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9 décembre 2019 - 09:00

Dans le cadre de la journée nationale de commémoration et d’action contre les violences faites aux femmes

Tuerie de l’école Polytechnique : 14 lampions et une oeuvre musicale pour se souvenir

Par Salle des nouvelles

La Table de concertation de Laval en condition féminine (TCLCF), et la Table de concertation en violence conjugale et agressions à caractère sexuel de Laval (TCVCASL) a souligné, vendredi 6 décembre, la journée nationale de commémoration et d’action contre les violences faites aux femmes, qui marque cette année les 30 ans de la tuerie misogyne de l’école Polytechnique.

Plus d’une centaine de personnes se sont réunies à la place Claude-Léveillée située aux abords du Campus Laval de l’Université de Montréal, à 13h15. En début d’après-midi, les membres des deux regroupements, leurs alliées et des représentants politiques ont tenu une activité de commémoration à la mémoire des victimes de l’attentat anti- féministe perpétré le 6 décembre 1989 ainsi qu’en solidarité avec les femmes victimes de violences encore aujourd’hui.

Une oeuvre et des lampions

Pour l’occasion, la pièce pour carillon "Lux Aeterna", créer par la compositrice et ondiste Estelle Lemire a résonné, accompagnée par le groupe avancé du Chœur Les Voix d'Elles. Les quatorze jeunes filles du groupe, chiffre hautement symbolique, ont déposées des lampions au pied du carillon en mémoire des quatorze femmes assassinées lors de la tuerie de Polytechnique.

Depuis le 6 décembre 1989, des femmes et leurs enfants ne cessent, année après années, d’être assassinés par un conjoint, un ex-conjoint, un partenaire intime ou un proche. L'année 2019 ne fait malheureusement pas exception. L’Association féminine d’éducation et d’action sociale (Aféas) de Laval a décliné les noms des quinze femmes et trois enfants assassinés par des hommes depuis le 25 novembre 2018.

Dix-huit lampions ont été allumés à la mémoire de ces femmes et enfants qui ont perdu la vie suite à des violences masculines depuis le 25 novembre 2018, moment chargé d’émotions. « Il est temps de croire les femmes, d’assurer leur sécurité, pour que plus jamais nous ayons à déplorer l’atteinte à la dignité ou et la perte d’aucune d’entre elles », a souligné avec émotion Marie-Eve Surprenant, coordonnatrice de la TCLCF.

Fin des 12 jours d'action

Afin d’enrayer toutes les formes de violences envers les femmes, le devoir de mémoire est primordial, en plus du devoir d’agir. En ce 6 décembre, les deux organismes lavallois ont souligné l'importance de se souvenir des victimes de la tuerie à l’École Polytechnique de Montréal en 1989 et de dénoncer les violences sexistes, raciales et économiques que vivent les femmes encore aujourd’hui.

Le 6 décembre a également marqué la fin de la campagne des 12 jours d’action contre les violences à l’égard des femmes qui avait pour thème cette année: "30 ans plus tard, croyez-nous aussi!" Cela met de l’avant les luttes des femmes qui vivent dans des contextes de marginalisation, notamment les femmes autochtones, racisées, en situation de handicap, trans, musulmanes, lesbiennes, en situation d’itinérance, sans statut, dans l’industrie du sexe, en « Nous profitons de l’occasion pour souligner la force de toutes celles qui osent briser le silence. Les voix et les histoires de toutes les femmes comptent », a souligné Mélanie Guénette, coordonnatrice de la TCVCASL.

Quelques chiffres illustrent les différentes formes de violences à l’égard des femmes :

• 78% des victimes de violence conjugale sont des femmes;
• Une femme sur trois a été victime d’au moins une agression sexuelle au cours de sa vie,
• Les femmes autochtones sont particulièrement à risque de vivre des violences. Notamment,
75% des femmes autochtones ont été victimes d’agression sexuelle, sans compter toutes celles
disparues et assassinées;
• La majorité des victimes d’exploitation sexuelle sont des femmes;
• 60% des femmes en situation de handicap vivront de la violence au cours de leur vie adulte;

• Les femmes handicapées sont quatre fois plus susceptibles d'avoir subi une agression sexuelle que les femmes non handicapées;

• 93 % des victimes d’homicides conjugaux sont des femmes (souvent en contexte de séparation ou post-séparation, moment de grande dangerosité pour les femmes).

Des ressources existent à Laval pour soutenir les survivantes de violences et les accompagner dans leurs démarches. Pour davantage d'informations à ce sujet, il existe le site de la Table de concertation en violence conjugale et agressions à caractère sexuel de Laval pour connaître leurs coordonnées ou contacter directement : 1-888-933-9007 (Ligne d'écoute-référence 24/7 en agression sexuelle) ou 1-800-363-9010 (SOS Violence conjugale).

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