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Premiers répondants : un service essentiel

Emmanuel Stavrakakis veut pousser la Ville de Laval a adopter un service de premiers répondants depuis le décès de sa petite cousine de 18 mois, en 2010.
Photo: Photo: Claude-André MayrandEmmanuel Stavrakakis veut pousser la Ville de Laval a adopter un service de premiers répondants depuis le décès de sa petite cousine de 18 mois, en 2010.
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LAVAL - 

Mardi 29 juillet, 4 h 30 du matin. Dans le quartier Saint-François, rue Montbrun, un homme de 50 ans est terrassé par une crise cardiaque. Quatorze minutes plus tard, une voiture patrouille arrive sur les lieux. La première ambulance? Vingt-six minutes après l’appel initial.

Ce genre d’exemple, Emmanuel Stavrakakis en compte des dizaines pour justifier l’importance d’établir un service de premiers répondants à Laval, qui pourrait répondre aux appels médicaux d’urgence entre trois et cinq minutes, selon lui.

«La Ville se dit intéressée, mais l’administration ne pose aucun geste concret pour le prouver et elle n’est pas encore positionnée avec Urgences-santé», reproche M. Stavrakakis, qui a rencontré des élus du Mouvement lavallois au sujet de ce dossier, dont Sandra Desmeules, responsable de la sécurité publique.

Dans l’événement du 29 juillet à Saint-François, les manœuvres de réanimation des policiers et ambulanciers se sont avérées vaines. Le décès de l’homme a été confirmé à l’hôpital.

Dans le quotidien The Gazette du 10 juillet dernier, le maire Marc Demers, via son porte-parole François Brochu, se disait satisfait du service ambulancier à Laval.

«Les temps de réponse sont là pour le prouver. Règle générale, c’est une trentaine de minutes. La population grossit à Laval, mais les services d’urgence rapetissent. Les citoyens ne sont pas au courant de ça», martèle le résident de Sainte-Dorothée, qui rappelle que ce sont les premières minutes qui comptent lors d’une urgence. La Ville se félicite d’avoir équipé ses voitures de police de défibrillateurs. Les policiers ne sont pas premiers répondants ici, simplement premiers intervenants. C’est bien des défibrillateurs, mais ça ne permet de répondre qu’aux arrêts cardiaques.»

La veille de l’entretien L’Écho de Laval avec Emmanuel Stavrakakis, un appel avait été logé au 9-1-1 pour un étouffement vers 15 h 50. Selon M. Stavrakakis, l’ambulance s’est présentée sur les lieux à 16 h15 et la police, qui doit jouer le rôle de premier intervenant, n’était pas sur les lieux.

Coût d’implantation : 5 M$

Emmanuel Stavrakakis a mis sur pied, depuis 2010, un projet de premiers répondants bénévoles pour la Ville de Laval. Dans sa démarche, il est appuyé par plusieurs professionnels de la santé qui croient, comme lui, que l’implantation de ce service est essentielle sur l’île Jésus.

«Ce serait un projet citoyen, un service faisant partie des services municipaux. Si 1 % de la population lavalloise suivait la formation, il y aurait nettement moins de décès à Laval», croit fermement M. Stavrakakis, lui-même premier répondant bénévole pour la municipalité de Côte-Saint-Luc.

Selon lui, le coût d’implantation du service est de 5 M$ et les frais d’exploitation annuels sont de 2 M$.

À Montréal, ce sont les pompiers qui s’occupent du service de premiers répondants jusqu’à l’arrivée des paramédics. Il estime le coût d’implantation à 28 M$.

«Ce n’est pas parfait, mais il y a un pourcentage de vies qui sont sauvées. À Laval, tes chances de survie frôlent le 0%», explique M. Stavrakakis

Avec 68 casernes sur le territoire montréalais, ils peuvent se couvrir entre eux, croit-il. À Laval, qui compte neuf casernes, c’est impossible que les services d’incendie et médicaux puissent être gérés par les pompiers.

Lors des incendies de quatrième ou cinquième alarme, resterait-il des pompiers pour le médical? C’est pour ça que ça prend un service de premiers répondants distincts des autres services de la Ville», croit M. Stavrakakis, qui a rencontré Urgences-santé et des députés provinciaux lavallois pour leur parler de son projet.

Urgences-santé appuie, par ailleurs, l’idée du citoyen lavallois. La direction d’Urgences-santé a déjà confirmé à L’Écho que l’organisme offrirait gratuitement aux intervenants lavallois la formation de 65 heures (au minimum) si Laval était pour implanter un service de premiers répondants.

Un mouvement citoyen

Le premier répondant souhaite recevoir l’appui des citoyens afin que l’administration se montre ouverte à son projet. Il entend se présenter aux conseils de ville afin de faire entendre son point.

«Le maire devrait s’asseoir avec le gouvernement provincial et écouter ce qu’il pourrait lui offrir. Ça donnerait une chance aux citoyens victimes d’un malaise. C’est un nouveau concept et Laval serait la première grosse ville à l’essayer. Ça peut marcher, ça peut ne pas marcher, mais il faut avoir l’esprit ouvert et essayer quelque chose», conclut-il.

Laval a-t-elle besoin d’un service de premiers répondants? Envoyez-nous vos commentaires au [email protected]

 

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