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Dossier santé numérique: la ministre Bélanger répond à l'ex-ministre Bélanger

durée 16h39
12 mai 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

La ministre de la Santé, Sonia Bélanger, et sa collègue France-Élaine Duranceau, présidente du Conseil du trésor, mais aussi responsable de la Cybersécurité et du Numérique, ont dû répondre aux attaques de leur ancien collègue Gilles Bélanger, qui continue de s’opposer au déploiement du Dossier santé numérique (DSN) dans sa forme actuelle. Le système Epic choisi par Québec pour soutenir le DSN a été mis à l’essai en fin de semaine dans deux CIUSSS, soit ceux de la Mauricie-Centre-du-Québec et du Nord-de-l’Île-de-Montréal.

L’ex-ministre de la Cybersécurité et du Numérique, qui a quitté le caucus de la CAQ après le dernier remaniement ministériel qui l’a écarté du nouveau cabinet Fréchette, s’était opposé au déploiement des deux projets pilotes alors qu’il était toujours en poste, estimant que le système n’était pas prêt et surtout qu’il ne protégeait pas suffisamment les données des Québécois.

Prédiction de problèmes

Dans une entrevue au bureau parlementaire de Québecor, Gilles Bélanger est revenu à la charge, prédisant un fiasco économique de l’ampleur de SAAQclic et affirmant que le système est déjà archaïque à l’ère de l’intelligence artificielle.

Il s’insurge contre la dépendance aux géants américains du numérique et réitère que Québec aurait dû créer une entité chargée de mettre sur pied des centres de données souverains au Québec et une autre chargée de développer des solutions numériques ici même en partenariat avec CGI.

10 à 15 ans de retard déjà

Sonia Bélanger reconnaît que les questions soulevées par son ex-collègue sont pertinentes et importantes. «Que ce soit en santé ou dans d'autres types d'informations, c'est clair, tous les pays du monde se posent ces questions-là aujourd'hui, ce n'est pas spécifique au Québec», a-t-elle dit mardi à l'Assemblée nationale.

Elle a cependant ajouté que le Québec «ne s'empêchera pas d'implanter et de faire des virages technologiques qu'on aurait dû faire il y a peut-être 10 ans et 15 ans, qui n'ont pas été faits pour toutes sortes de raisons». Le Québec se devait d’agir, selon elle, et a choisi un système, Epic, qui a été implanté avec succès dans 16 pays et qui est déjà utilisé par plus de 580 000 médecins.

«Ça n'existe pas»

Quant à l’idée d’utiliser des fournisseurs québécois, elle rétorque que «ça n'existe pas des fournisseurs locaux au Québec qui ont l'ensemble de toutes les réponses, que ce soit en soutien à domicile, en CHSLD, dans les centres hospitaliers, les services pharmaceutiques. Ça n'existe pas un seul fournisseur qui a tout ça».

Même si certains sont spécialisés dans certains secteurs de la santé, il fallait un système intégré, affirme-t-elle. «À un moment donné, il y a des limites à ce qu'un gouvernement, puis qu'une nation, puis ce qu'un pays peut faire dans ses propres développements.»

L’implantation du système Epic n’est pas coulée dans le béton, soutient-elle, invoquant l’évaluation à venir des deux projets-pilotes avant qu’il ne soit étendu à travers le réseau, mais elle ajoute qu’elle est très satisfaite de ce déploiement à l’essai jusqu’ici.

Elle assure par ailleurs que la préoccupation en regard de la sécurité des données est une de ses priorités et s’en remet à sa collègue responsable de la Cybersécurité et du Numérique, France-Élaine Duranceau.

Interrogée à son tour, celle-ci a fait valoir que son gouvernement «travaille sur un nuage gouvernemental. On a quatre centres de données bien souverains ici au Québec, dont un que j'ai visité la semaine dernière.»

Invité par le PQ

Au reproche d’investir dans des entreprises américaines, la ministre Duranceau répond qu’«il faut pas tout mélanger là. On a des fleurons québécois qui peuvent nous aider en matière numérique. Il faut travailler avec eux et parfois la technologie ou les logiciels sont étrangers.»

«Je pense qu'il ne faut pas non plus se replier sur nous-mêmes. Ce qui est important, c'est de s'assurer de la protection des données et de s'assurer de notre capacité à avoir une continuité au niveau de l'exploitation des différentes entités.»

Le député péquiste Pascal Bérubé, de son côté, a sauté sur l’occasion pour inviter Gilles Bélanger, qui siège maintenant comme indépendant, «au caucus du Parti québécois à titre de lanceur d'alerte et d'expert dans le numérique».

Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne