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18 février 2020 - 18:00

Apprendre le français grâce au théâtre

Des ateliers pour encourager la persévérance scolaire des adolescents nouveaux arrivants

Par Salle des nouvelles

En ces Journées où la persévérance scolaire est mise en avant partout au Québec jusqu'au 21 février, apprendre le français à travers le théâtre est l'une des nombreuses manières d'être persévérant dans la scolarité. À Laval, ils sont plus de 200 jeunes en classes d’accueil à se prêter au jeu de la création et de l’improvisation dans le cadre du programme Le plaisir de la culture en français, orchestré par la Rencontre Théâtre Ados.

Implantés dans les écoles secondaires Saint-Maxime, Mont-de-La Salle et Leblanc, les ateliers d’expression artistique animés par des artistes-médiateurs spécialisés en francisation s’illustrent à la fois comme complément au programme régulier donné en classe, mais aussi comme outils privilégiés favorisant la persévérance scolaire des jeunes, la mise en valeur de leur potentiel créateur et, ultimement, du mieux vivre-ensemble.

Depuis septembre, c’est 170 ateliers qui ont été offerts grâce à la mobilisation d’artistes, tels que l’illustratrice Cara Carmina, et de partenaires engagés dans la réussite des jeunes immigrants nouvellement arrivés au Québec, soit Desjardins, le ministère de la Culture et des Communications du Québec ainsi que la Commission scolaire de Laval.

« La persévérance, je la vois dans le fait que les jeunes en accueil veulent apprendre les mots d'une autre culture que la leur. Les ateliers qui ont le plus de succès, pour moi, ce sont ceux où ils utilisent la langue québécoise : ça les fait rire, ils associent ça à un monde concret, celui qu'ils entendent tous les jours, dans la rue, dans les lieux publics... Ça ne leur est jamais enseigné dans les grammaires, mais c'est l'environnement dans lequel ils vivent. Ça les aide à continuer, à avancer dans une nouvelle culture où ils doivent se construire des référents. Tout ça est essentiel à l’intégration », souligne Frédérick Moreau, chef-médiateur de la RTA, animateur et superviseur des ateliers.


Quand l’art et la pédagogie vont de pair

D'une manière plus concrète, les artistes-médiateurs culturels de la RTA, en collaboration étroite avec les enseignants des classes d’accueil, usent d’une panoplie de moyens pour stimuler l’intérêt des jeunes à apprendre la langue française en dehors des manuels scolaires, et surtout, à l’employer au quotidien dans toutes leurs interactions.

Un défi de taille quand on sait qu’une classe d’accueil peut couvrir une quinzaine de diasporas culturelles, et que les jeunes, âgés de 12 à 18 ans, s’y côtoient avec un certain état d’isolement, sur fond de bouleversement adolescent… De l’écriture au dessin, en passant par le jeu improvisé et la mise en scène de courtes formes, les ateliers accrochent littéralement les jeunes à l’école.

Un professeur témoigne : « C’est beaucoup de français, des fois on se retrouve avec quatre périodes par jour de français. À un moment donné, ça ne rentre plus. Il faut animer un peu, il faut changer d’activité. C’est pour ça que je trouve que le cours de théâtre, ça complète parfaitement notre approche. Ça aide énormément. »

Un autre enchaîne et conclut : « J’ai vu des élèves qui étaient tout le temps assis dans leur coin, qui ne voulait pas extérioriser quoi que ce soit, [qui] se sont mis à participer. Des élèves qui bégayaient, qui parlaient sur le bout de la langue, que les autres se moquaient d’eux, ben au théâtre, c’étaient eux qui prenaient le plus de place. »

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