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Fardeau financier

Des assurances collectives trop coûteuses pour des employés du secteur public

durée 09h00
20 février 2026
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Par La Presse Canadienne

D'une même voix, sept organisations syndicales — représentant notamment des enseignantes, des travailleurs de la santé et des employés d'organismes gouvernementaux — demandent au gouvernement du Québec d'imposer un plafond aux honoraires que les pharmaciens facturent aux régimes privés.

Elles affirment que plusieurs de leurs membres remettent en question la pertinence de leur régime d’assurance collective et qu'ils désirent s’inscrire au régime public puisque les coûts des assurances privées sont devenus un fardeau financier.

Or, lorsqu’un régime d'assurance collective privée est offert par son employeur ou son syndicat, l'employé est obligé d’y adhérer. Pour les autres, ils sont assurés par la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ). Au Québec, près de 40 % de la population est assurée par le régime public, et 60 % est couverte par une assurance privée.

Les organisations syndicales qui représentent plus de 365 000 employés du secteur public demandent à Québec d'amender le projet de loi 15 afin de se donner le levier pour encadrer les honoraires des pharmaciens aux assureurs privés, comme il le fait déjà pour la RAMQ.

«Afin de protéger les assurés et de leur garantir une assurance collective réellement à la hauteur de leurs besoins, un tel encadrement est nécessaire. Il en va de la pérennité à long terme des protections privées et publiques d’assurance médicaments du Québec», écrivent les organisations syndicales dans une lettre déposée à l'Assemblée nationale le 11 février.

La hausse des coûts des assurances collectives privées est aussi due à l'augmentation du coût des médicaments ainsi qu'au nombre grandissant de travailleurs assurés qui sont en absence prolongée au travail.

Mais l’augmentation des honoraires facturés par les pharmaciens aux assurés des régimes privés est un facteur important, assure Roberto Bomba, trésorier de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ).

«Nous, on a 58 000 professionnels en soins qui font partie de nos assurances collectives. Et juste au niveau des honoraires des pharmaciens, ça représente 48 millions $ par année. Si on était dans le public, on aurait payé 26 millions $ d'honoraires. [...] Une économie de 22 millions $ qui est significative pour un groupe de 58 000 professionnels», souligne M. Bomba. Il précise que cela représente 380 $ par année en moyenne par travailleur.

«L'enjeu, c'est vraiment l'équité. Ce n'est pas équitable. Le gouvernement se permet de plafonner les honoraires des pharmaciens parce que sinon, il n'y a pas de mesure de contrôle. Eh bien, il doit le plafonner pour l'ensemble de la population», plaide-t-il.

Contrairement aux honoraires facturés à la RAMQ, il n'existe aucune limite sur les montants des pharmaciens facturés aux assurances privées, ce qui entraîne des factures parfois deux ou trois fois plus élevées pour un service identique. Cela est particulièrement vrai pour les médicaments de spécialité où les honoraires peuvent dépasser les 50 000 $ par année pour un seul patient, selon les organisations syndicales.

Les signataires de la lettre sont la FIQ, la Fédération de la santé et des services sociaux - CSN (FSSS-CSN), la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), la Fédération des professionnèles (FP-CSN), la Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) et la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN).

La couverture en santé de La Presse Canadienne est soutenue par un partenariat avec l'Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.

Katrine Desautels, La Presse Canadienne

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