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Zones inondables : la grogne s’intensifie à Laval-Ouest

Le Comité des citoyens de Laval-Ouest avait convié les résidents touchés par les nouvelles cotes de crues à une réunion d'information, le 10 mars dernier.
Photo: Photo: Claude-André MayrandLe Comité des citoyens de Laval-Ouest avait convié les résidents touchés par les nouvelles cotes de crues à une réunion d'information, le 10 mars dernier.
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LAVAL - 

Alors que les élections provinciales sont en marche, plusieurs citoyens lavallois s’inquiètent du sort que réservent à leur maison les nouvelles cotes de crues adoptées par le gouvernement du Québec, l’été dernier.

À la lumière d’une rencontre tenue à Laval-Ouest le 10 mars dernier dans une salle bondée, les citoyens touchés sont émotifs et la grogne s’intensifie.

Lors d’une période de questions et de discussions qui a suivi un exposé sur l’historique et l’état de la situation, plusieurs citoyens ont fait part de leur inquiétude.

Citoyens dont les maisons perdent de la valeur, mères monoparentales qui s’inquiètent de l’héritage qu’elles laisseront à leurs enfants et résidents qui ne peuvent même pas réparer leur clôture pourrie, tous se sentent personnellement impuissants et lésés par cette situation.

«C’est une expropriation déguisée. Est-ce que ce sont seulement les résidents des zones inondables qui doivent assumer la facture de l’écologie et de l’environnement qu’on n’a pas vue venir depuis 50 ans», se questionne Christian Auger, du Comité des citoyens de Laval-Ouest.

«Il y a de moins en moins de neige et de moins en moins de crues, clame une résidente de Laval-Ouest. Les conditions climatiques ne sont plus les mêmes et on devrait utiliser cet argument dans notre démarche.»

Trouver la bonne cible

Dans une discussion animée pendant laquelle les citoyens présents ne s’entendaient pas sur la cible de leurs protestations entre le gouvernement provincial et la Ville de Laval, les échanges devenaient sensibles.

«Je ne peux pas croire que le gouvernement met des lois en place sans aviser les citoyens concernés, a exprimé Sylvain Daoust, du Comité des fausses zones inondables. Indirectement, il y a peut-être 1 500 personnes qui sont rendues dans une zone inondable à risque élevé sans le savoir. Ce n’est pas des farces.»

L’idée d’un recours collectif commence à faire son chemin.

«Si chaque citoyen concerné mettait 100 $ sur la table, on pourrait se payer de foutus bons avocats», a lancé un citoyen présent.

Pour un autre Lavallois concerné, la cible est claire. C’est la Ville de Laval qui est responsable de leurs déboires.

«Le gouvernement provincial a agi dans le passé pour réparer les erreurs des municipalités au sujet des constructions en zones inondables, a-t-il expliqué, en prenant soin de préciser que dans son cas, il est passé d’une zone 0-20 ans à 0-2 ans. Si je me fie au règlement, je n’ai même plus le droit de couper mon gazon. Ce que ça va provoquer, c’est de la désobéissance civile chronique. Il faut frapper sur le bon clou et c’était à la Ville de Laval de nous protéger. C’est à eux de nous dédommager.»

Les candidats attentifs

Les candidats Gilles Ouimet (PLQ) et François-Gycelain Rocque (PQ) étaient présents à la rencontre du 10 mars.

«On ne peut pas changer les règles du jeu et voir les impacts que ça a sur les citoyens sans leur dire, a exprimé M. Ouimet. C’est important de protéger l’environnement, on est tous d’accord là-dessus, mais ce n’est pas aux citoyens de payer pour ça.»

L’avocat de formation n’est pas convaincu que le recours collectif est le moyen le plus efficace pour faire bouger les choses.

«La Ville a un pouvoir et le ministère à un pouvoir. Tous les élus, peu importe leurs couleurs, devraient s’assoir avec les comités de citoyens pour examiner les solutions, que ce soit au niveau du plan de gestion ou de la règlementation», confie-t-il, en s’engageant à aller de l’avant avec cette idée s’il est réélu.

De son côté, M. Rocque devait faire face aux critiques, étant donné que c’est le gouvernement de son parti qui a fait passer la loi.

«Je m’engage à diminuer la problématique une fois que l’étude du dossier au ministère de l’Environnement sera complétée en juin. C’est un dossier chaud, mais il faut travailler pour le bien des citoyens et je pense que les maisons vont continuer à prendre de la valeur malgré tout.»

 

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