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Des Premières Nations croient avoir trouvé des sépultures anonymes au Manitoba

durée 10h10
11 juin 2022
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Temps de lecture   :  

2 minutes

Par La Presse Canadienne, 2022

WINNIPEG — Des sépultures anonymes auraient été découvertes sur les terrains de deux anciens pensionnats pour enfants autochtones gérés par l'Église catholique au Manitoba.

Les chefs de deux Premières Nations du Manitoba jouent la carte de la prudence en disant que leurs communautés cherchent toujours des réponses à leurs questions.

La Première Nation Sagkeeng dit avoir trouvé 190 anomalies dans le sol tandis que la Première Nation Minegoziibe Anishinabe croit en avoir découvert six. Les premières données montrent que les irrégularités correspondent à certains critères pour des sépultures, mais les deux communautés reconnaissent que plus d'informations sont nécessaires.

«Nous allons prendre notre temps et nous assurer de bien faire les choses», a déclaré le chef de Sagkeeng, Derrick Henderson.

Les efforts de la Première Nation Sagkeeng ont commencé l'année dernière. Les survivants des pensionnats ont partagé leurs souvenirs d'endroits qui, selon eux, pourraient contenir des tombes liées au pensionnat de Fort Alexander.

Le pensionnat a été ouvert en 1905 à Fort Alexander, qui est devenu plus tard la Première Nation Sagkeeng. L'école est restée en activité jusqu'en 1970 et était connue comme un endroit où sévissaient des abus. Des survivants ont raconté à la Commission de vérité et de réconciliation qu'ils étaient soumis à une discipline sévère et même sous-alimentés.

La communauté a travaillé avec une société de drones utilisant des radars pénétrant dans le sol sur trois niveaux.

M. Henderson a déclaré avoir trouvé deux endroits présentant des anomalies. Ni l'un ni l'autre n'est un cimetière connu. Des témoins les avaient indiqués sur des cartes avant le début des recherches.

Des consultations seront menées auprès des anciens, des survivants et des porteurs de calumet afin de décider des prochaines étapes.

«Comment commencerons-nous les travaux d'excavation ? se demande M. Henderson. Je vais devoir engager des archéologues. Il reste encore beaucoup de travail à faire.»

Plusieurs membres de la communauté souffrent de ne pas avoir une réponse à leurs questions, ajoute-t-il. Il faudra du temps avant d'être sûr à cent pour cent des emplacements. Ensuite viendra le temps de tourner la page et d'amorcer le processus de guérison.

«Nous connaissons maintenant cet emplacement. Nous savons maintenant qu'il y a quelque chose là», souligne le chef.

Dans la Première Nation Minegoziibe Anishinabe, les anomalies ont été découvertes sous une église construite là où s'élevait l'ancien pensionnat de Pine Creek, mentionne le chef Derek Nepinak. 

Des survivants avaient demandé que les lieux soient examinés à cause «des histoires d'horreur» survenues dans le sous-sol de l'endroit, raconte-t-il.

Les autorités de la Première Nation traitent le secteur comme une scène de crime potentielle, fait-il savoir.

«Nous voulons des réponses. Pour l'instant, ce que nous faisons nous apporte de nouvelles questions», reconnaît le chef Nepinak.

La Première Nation attend aussi les résultats d'une autre recherche effectuée dans un autre secteur où des enfants auraient pu être enterrés.

Le pensionnat de Pine Creek a été en activité de 1890 à 1969 dans différents immeubles. Le Centre national pour la vérité et la réconciliation y a recensé 21 morts d'enfant. D’anciens pensionnaires ont souvent parlé des abus qui y survenaient.

Kelly Geraldine Malone, La Presse Canadienne