont gâtées dans les derniers mois et les locataires avaient même descendus dans la rue pour manifester à l'automne dernier.

 

Avec la collaboration de Ghislain Plourde de L'Écho de Laval

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