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Quelque 10 000 demandes

Moins d'une réclamation sur dix liée au passage de Debby a été payée par Québec

Moins d'une réclamation sur dix liée au passage de Debby a été payée par Québec
Photo: La Presse Canadienne, 2024
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Le gouvernement du Québec a payé moins de 10 % des quelque 10 000 demandes d’indemnisation qu'il a reçues depuis le passage des vestiges de l'ouragan Debby, en août, qui a causé de graves inondations et de nombreux dégâts.

Quatre mois après la tempête, un total de 10 076 réclamations ont été reçues. De ce nombre, le Québec a versé des indemnités dans 720 dossiers, soit environ 7 %, principalement en Mauricie et dans Lanaudière.

À Montréal, où la tempête a déversé 150 millimètres de pluie, le gouvernement n’a remboursé que neuf des 1900 demandes d’indemnisation qu'il a reçues. De son côté, la Ville de Montréal a reçu plus de 4600 réclamations, mais n’a versé aucune indemnisation.

À Laval, la province a versé des indemnités dans 21 dossiers sur plus de 2100. En Montérégie, 39 dossiers sur plus de 1700 ont été payés.

Au total, le gouvernement du Québec a remboursé aux résidents touchés environ 24 millions $.

Bien que certains dossiers soient toujours ouverts, de nombreux résidents qui ont subi des dommages s'élevant à des dizaines de milliers de dollars se sentent abandonnés par les autorités municipales et provinciales.

Ils ont le sentiment que les différents ordres de gouvernement leur ont donné des raisons d’espérer de l’aide — pour ensuite leur faire comprendre qu’ils devraient se débrouiller seuls.

«Ce n’était que de la poudre aux yeux», a déploré Isabelle Leblanc, dont le sous-sol a été inondé, causant des dégâts s'élevant à 45 000 $.

Selon un porte-parole du ministère de la Sécurité publique, les données actuelles sont préliminaires, puisque de nombreux dossiers sont toujours actifs, en attente des documents justificatifs des demandeurs. Les propriétaires ont également un an pour déposer une réclamation. Et le nombre de réclamations payées a augmenté au cours des dernières semaines.

La tempête a frappé le sud du Québec les 9 et 10 août, emportant des routes, privant d’électricité un demi-million de foyers et inondant des milliers de maisons. Dans de nombreuses régions, les sous-sols se sont remplis de plusieurs mètres d’eaux usées, après que les égouts ont été submergés, détruisant planchers, murs et meubles.

En septembre, le Bureau d’assurance du Canada a estimé que la tempête était l’événement météorologique le plus coûteux de l’histoire du Québec, surpassant la crise du verglas de 1998. Selon les premières estimations, les restes de l’ouragan Debby ont causé près de 2,5 milliards $ de dommages assurés.

Dans sa mise à jour économique publiée en novembre, Québec a estimé que les dommages causés par Debby coûteraient 250 millions $ au gouvernement, dont 100 millions $ pour les particuliers et les entreprises par l’entremise du programme d’aide financière en cas de catastrophe.

Confusion

Après la tempête, le premier ministre François Legault a laissé entendre que son gouvernement pourrait élargir temporairement un programme d’aide provincial qui vise à soutenir financièrement les victimes de catastrophes.

Le programme indemnise habituellement les sinistrés pour les dégâts causés par les débordements de lacs et de rivières, mais M. Legault a affirmé qu’il pourrait être étendu pour inclure les refoulements d’égouts. Les assurances privées couvrent généralement les refoulements d’égouts, mais de nombreuses personnes ont subi des dommages plus importants que ce que leur assurance pouvait couvrir.

«Pourquoi il y a eu un refoulement d’égouts? C’est parce qu’il y a eu une inondation», a souligné M. Legault lors d’une visite à Louiseville, en Mauricie, quelques jours après le passage de la tempête.

«Donc, à un moment donné, il faut se servir du gros bon sens», avait-il évoqué, ouvrant la porte à mettre en place des programmes exceptionnels pour répondre à une situation exceptionnelle.

La nouvelle a fait des vagues au sein de plusieurs municipalités, qui ont transmis le massage à leurs résidents. Cependant, dans les semaines qui ont suivi, il est devenu clair que les règles du programme n’avaient pas réellement changé.

La Sécurité publique assure avoir adopté une approche flexible pour évaluer les réclamations et note que les refoulements d’égouts causés par le débordement d’un cours d’eau à proximité peuvent être admissibles.

Le site Web du programme encourage les personnes qui ne sont pas certaines de leur admissibilité à soumettre des réclamations.

Maura Forrest, La Presse Canadienne

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