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Danielle Smith va soumettre des questions sur l'immigration à un référendum

durée 22h00
19 février 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

EDMONTON — Le gouvernement de la première ministre de l'Alberta, Danielle Smith, soumettra neuf questions à un référendum provincial le 19 octobre, notamment des propositions visant à restreindre l'accès aux services sociaux pour certains immigrants.

L'une des questions demande aux Albertains si les résidents non permanents devraient payer des frais «raisonnables» pour accéder aux systèmes de santé et d'éducation.

Une autre question demande l'autorisation de priver les nouveaux arrivants des services sociaux s'ils ne répondent pas aux critères du «statut d'immigration approuvé par l'Alberta». La question ne définit pas ce que signifie ce statut.

D'autres questions portent sur la Constitution et demandent si l'Alberta doit entamer des négociations avec le reste du Canada afin d'abolir le Sénat et de donner aux provinces le pouvoir de nommer les juges des cours supérieures.

Mme Smith a annoncé le référendum dans un discours télévisé jeudi soir, affirmant qu'elle ne craignait pas la démocratie directe et qu'elle faisait confiance au jugement des Albertains.

«Je sais qu'en tant que province, nous allons réfléchir mûrement, débattre et finalement prendre une décision sage sur ces questions qui profitera à nos familles et à nos concitoyens albertains pour des générations, comme nous l'avons toujours fait», a-t-elle soutenu.

Mme Smith a reproché à l'ancien premier ministre Justin Trudeau ses politiques d'immigration «désastreuses» qui ont mis à rude épreuve les systèmes de santé et d'éducation.

Elle a déclaré que la croissance rapide de la population et la chute des prix du pétrole ont mis à rude épreuve les finances de la province.

Le budget provincial doit être présenté jeudi prochain, et Mme Smith a averti que des déficits importants étaient à prévoir.

Le nombre de questions soumises au référendum d'octobre, un an avant les élections générales prévues dans la province, pourrait encore augmenter.

L'année dernière, Mme Smith a promis un référendum sur la séparation en 2026 si les citoyens recueillaient le nombre de signatures requis sur une pétition.

Une pétition lancée par des citoyens et qui sera présentée aux législateurs ce printemps pourrait déboucher sur un référendum visant à faire de l'appartenance de l'Alberta au Canada une politique provinciale.

Une autre pétition, dont la date limite pour la collecte des signatures est fixée au début du mois de mai, vise à obtenir un référendum sur le retrait de la province de la fédération.

Mme Smith a souligné jeudi que le renforcement de la «position constitutionnelle et fiscale de l'Alberta au sein d'un Canada uni» et l'immigration étaient les questions les plus importantes soulevées lors de la tournée de son panel Alberta Next dans la province l'année dernière.

L'une des questions soumises au débat était de savoir si l'Alberta devait refuser les services sociaux à certains immigrants.

Le panel a été alimenté par des interventions des participants présents, qui ont parfois réclamé des expulsions massives.

En janvier, le gouvernement du Parti conservateur uni de Mme Smith est revenu sur ce qu'il a qualifié de décision «prématurée» de priver les travailleurs étrangers temporaires de la couverture santé provinciale, y compris ceux qui avaient déjà obtenu un permis de travail.

Le ministère responsable a déclaré à l'époque que cette mesure était suspendue en attendant un réexamen.

Remise en question des pouvoirs fédéraux

En Alberta, le mécontentement concernant le processus de nomination au Sénat couve depuis des décennies, mais il n'a pas été au premier plan pour Mme Smith ces derniers temps.

L'ancien premier ministre Jason Kenney a demandé aux Albertains de voter pour les candidats lors d'un scrutin non contraignant en 2021. Aucun de ces candidats n'a été nommé au Sénat par le gouvernement fédéral.

Ces derniers mois, Mme Smith n'a pas ménagé ses critiques à l'égard des tribunaux.

Elle les a qualifiés d'«activistes» et a dénoncé les juges «non élus», arguant que les élus ont le dernier mot dans le cadre de sa croyance en la suprématie parlementaire.

Son gouvernement a invoqué quatre fois cet automne la disposition de dérogation de la Charte pour protéger ses lois contre les contestations judiciaires, l'une des nombreuses mesures qui, selon les critiques, sapent l'état de droit.

Lisa Johnson, La Presse Canadienne