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F1: Après une attente de deux ans, Latifi pourra enfin participer au GP du Canada

durée 15h20
15 juin 2022
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4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2022

MONTRÉAL — Après une pause de deux ans provoquée par la pandémie de coronavirus, le Grand Prix de Formule 1 du Canada sera de retour ce week-end au circuit Gilles-Villeneuve. Si des milliers de personnes trépignent déjà à l'idée d'enfin voir les monoplaces tourner en piste, il y a fort à parier que peu d'entre elles ont aussi hâte que Nicholas Latifi. 

Le pilote torontois de l'écurie Williams participera finalement à l'épreuve montréalaise pour la première fois de sa carrière en tant que pilote titulaire, après 47 départs en F1. L'athlète âgé de 26 ans, qui en est déjà à sa troisième campagne dans la série reine du sport automobile, ne sera toutefois pas en terrain inconnu. Il avait pris part aux essais libres avec Force India en 2018, puis avec Williams en 2019. Une expérience qui risque d'être un peu différente cette fois-ci. 

«Oui, c'est un peu irréel d'être finalement ici, à Montréal. C'est l'un des Grands Prix historiques du calendrier, et à cause de la pandémie, je n'ai pas pu y participer au cours des deux dernières saisons. C'est très spécial, car je suis né ici, à Montréal, et j'ai grandi à Toronto. J'ai beaucoup de membres de ma famille immédiate qui habitent toujours ici, et des amis très proches, et je sais qu'ils seront dans les gradins ce week-end», a confié Latifi en entrevue mercredi après-midi.

L'Ontarien a cependant souligné qu'il n'y aura aucune amélioration apportée à la voiture ce week-end, ce qui signifie qu'il risque de nouveau de se retrouver en fond de grille.

«Évidemment, j'ai connu mon lot d'ennuis avec la voiture — je ne suis pas aussi confortable que j'aurais aimé l'être à ce stade-ci de la saison. Mais je ne me décourage pas, j'ai l'impression qu'elle (la voiture) a encore beaucoup de potentiel inexploité. Et je peux faire beaucoup mieux en tant que pilote», a-t-il poursuivi.

Il serait tout de même satisfait de pouvoir se faufiler en Q2 samedi, et a indiqué qu'il s'en remettra aux aléas de la course automobile — un drapeau jaune, une sortie de piste, un mauvais arrêt aux puits — afin de gagner quelques places de classement dimanche. 

«Mais nous devrions être en mesure de nous battre pour des points plus tard cette saison», a-t-il ajouté du même souffle. 

Le représentant de l'unifolié n'a toujours pas engrangé de point de classement après huit courses cette saison, et son meilleur résultat jusqu'ici fut une 14e place au Grand Prix de Miami plus tôt ce printemps. Son coéquipier, Alexander Albon, a obtenu trois points et l'a devancé cinq fois en huit courses jusqu'ici cette saison. 

Latifi accuse également un déficit de deux points sur l'autre pilote canadien inscrit au championnat: Lance Stroll. Questionné à savoir s'il est irrité de constamment être comparé à lui — après tout, leurs visages sont placardés côte-à-côte aux quatre coins de la ville pour faire la promotion de la course —, Latifi assure qu'il n'en est rien. Même s'il n'a pas manqué de l'écorcher au passage.

«Je ne ressens pas d'animosité envers lui. Je comprends, pour l'amateur, qu'il est facile de vouloir nous comparer. (...) Ceci étant dit, il faut admettre qu'Aston Martin et nous sommes souvent en bagarre en piste, car c'est l'équipe la plus près de la nôtre dans le peloton. Mais encore une fois, quand on voit Sebastian Vettel (le coéquipier de Stroll) terminer sixième en Azerbaïdjan, alors on se dit que cette voiture a de toute évidence plus de potentiel que la nôtre, et qu'elle est plus rapide. Après, c'est au pilote à faire son travail.»

Le pilote Red Bull Max Verstappen domine le classement des pilotes avec 150 points, soit 21 de plus que son coéquipier Sergio Perez. Le pilote Ferrari Charles Leclerc est troisième, à 116, tandis que tous les autres, y compris Lewis Hamilton, sont sous la barre des 100 points. 

Le marsouinage, un problème simple à régler selon Latifi

Par ailleurs, Latifi a été invité à discuter du sujet de l'heure présentement en F1: le marsouinage. Ce phénomène aérodynamique fait référence au marsouin, un cétacé marin proche du dauphin, et consiste en un mouvement saccadé qui fait rebondir les monoplaces dans les lignes droites, risquant de casser des pièces et de gêner le travail des pilotes.

Évidemment, le circuit Gilles-Villeneuve étant doté de longues lignes droites, et il ne fait aucun doute que le phénomène sera de nouveau à l'avant-scène ce week-end. 

Mercedes est l'une des équipes qui éprouvent le plus de difficulté à contrôler ce phénomène jusqu'ici cette saison, et Hamilton se plaint depuis un certain temps déjà de douleurs récurrentes au dos provoquées par le marsouinage. Le Britannique, septuple champion du monde, a même indiqué que ça pourrait devenir un enjeu de sécurité pour les pilotes. Une opinion partagée par le pilote Alpha Tauri Pierre Gasly, notamment. 

«Il y avait plusieurs moments que je ne savais pas si j'allais terminer la course et si j'allais être capable de garder la voiture sur la piste. C'est la course la plus souffrante et la plus dure que j'ai connue», a confié Hamilton après la dernière course, au Grand Prix d'Azerbaïdjan.

Il a lancé à Toto Wolff, chef d'équipe de Mercedes, que la voiture doit «absolument être modifiée». Un message qu'a repris Latifi. 

«Le marsouinage était un véritable enjeu pour nous (chez Williams) lors des essais hivernaux à Barcelone. C'est toujours un enjeu, pour toutes les équipes, mais il existe une manière très simple de le régler: il suffit de modifier les réglages sur la voiture, ce qui affectera inévitablement les performances de celle-ci. Nous avons adopté un compromis pour éviter le marsouinage, et je crois que d'autres équipes, qui sont plus compétitives et dont les pilotes sont très loquaces à ce sujet, devraient y songer aussi. Mais je suis d'accord qu'il faudra régler cet enjeu à long terme, sinon les pilotes pourraient subir des blessures irréversibles à la colonne vertébrale», a conclu Latifi.

Le Grand Prix du Canada se mettra en branle avec la tenue des deux premières séances d'essais libres, vendredi.  

Alexandre Geoffrion-McInnis, La Presse Canadienne