Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Centre de recherche du CHUM

L'infection par l'hépatite C augmenterait le risque d'infection par le VIH

durée 18h00
8 juillet 2026
ici

commentaires

ici

likes

imprimante
Par La Presse Canadienne

Chez les patients infectés à la fois par l'hépatite C et le VIH, les cellules immunitaires chargées d'éliminer le premier virus deviennent une sorte de cheval de Troie qui permet au second de continuer à se cacher de l'organisme, révèlent des travaux réalisés au Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal.

Les chercheuses ont observé que ces cellules immunitaires expriment davantage une protéine appelée CCR5, que le VIH utilise comme porte d'entrée. Plus la quantité de virus de l'hépatite C dans le sang était élevée, plus cette porte semblait grande ouverte au VIH.

Conséquemment, le virus infecte plus facilement ces cellules et s'y installe plus efficacement.

«Nous avons trouvé que les cellules des gens qui sont infectés par le virus de l'hépatite C sont plus susceptibles à l'infection par le VIH, a résumé la professeure Naglaa Shoukry, qui dirige notamment le Laboratoire d’immunologie du foie du CR-CHUM. On a trouvé que leurs cellules expriment sur leur surface une combinaison de récepteurs qui les rendent plus susceptibles, plus ouvertes à l'infection par le VIH.»

Et ça, a-t-elle ajouté, «c'est spécifique à l'hépatite C, on ne voyait pas ça avec d'autres infections, par exemple le cytomygalovirus qui est aussi un problème».

On estime qu'environ 6 % de personnes qui sont infectées par le VIH sont co-infectées par le virus de l'hépatite C. L'équipe montréalaise a donc voulu savoir si les lymphocytes de type TCD4, qui sont normalement les cellules cibles pour le VIH, sont affectés par la présence d'une autre infection, comme l'hépatite C.

L'équipe a ainsi découvert, a-t-on expliqué, que ces cellules immunitaires spécifiquement mobilisées pour combattre l'hépatite C peuvent servir de refuge durable au VIH.

Même après la guérison de l'hépatite C et malgré un traitement antirétroviral efficace, des traces du VIH persistent dans ces cellules, indique-t-on.

Ainsi, écrivent les chercheuses, dans leur ensemble, «ces résultats démontrent que les lymphocytes T CD4+ spécifiques (à l'hépatite C) constituent une niche jusqu’alors méconnue permettant la persistance du réservoir du VIH-1, qui perdure pendant le traitement antirétroviral et après la disparition (de l'hépatite C), ce qui complique la réalisation des objectifs de guérison du VIH-1».

Elles ajoutent que «la résolution spontanée d'une infection aiguë par (l'hépatite C) entraîne la formation de lymphocytes T mémoire à longue durée de vie qui favorisent l'élimination du virus en cas de réinfection».

Toutefois, il s'agit-là d'une arme à double tranchant, puisque «ces cellules mémoire à longue durée de vie peuvent abriter des réservoirs de VIH susceptibles d'être réactivés en cas de nouvelle exposition chez les populations à haut risque».

Il demeure pour le moment impossible d'éliminer complètement le VIH de l'organisme. Au mieux, les traitements antirétroviraux envoient le virus se terrer dans différents réservoirs, ce qui permet au patient de mener une vie relativement normale. Mais si on arrête le traitement, le virus resurgit de sa cachette et la maladie revient.

On peut, en revanche, guérir l'hépatite C, et jusqu'à un quart des patients qui en sont atteints présenteront une «guérison spontanée», à savoir que leur système immunitaire éliminera le virus par lui-même.

C'était le cas d'un patient qui a participé à cette étude: l'individu a éliminé l'hépatite C de son organisme à plusieurs reprises au fil des ans... mais pas le VIH.

«Malgré le fait qu'il ait éliminé le virus de l'hépatite C, le virus de VIH restait toujours dans les lymphocytes T qui sont spécifiques pour l'hépatite C, a expliqué la professeur Shoukry. Ça nous a dit que la spécificité des cellules T affecte la taille d'un réservoir. Donc, quelqu'un qui est infecté par l'hépatite C va probablement avoir un réservoir (de VIH) plus large que quelqu'un qui n'est pas infecté par l'hépatite C.»

Maintenant que cela a été établi, a-t-elle poursuivi, on pourrait envisager le développement de «médicaments qui ciblent en particulier ces cellules... Je pense que ça ouvre plein de pistes».

Les conclusions de cette étude ont été publiées par le journal médical The Lancet eBioMedicine.

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Publié à 18h00

Meta va alerter les parents si leur enfant aborde le sujet du suicide

Meta Platforms — l’entreprise derrière Facebook, Instagram, WhatsApp et Messenger — affirme avoir lancé de nouveaux outils destinés à alerter les parents et les premiers répondants canadiens lorsque des jeunes présentent un risque de suicide ou d’automutilation, mais au moins une experte estime que ces outils ne sont pas infaillibles. Ces ...

Publié à 15h00

Conduire trop vite coûte plus cher et n'économise pas de temps

Rouler à toute vitesse en voiture pour aller au travail, aller chercher les enfants à l'école ou faire les courses ne vous fait pas seulement gaspiller de l'argent en essence et rejeter des émissions nocives dans l'atmosphère, mais cela ne vous fait pratiquement pas gagner de temps, selon une nouvelle étude. C'est un sujet qui mérite réflexion, ...

Publié à 12h00

Les cellules souches pourraient contrer le parkinson

Une deuxième étude en quelques semaines permet d'espérer que les cellules souches puissent un jour être utilisées face à la maladie de Parkinson. La première étude avait été publiée au printemps par des chercheurs japonais, qui avaient reprogrammé des cellules provenant de donneurs en santé pour produire de la dopamine. Cette fois-ci, une équipe ...