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«Deux situations différentes» entre Greg Fergus et Anthony Rota, dit Karina Gould

durée 13h29
5 décembre 2023
La Presse Canadienne, 2023
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3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2023

OTTAWA — La leader parlementaire du gouvernement, Karina Gould, estime que la «situation» qui a placé dans l'embarras son collègue libéral et président de la Chambre, Greg Fergus, est distincte de celle qui a poussé Anthony Rota à renoncer au même poste.

«Ce qui est arrivé avec M. Rota, c’est gêner le Canada, c'était vraiment quelque chose (de) très grave. Ce qu’a fait M. Fergus, c'était une erreur de jugement», a dit mardi Mme Gould alors qu'elle se rendait à une réunion du conseil des ministres.

Cela l'amène donc à conclure qu'il s'agit de «deux situations différentes».

Au cours d'une mêlée de presse, Mme Gould a relevé à plusieurs reprises que l'actuel président de la Chambre et élu de la circonscription de Hull—Aylmer, en Outaouais, s'est excusé aux Communes.

Les conservateurs et les bloquistes demandent à M. Fergus de quitter les fonctions qu'il n'assume que depuis octobre, et ce, en raison de son apparition virtuelle dans un événement partisan.

Plus précisément, il a enregistré un message vidéo de remerciements envers le chef intérimaire sortant du Parti libéral de l'Ontario, John Fraser, captation qui a été diffusée au cours du congrès de la formation politique du week-end dernier.

«Je crois qu'il comprend pourquoi il ne devrait pas le faire», a poursuivi Mme Gould, en précisant que M. Fergus a assuré aux députés qu'un tel incident ne se reproduirait plus.

Plus précisément, M. Fergus a affirmé lundi qu'il «reconnaî(t) comment ceci a pu être interprété» et qu'il tenait «à rassurer les députés que les principes du respect, de l’impartialité et du décorum sont les valeurs qu'(il) continuer(a) à prioriser».

Le leader en Chambre des conservateurs, Andrew Scheer, a soumis à la présidence de la Chambre les enjeux d'impartialité soulevés par cette affaire, au moyen de la procédure de «question de privilège». 

C'est le vice-président de la Chambre, Chris d'Entremont, qui a supervisé lundi les discussions entre élus sur ce sujet, M. Fergus s'en étant récusé. 

Une décision de M. d'Entremont est donc attendue dans cette affaire, a noté Mme Gould. 

«On va réagir après ça. (...) C'est quelque chose que nous devrions voir comme Chambre, comment nous allons aller de l’avant», a-t-elle conclu.

Conformément aux procédures parlementaires, M. D'Entremont doit tenir compte des différentes interventions aux Communes sur la «question de privilège» soulevée par M. Scheer afin de déterminer s'il y a lieu, ou non, de renvoyer ces enjeux à la considération d'un comité de la Chambre.

D'ailleurs, le leader parlementaire des néo-démocrates, Peter Julian, a signalé qu'il est d'avis, tout comme les conservateurs, que l'incident concernant M. Fergus devrait faire l'objet d'une étude en comité.

M. Scheer a relevé, dès qu'il a exprimé son intention de saisir la Chambre de cet enjeu, que le président de la Chambre portait l'habit officiel de ses fonctions au cours de son message de remerciements à M. Fraser et que le bureau de la présidence était reconnaissable en arrière-plan.

Lundi après-midi, il a fait savoir que l'opposition officielle réclamait la démission de M. Rota, joignant ainsi sa voix à celle du Bloc québécois, première formation politique aux Communes à avoir fait cette demande.

Le député de Hull—Aylmer a été élu au poste de président de la Chambre en octobre, à la suite de la démission de son prédécesseur, Anthony Rota. Ce dernier a quitté ses fonctions dans la foulée de la controverse concernant la reconnaissance d'un ancien combattant ayant servi sous les nazis lors d'une visite du président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Avant de se récuser du dossier, M. Fergus a déclaré qu'on lui avait demandé d'enregistrer un message vidéo pour une réunion privée en l'honneur M. Fraser, qu'il considère comme un ami de longue date. 

L'élu québécois a indiqué aux députés qu'il regrettait que la vidéo ait été utilisée à d'autres fins. Il a précisé qu'il n'était pas membre du Parti libéral de l'Ontario et qu'il n'avait pas voté dans la province depuis 30 ans.

Émilie Bergeron, La Presse Canadienne