Croissance des chirurgies en direct pour partager les connaissances et l'innovation

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Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — Les chirurgies diffusées en direct dans le but de favoriser le partage de connaissances entre les pairs sont un phénomène en croissance. Le Centre des chirurgies ambulatoires ophtalmiques Angus de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR) veut devenir une référence à l'international en la matière.
Mardi, le Dr Flavio Rezende a effectué une série de chirurgies de la rétine, de différents niveaux de complexité, qui étaient transmises en direct dans une salle d'observation au centre-ville de Montréal.
L'événement a eu lieu la veille du congrès annuel de l’American Society of Retina Specialists, qui se tient cette semaine au Palais des congrès de Montréal. Cela a donné l'opportunité à des rétinologues internationaux d'assister à la diffusion.
«Il y a différents niveaux de complexité, selon chaque cas qu'on a choisi pour cette journée, pour essayer d'avoir une approche globale des différentes techniques chirurgicales actuelles», explique en entrevue le Dr Flavio Rezende.
Cela aura pris environ quatre ans pour organiser la première journée de diffusion en direct. «Ça a pris beaucoup de temps pour bâtir la technologie pour diffuser. Il y a beaucoup de côtés techniques, installer des caméras et avoir un bon réseau pour qu'il n'y ait pas de [délais] entre la chirurgie qui se passe et ce que les gens voient», mentionne le Dr Rezende.
Une opération de la rétine est la plus micro des chirurgies du corps humain. «Normalement, quand on opère, on voit les images de la rétine à travers la cornée. C'est comme une couche transparente qui nous permet de voir à travers. Il y a des patients dont la cornée est opaque parce qu'ils ont eu un trauma ou quoi que ce soit. Donc, on ne serait pas capable de faire la chirurgie si on n'avait pas la caméra dans l'œil», détaille le Dr Rezende.
L'expertise de HMR est de réaliser ce type de chirurgie avec un petit tube équipé d'une caméra. «Ça veut dire une fibre optique dans l'œil qui fonctionne comme une caméra pour nous permettre de voir d'une autre façon», précise-t-il.
Poser des questions en temps réel
L'un des aspects qui ont été appréciés par les médecins sur place était de pouvoir poser des questions tout au long de la séance et d'avoir une discussion avec Dr Rezende après l'opération.
«Je trouve ça vraiment utile, car ça permet de comprendre la réflexion du chirurgien qui pratique l'intervention», commente le Dr Tarifs Antaki, chirurgien vitréo-rétinien qui débutera au CHUM en septembre.
«On peut poser des questions précises et, quand on va pratiquer sa propre intervention, on peut essayer de reproduire certaines des choses apprises pendant la session, poursuit-il. Comme on assiste à l'intervention en direct, on peut poser toutes les questions qui nous viennent à l'esprit à ce moment précis, à cette étape précise.»
La Dre Bruna Gil Ferreira, une chirurgienne de la rétine qui a suivi une formation postuniversitaire à l'Université de Montréal et qui pratique aujourd'hui au Brésil, était aussi ravie de l'expérience. Elle parle de l'utilité d'avoir des astuces tirées de la vraie vie.
«Parfois, quand on va à une conférence ou qu’on suit un cours, on ne nous enseigne que les cas classiques et simples, mais la vie ne se passe pas comme ça, souligne la Dre Gil Ferreira. Là, on obtient des conseils sur ce qui se passe réellement sur le terrain, sur ce qu’il faut faire, et ces petits trucs, par exemple sur la façon de tenir la canule ou de régler son éclairage, et on peut voir en direct ce qu’il fait et comment ça se passe.»
La Dre Cynthia Qian, chirurgienne rétinologue collègue du Dr Rezende, souligne que lorsque les étudiants ou les médecins assistent à des conférences, la chirurgie présentée est souvent soignée. «Parfois, des interventions de cinq heures sont résumées en deux minutes. Donc ça ne reflète pas vraiment ce qui se passe en direct», dit-elle.
De plus, la diffusion dans une autre pièce permet à plus de gens d'assister à l'intervention. «Le bloc opératoire est très petit. [...] Il ne peut pas accueillir beaucoup de monde», fait valoir Dre Qian. Lors de la première chirurgie du Dr Rezende, il n'y avait que lui, l'infirmière et un fellow.
«Le fait de diffuser l’intervention en direct permet à toute une salle de personnes de participer et d’apprendre au fur et à mesure que ça se passe, car on ne peut pas avoir tout ce monde entassé dans le bloc opératoire», explique-t-elle.
Par ailleurs, le Dr Flavio Rezende s'inquiète de voir sur les médias sociaux certaines vidéos de chirurgie, qui propagent parfois de mauvaises informations. «Il y a beaucoup de vidéos qui sont mises sur internet d'une façon ou d'une autre, avec très peu de contrôle sur la qualité, déplore-t-il. Alors, l'objectif, c'est de bâtir quelque chose au Québec à travers l'Université de Montréal et l'Hôpital Maisonneau-Rosemont, bâtir quelque chose de bonne qualité au niveau chirurgical, de haut niveau, de haute complexité.»
Pour l'avenir, il souhaite faire des chirurgies diffusées en direct assez fréquemment pour apporter du rayonnement à l'international.
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Katrine Desautels, La Presse Canadienne