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«Un investissement raisonnable»

Un appel à faire de l’alimentation scolaire une priorité nationale

Un appel à faire de l’alimentation scolaire une priorité nationale
Photo: La Presse Canadienne
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La population québécoise et l’organisme La Cantine pour tous réclament que les partis politiques fassent de l’alimentation scolaire une priorité dans leur plateforme électorale en vue du scrutin d’octobre prochain.

Selon un récent sondage réalisé par la firme SOM, 88 % des 1060 répondants estiment qu’il est important que le gouvernement s’assure que tous les enfants aient accès à un dîner sain à l’école primaire, et 72 % considèrent que ce devrait être une priorité pour les partis politiques.

Autres faits marquants de ce coup de sonde: 85 % des Québécois, qu’ils aient des enfants ou non, sont favorables à un programme permettant aux parents de payer selon leurs moyens, qui est d’ailleurs le modèle de La Cantine pour tous; 60 % privilégient un modèle de contribution flexible selon les revenus des familles, comparativement à 21 % qui préfèrent la gratuité universelle et 14 % un modèle au prix courant.

«Les résultats révèlent que l’alimentation scolaire est un enjeu qui rassemble bien au-delà des familles ayant des enfants à l’école primaire. Le niveau d’appui observé au programme de dîners scolaires est élevé dans toutes les couches de la population», indique Vincent Bouchard, vice-président marketing chez SOM.

Ces résultats sans équivoque, dévoilés la semaine dernière à Montréal en marge du sommet pancanadien sur l’alimentation scolaire, réjouissent le directeur général de La Cantine pour tous, Thibaud Liné, mais ne l’étonnent pas.

«On avait déjà pressenti qu'il y avait une grande adhésion populaire à l'idée d'un programme d'alimentation scolaire pour le Québec. Ce que ce sondage nous apprend, c'est que les Québécois sont largement favorables à une intervention de l'État pour faciliter l'accès aux repas pour les programmes d'alimentation scolaire. Ils sont d'accord avec le principe que les enfants soient nourris dans les écoles, qu'il n'y ait plus d'insécurité alimentaire dans les écoles et qu'on fasse la promotion d'une saine alimentation dans les écoles. C'est quelque chose qui est consensuel et même populaire», souligne-t-il.

«Rarement observe-t-on un appui aussi fort à une mesure sociale. Les résultats démontrent que la population québécoise est prête à soutenir des solutions concrètes pour améliorer l’accès aux repas scolaires. Les décideurs disposent aujourd’hui d’un signal clair pour passer à l’action», renchérit le président du conseil d’administration de La Cantine pour tous, Benoist De Peyrelongue.

Les besoins sont criants. Environ 28 % des enfants du Québec vivaient dans un ménage en situation d’insécurité alimentaire en 2023, selon le plus récent rapport de l’Institut de la statistique. Et cette tendance est à la hausse: la proportion de ménages en insécurité alimentaire est passée de 14 % en 2018 à 19 % en 2023.

«Un investissement raisonnable»

Devant ce constat, M. Liné a sollicité tous les partis pour les inviter à s’engager à augmenter le financement pour l'alimentation scolaire, avec comme objectif d’offrir des dîners et des déjeuners dans toutes les écoles considérées comme étant défavorisées selon l'Indice de milieu socio-économique, soit environ 890, d’ici les cinq prochaines années.

Il rêve du jour où le gouvernement prendra «un engagement encore plus fort pour un programme universel, sachant qu’il y a évidemment de l’insécurité alimentaire et de la malbouffe dans toutes les écoles du Québec, qu'elles soient défavorisées ou non».

Les partis ont été réceptifs à sa demande. «Personne n'est contre la vertu. Ils sont tous sensibles à la question. Maintenant, on attend les plateformes électorales pour voir si des engagements seront pris.» M. Liné affirme que c’est une question de «courage politique».

Comme pour La Cantine pour tous, il préconise un modèle où le coût est partagé entre les parents et les ordres de gouvernement provincial et fédéral.

Selon ses calculs, pour rejoindre les écoles les plus défavorisées, il faudrait environ 30,3 millions $ supplémentaires dans les cinq prochaines années par rapport à ce que l’organisme reçoit aujourd'hui, soit environ 11 millions $. Les parents paieraient le reste de la facture.

M. Liné juge que «c’est un investissement raisonnable» malgré cette augmentation «significative». «À l'échelle des budgets du provincial et du fédéral, ce n'est pas grand-chose quand on sait ce que ça peut faire dans la vie des enfants d'avoir accès à des repas le midi à l’école.»

Les élèves des 269 établissements que le programme dessert actuellement peuvent en témoigner.

Sébastien Auger, La Presse Canadienne

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