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De nouvelles études témoignent des bienfaits de la caféine pour la santé

durée 07h00
13 février 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Deux nouvelles études témoignent des bienfaits de la caféine pour la santé, la première quand vient le temps de réduire le risque de démence et la deuxième concernant la fibrillation auriculaire.

Des chercheurs américains rapportent ainsi dans le journal JAMA Network qu'une consommation plus élevée de café, de thé et de caféine était associée à une réduction du risque de démence.

Ces résultats ont été corroborés, rapportent les chercheurs, «par les associations observées entre la consommation de caféine et de boissons caféinées et une prévalence plus faible du déclin cognitif subjectif ainsi qu'une légère amélioration des fonctions cognitives».

«Même en ajustant pour les facteurs de risque liés à l'alzheimer et à la démence, (les chercheurs) ont trouvé qu'une consommation (de caféine) était associée à une réduction du risque de développer une démence, mais aussi une réduction du risque de déclin cognitif», a commenté la professeure Anne-Julie Tessier, une spécialiste de la nutrition et de la longévité en santé au département de nutrition de l'Université de Montréal.

Les auteurs de l'étude soulignent que «les associations les plus fortes ont été observées à des niveaux de consommation modérés», correspondant à deux ou trois tasses de café ou de thé par jour, et qu'aucun avantage supplémentaire n'a été observé à des niveaux de consommation plus élevés.

Cela est «biologiquement plausible», expliquent-ils, puisque «l'absorption, le transport, le métabolisme et le stockage de la caféine et d'autres composés bioactifs présents dans le café et le thé ont des limites physiologiques». De plus, «une consommation excessive de caféine peut nuire à la qualité du sommeil ou augmenter l'anxiété, ce qui pourrait neutraliser ses éventuels effets neuroprotecteurs».

Les associations observées étaient indépendantes de la prédisposition génétique et des principaux facteurs de risque de démence et de déclin cognitif, précisent les auteurs de l'étude.

Les chercheurs américains expliquent que la caféine peut réduire les cytokines pro-inflammatoires dans le cerveau et atténuer la neuroinflammation, qui sont des facteurs clés du déclin cognitif et du développement de la maladie d'Alzheimer.

Au-delà de la caféine, disent-ils, le café et le thé «contiennent des composés bioactifs (...) qui offrent des bienfaits antioxydants et vasculaires en réduisant le stress oxydatif et en améliorant la fonction cérébrovasculaire».

«L'acide chlorogénique, qui est le principal polyphénol du café, pourrait être protecteur du cerveau, a précisé la professeure Tessier. Il y a aussi la trigonelline qui est impliquée dans le métabolisme du glucose. On n'oublie pas non plus certains minéraux qu'on retrouve dans le café. Donc, l'hypothèse ici c'est que tous ces composés-là pourraient réduire l'inflammation et le stress dans le cerveau. On pense aussi que la consommation régulière aide le cerveau à éliminer les protéines toxiques qui sont responsables, par exemple, de la maladie d'Alzheimer.»

Les auteurs ajoutent que la capacité de la caféine à améliorer la sensibilité à l'insuline et à réduire le risque de diabète de type 2, qui est un facteur de risque majeur de démence, contribue également à son effet protecteur sur la santé cognitive.

De plus, certains composants du thé peuvent offrir des bienfaits supplémentaires en favorisant la relaxation et la neuroprotection, disent-ils.

«On voit qu'il y a un avantage potentiel et on voit aussi que c'est sécuritaire, a dit Mme Tessier. Mais le message-clé, ici, est vraiment de rester dans la modération.»

Fibrillation auriculaire

La fibrillation auriculaire est la forme la plus courante d'arythmie. Paradoxalement, des chercheurs américains ont constaté l'automne dernier qu'une tasse de café par jour peut réduire de 39 % le risque d'épisode chez les patients qui en sont atteints, comparativement à ceux qui évitent toutes les boissons caféinées.

Plus précisément, pendant les six mois de l'étude, 47 % des participants qui ont bu une tasse de café par jour ont rapporté des épisodes de fibrillation auriculaire d'une durée de plus de 30 secondes, comparativement à 64 % des patients du groupe sans caféine.

«Il y a une tolérance qui s'installe quand on boit du café, a dit la professeure Tessier. Et il y a certains bienfaits qu'on retrouve dans le café, il y a des composés bioactifs qui ont des propriétés antioxydantes qui pourraient jouer un rôle et avoir certains bénéfices sur la santé du cœur.»

Les chercheurs soulignent à ce sujet que tous leurs participants étaient des consommateurs réguliers de caféine. Il serait intéressant, disent-ils, de vérifier l'impact de la caféine sur des patients atteints de fibrillation auriculaire qui n'en consomment que peu ou pas.

Et puisque les participants à l'étude se limitaient à une tasse par jour, les chercheurs américains précisent que leurs résultats ne sont peut-être pas transférables aux patients qui en consomment davantage ou qui consomment des boissons énergétiques qui contiennent de la caféine.

À la lumière de ces résultats, disent les auteurs, «il est raisonnable que les professionnels de santé laissent leurs patients atteints de fibrillation auriculaire envisager de consommer des substances naturellement caféinées qu'ils apprécient, telles que le thé et le café».

Cependant, précisent-ils, «certaines personnes peuvent encore constater que la caféine (...) déclenche ou aggrave leur fibrillation auriculaire».

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne