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Avions: la Chine rejette les accusations du Canada et de l'Australie

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6 juin 2022
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3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2022

PÉKIN, Chine — La Chine a défendu ses pilotes militaires lundi, affirmant qu'ils agissaient correctement et protégeaient sa souveraineté, à la suite de récentes plaintes du Canada et de l'Australie selon lesquelles des avions chinois se livraient à des manœuvres risquées au-dessus du Pacifique.

Le porte-parole du ministère de la Défense, Wu Qian, a déclaré que la Chine «a rapidement pris des mesures raisonnables, puissantes et professionnelles en réponse aux actes de provocation et aux opérations hostiles et non professionnelles du Canada».

La semaine dernière, l'armée canadienne a accusé les avions chinois de n'avoir pas respecté les normes de sécurité internationales à plusieurs reprises et d'avoir mis en danger un équipage canadien. Un communiqué du 1er juin indique que les avions chinois ont tenté de détourner un avion de patrouille canadien à long rayon d'action de sa trajectoire et que l'équipage a dû changer de direction rapidement pour éviter une collision potentielle.

«De telles interactions (...) sont préoccupantes et de plus en plus fréquentes», indique le communiqué.

L'avion canadien a été déployé du 26 avril au 26 mai pour se joindre à d'autres pays pour surveiller les transferts de carburant entre navires en mer qui pourraient aider la Corée du Nord à échapper aux sanctions de l'ONU pour ses essais de missiles et nucléaires. Des navires chinois sont soupçonnés d'avoir participé aux transferts. Les États-Unis et le Japon ont également participé à la surveillance.

M. Wu a déclaré dans un communiqué que le Canada avait intensifié la reconnaissance rapprochée de la Chine sous prétexte de mettre en œuvre les sanctions de l'ONU. Il a dit que le Canada assumerait la responsabilité de toutes les conséquences graves de ce qu'il a appelé ses actes risqués et provocateurs.

Une collision en 2001 entre un avion de surveillance américain et un avion de l'armée de l'air chinoise a entraîné la mort du pilote chinois et la détention de l'équipage américain par la Chine pendant 10 jours.

Dans un autre incident, le premier ministre australien nouvellement élu Anthony Albanese, en visite en Indonésie lundi, a qualifié les actions du 26 mai d'un avion de chasse chinois d'acte d'agression dangereux contre un avion de l'armée de l'air australienne effectuant une surveillance aérienne en mer de Chine méridionale.

Le J-16 chinois a accéléré et est passé devant l'avion australien, libérant de petits morceaux d'aluminium qui ont été aspirés dans le moteur de ce dernier, a déclaré dimanche le ministre australien de la Défense, Richard Marles.

Le ministère chinois de la Défense n'a pas commenté l'incident.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a déclaré que l'armée chinoise menait toujours des opérations basées sur le droit et la pratique internationaux et de manière sûre et professionnelle.

«Nous exhortons l'Australie à respecter les intérêts de sécurité nationale et les préoccupations majeures de la Chine, et à être prudente dans ses paroles et ses actes afin d'éviter une erreur de calcul qui pourrait avoir de graves conséquences», a-t-il déclaré.

La Chine revendique de nombreuses petites îles et des récifs dans la mer de Chine méridionale et affirme que la zone autour de ces affleurements correspond à ses eaux territoriales et à son espace aérien. Les eaux sont une voie de navigation importante pour tous les pays de la région, y compris l'Australie qui, avec les États-Unis, déclare vouloir garantir la liberté de navigation à travers ce secteur.

M. Zhao a dit que la Chine ne permettrait à aucun pays de violer sa souveraineté au nom de la liberté de navigation.

Il a également accusé le Canada de diffuser de la désinformation et a déclaré qu'il devrait adopter une politique modérée et pragmatique envers la Chine et prendre des mesures concrètes pour améliorer les relations entre les deux pays.

Ken Moritsugu, The Associated Press