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Churchill Falls: «il ne faut pas que ça achoppe», dit Jean Boulet

durée 13h59
28 janvier 2026
La Presse Canadienne, 2026
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3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

TROIS-RIVIÈRES — Le nouveau ministre de l'Énergie, Jean Boulet, a exprimé une certaine inquiétude concernant le projet d'entente actuellement en péril avec Terre-Neuve-et-Labrador, pour un approvisionnement supplémentaire en électricité provenant du Labrador.

«Est-ce qu'il y a un risque que ça achoppe? Moi je dis tout le temps, il ne faut pas que ça achoppe», a-t-il déclaré mercredi, en rappelant que le Québec avait besoin de cette énergie supplémentaire.

C'était la première sortie de M. Boulet sur cet enjeu, lui qui prend la relève de Christine Fréchette, qui a dû renoncer à ses responsabilités en se lançant dans la course à la direction de la CAQ dimanche dernier.

Le premier ministre François Legault était à Ottawa mercredi pour rencontrer ses homologues provinciaux ainsi que le premier ministre Mark Carney.

Il était possible aussi qu'il s’entretienne avec son interlocuteur terre-neuvien, Tony Wakeham, pour faire aboutir le renouvellement de l’entente de Churchill Falls.

Le ministre de l’Énergie, Jean Boulet, a rappelé combien le Québec a besoin de cet accord.

«Quand on a des intérêts supérieurs puis qu'on discute, il faut s'assurer d'atteindre nos objectifs, et en matière d'énergie, vous savez à quel point nous devons accroître notre capacité», a-t-il rappelé, en conférence de presse à Trois-Rivières, à l'issue de la réunion des élus caquistes visant à préparer la session parlementaire.

«Les discussions avec Terre-Neuve visent à répondre à nos priorités, à nos impératifs de demain», a poursuivi le ministre.

M. Boulet a tenu à indiquer qu'il avait «totalement confiance» dans les pourparlers que M. Legault aura avec ses homologues.

M. Legault tient beaucoup à cet accord, qu'il voit comme un de ses plus importants legs.

Le protocole d'entente avait été signé en grande pompe à St. John's en décembre 2024 par lui et le premier ministre libéral de l'époque, Andrew Furey.

Il visait à mettre fin à l'accord actuel 1969-2041 pour l'exploitation du complexe hydro-électrique de Churchill Falls (Labrador), qui alimente Hydro-Québec et qui est perçu comme injuste par les Terre-Neuviens.

Mais l'automne dernier, les électeurs terre-neuviens ont élu un gouvernement progressiste-conservateur qui veut obtenir davantage du Québec et qui a mandaté un groupe d'experts pour examiner le projet d'entente d'ici à avril 2026.

En vertu du protocole signé en décembre 2024, le Québec s'engageait à payer beaucoup plus cher l'électricité de Churchill Falls, mais en échange, Hydro-Québec deviendrait maître d'oeuvre pour le chantier d'une deuxième centrale à proximité de celle de Churchill Falls, ainsi que d'une autre centrale en aval du fleuve Churchill, à Gull Island. Newfoundland and Labrador Hydro serait responsable des améliorations à la centrale existante.

Actuellement, la puissance de Churchill Falls est de 5428 MW et elle fournit 15 % de l’électricité d’Hydro-Québec.

Lors de sa démission, le 14 janvier dernier, M. Legault, avait exprimé son optimisme à l'égard de la conclusion par la province d'un accord énergétique «gagnant-gagnant» avec Terre-Neuve-et-Labrador.

Il avait soutenu que l'accord provisoire conclu entre les services publics d'électricité des deux provinces était déjà une victoire pour les deux gouvernements.

«Malheureusement, il y a eu une élection (à Terre-Neuve-et-Labrador) au cours des derniers mois. Le nouveau gouvernement de Terre-Neuve a jugé, dans le fond, que l'entente était trop avantageuse pour le Québec», avait reconnu M. Legault.

«Mais je suis confiant qu'au cours des prochains mois, on va trouver une entente "gagnant-gagnant", parce que c'est important le Québec, c'est important pour Terre-Neuve, de profiter de cette immense possibilité.»

Patrice Bergeron, La Presse Canadienne