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PANDÉMIE COVID-19

Violence conjugale et pandémie : les maisons d’hébergement de Laval se font refuser des tests de dépistage

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1 juin 2020
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Par Salle des nouvelles

Voilà plus d'un mois que ces structures lavalloises demandent l'accès aux tests de dépistage à l'arrivée des femmes et des enfants sur le site alternatif. Leurs demandes ont été refusées malgré le faible nombre de tests demandés.

Depuis le début de la pandémie, les trois maisons d’aide et d’hébergement lavalloises pour les femmes et les enfants victimes de violence conjugale, la Maison de Lina, la Maison L’Esther et la Maison le Prélude, mettent en application l’ensemble des mesures nécessaires pour garantir la sécurité et la santé dans leurs établissements.

« Notre démarche se veut dans l’intérêt des femmes hébergées, de leurs enfants ainsi que de notre personnel, afin de pouvoir poursuivre avec rigueur la prestation de nos services essentiels, alors que la Ville de Laval est frappée de plein fouet par la COVID-19 », explique Julie Bruyère, coordonnatrice à la Maison de Lina.

« La quarantaine augmente le niveau de détresse des femmes »

Malgré toute l’utilité du site alternatif qui permet aux femmes et aux enfants victimes de violence conjugale de faire une quarantaine préventive avant d'arriver en maison d'aide et d'hébergement, et l’excellent travail des volontaires sur place, la séquence déterminée par les directives de la santé publique pose actuellement problème.

« Les femmes arrivent dans nos maisons sans avoir passé de test de dépistage. La quarantaine augmente le niveau de détresse de celles-ci. Les femmes se retrouvent confinées à leur chambre, selon le principe de quarantaine, à un moment de leur vie où elles ont particulièrement besoin de soutien et d'écoute.»

« Plus elles seront accueillies rapidement dans les maisons d’aide et d’hébergement, meilleures seront les chances de réduire le risque de retour avec le conjoint violent et de diminuer la probabilité qu'elles subissent de la détresse psychologique, poursuit Julie Bruyère. Malgré nos efforts, le site alternatif est loin d’être une maison d’aide et d’hébergement étant donné la nature de sa raison d’être ».

Refus malgré le faible nombre demandés de tests

Voilà plus d'un mois maintenant que les maisons d'aide et d'hébergement lavalloises demandent l'accès aux tests de dépistage à l'arrivée des femmes et des enfants sur le site alternatif. Leurs demandes ont été refusées, malgré le faible nombre de tests demandés. Parallèlement à ce refus, le personnel du CISSS de Laval, les patients transférés du milieu hospitalier et les résidents des 17 centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) lavallois peuvent avoir droit d’accès au dépistage.

S’ajoute à cela, le fait que le premier ministre invite, depuis quelques semaines, la population à aller se faire tester. Cela inclut les personnes asymptomatiques.

Dans cette même optique, les maisons d'aide et d'hébergement lavalloises demandent que toutes les femmes hébergées au site alternatif soient testées à l’arrivée afin d'être admises en maison d'aide et d'hébergement dès l'obtention de leur résultat négatif à la COVID-19 dans les 48 prochaines heures, au lieu des 14 jours de confinement.

Elles pourront donc quitter le site et intégrer les maisons rapidement pour recevoir des services répondant davantage à leurs besoins tout en gardant nos milieux sécuritaires.

Presser le gouvernement d'agir

« Encore une fois, nous réitérons la nécessité d'avoir accès aux tests de dépistage pour toutes les femmes hébergées sur le site afin de protéger la santé physique et psychologique des femmes et des enfants que nous hébergeons, tout en faisant de la mitigation de risque d’éclosion de la COVID-19 dans les Maisons d’aide et d’hébergement à Laval », ajoute Julie Bruyère.

En cette période difficile, il est important de trouver des moyens efficaces pour aider les femmes violentées, c’est pourquoi la Maison de Lina, la Maison L’Esther et la Maison le Prélude, pressent le gouvernement d’ouvrir l’accès aux tests aux femmes victimes de violence qui demandent à être accueillies en maison d’hébergement.

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