Autochtones et écologistes manifestent contre le Sommet canadien de l'investissement
OTTAWA — La campagne de grande envergure menée par le premier ministre Mark Carney pour attirer les investissements étrangers suscite également des protestations de la part de dirigeants autochtones et d'associations de la société civile opposés à son programme.
Des centaines de dirigeants d'entreprise et de gestionnaires d'actifs internationaux se sont rendus lundi à Toronto pour le tout premier sommet national sur l'investissement organisé au Canada. Mark Carney s'est fixé l'objectif ambitieux d'attirer 1000 milliards $ de nouveaux investissements au cours des cinq prochaines années.
Des manifestants, parmi lesquels des syndicats, des dirigeants autochtones et des défenseurs du climat et du logement, se mobilisent contre cet événement et prévoient de manifester devant le lieu où se tiendra le gala d’ouverture du sommet plus tard dans la journée.
Na’Moks, chef héréditaire de la nation Wet’suwet’en, a affirmé que Mark Carney fait chanter la population en lui faisant croire que le Canada doit mettre en œuvre davantage de grands projets pour se protéger de la politique commerciale prédatrice des États-Unis.
Il a déclaré qu’aucun projet ne verra le jour sans le soutien des Canadiens et des communautés autochtones.
Kai Nagata, porte-parole de l’association environnementale Dogwood B.C., a affirmé que chaque parcelle de territoire que le premier ministre cède à des milliardaires américains rapproche le pays d'une annexion par les États-Unis.
Nik Barry-Shaw, du Conseil des Canadiens, a fait valoir que ce sommet sur l’investissement est en réalité un sommet sur la privatisation et qu’il ne pense pas que ses résultats seront bénéfiques pour les Canadiens et les communautés autochtones, dont les terres seront touchées.
Le service de police de Toronto a précisé à La Presse Canadienne qu’il était prêt à faire face aux manifestations et qu’il avait mis en place des plans pour assurer la sécurité publique et minimiser les perturbations.
Des restrictions de l’espace aérien seront en vigueur et la police prévoit d’utiliser des drones pour surveiller le site du sommet.
Alessia Passafiume, La Presse Canadienne

