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Jour 12: les contre-tarifs d'Ottawa s'imposent de nouveau dans la campagne

Jour 12: les contre-tarifs d'Ottawa s'imposent de nouveau dans la campagne
Photo: La Presse Canadienne, 2026

La guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis a de nouveau occupé le devant de la scène de la campagne électorale québécoise, à la veille de l'instauration de contre-tarifs d'Ottawa. Ce qui a quelque peu fait ombrage aux engagements du jour des cinq chefs de parti, lundi.

Au jour 12 de la campagne, la cheffe caquiste, Christine Fréchette, a convoqué son conseil des ministres pour adopter lundi une série de mesures face à la riposte canadienne devant entrer en vigueur mardi contre la nouvelle salve tarifaire de Washington.

Mme Fréchette a également invité ses rivaux à une rencontre par la suite afin de faire le point sur la situation le jour même. Tous, sauf le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, ont accepté la main tendue de la première ministre sortante.

M. Duhaime a expliqué ne pas vouloir embarquer «dans la campagne de diversion de Mme Fréchette».

Le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, a laissé entendre qu'il avait accepté d'assister à la réunion à reculons.

«Je vais être honnête avec vous, je n'ai pas du tout envie d'y aller, mais je vais y aller dans l'intérêt général (...) J'ai l'intention de participer avec très peu d'attente», a-t-il dit.

Le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, a exigé de la transparence et des documents pertinents en préparation de la rencontre. À l'instar de son rival libéral, M. St-Pierre Plamondon a jugé la dernière rencontre entre Mme Fréchette et les oppositions sur la guerre tarifaire de très peu utile.

«C'était une chorégraphie où on nous a donné de l'information qu'on venait juste de donner publiquement à tous les journalistes», a évoqué le dirigeant souverainiste.

Salaire minimum et syndicats

Les cinq chefs de parti n'ont pas chômé en ce jour de la fête du Travail en termes de promesses.

La porte-parole de Québec solidaire (QS), Ruba Ghazal, a proposé d'augmenter le salaire minimum à 20 $ l’heure dès mai 2027. Le salaire minimum au Québec est actuellement de 16,60 $ l'heure.

Si elle prend le pouvoir le 5 octobre, la formation politique s'engage à déployer un plan pour soutenir les employeurs dans cette transition.

QS mettrait à la disposition des employeurs une enveloppe de soutien de 330 millions $ dès l'an 1 d'un premier mandat.

Le travail «devrait nous permettre de vivre, pas juste de survivre» et «un des meilleurs moyens de réduire la pauvreté et les inégalités, c'est d'augmenter le salaire minimum», a soutenu Mme Ghazal.

M. Duhaime, le chef conservateur, a décidé de présenter des engagements qui s'attaquent aux syndicats. Il a dévoilé quatre mesures pour faire en sorte que les syndicats rendent davantage de comptes aux travailleurs qu’ils représentent.

Le PCQ suggère un «droit de retrait individuel» pour les cotisations consacrées à des activités «politiques ou idéologiques». M. Duhaime veut aussi imposer un «scrutin secret obligatoire» pour l’accréditation syndicale et instaurer des votes périodiques sur le maintien de cette accréditation.

Le parti voudrait également rendre publics les états financiers et les dépenses syndicales, «dans le respect de l’anonymat des membres» et mettre en place un mécanisme de plainte confidentiel.

«Être protravailleur, c’est permettre à chacun de choisir ce qu’il finance, de voter librement, de savoir où va son argent et de faire respecter ses droits», a soutenu M. Duhaime, qui avance que ses mesures donnent «aux travailleurs plus de liberté».

Santé et éducation

M. Milliard, le chef libéral, a promis de prioriser l’agrandissement et la modernisation de la Cité-de-la-Santé, à Laval.

Le PLQ a expliqué que cet agrandissement «permettra d’offrir davantage de capacité pour accueillir et hospitaliser les patients, de réduire la pression sur l’urgence et d’améliorer les conditions dans lesquelles les soins sont donnés».

M. St-Pierre Plamondon, le chef péquiste, a aussi fait campagne sur le thème de la santé, mais plus précisément sur le soutien à domicile pour les aînés.

Il a notamment promis d'augmenter de 50% le budget en soins à domicile (1,3 milliard $ sur quatre ans) et de faciliter l'accès au crédit d'impôt pour le maintien à domicile.

En outre, un gouvernement du PQ rendrait disponible une aide financière de 10 000 $ pour couvrir une partie des frais de transformation d'une propriété en une maison intergénérationnelle. Et il bonifierait de 10 millions $ par année le Programme d'adaptation de domicile qui offre une aide financière pour l'exécution des travaux.

M. St-Pierre Plamondon a par ailleurs déclaré ne pas vouloir déchirer l'accord conclu avec Terre-Neuve-et-Labrador sur l'hydroélectricité, «dans la mesure où l'entente est bonne», s'il devient le prochain premier ministre.

Il a indiqué vouloir d'abord «vérifier chaque détail pour être certain que ce soit bel et bien l'intérêt du Québec qui a été servi».

Mme Fréchette, la cheffe caquiste, a pour sa part fait campagne sur le thème de l'éducation. Elle s'est engagée à augmenter le soutien financier couvrant les dépenses pour les enfants à l'école, pour un total de 900 millions $ sur quatre ans.

D'une part, un nouveau crédit d’impôt viendrait couvrir jusqu'à 75 % des frais de garde en milieu scolaire, pour un remboursement pouvant atteindre 1309 $ par enfant.

D'autre part, le supplément actuel d'un maximum de 127 $ pour les fournitures passerait à un montant maximal de 250 $ si la CAQ obtient un troisième mandat.

La CAQ a également avancé une promesse pour l'accès à la propriété. Elle s'est engagée à hausser un crédit d'impôt pour les premiers acheteurs, qui passerait de 1400 à 7000 $ si elle est reportée au pouvoir pour une troisième fois.

Cette mesure coûterait 200 millions $ par an, pour un total de 800 millions $ sur quatre ans.

— Avec des informations de Patrice Bergeron, Caroline Plante, Thomas Laberge et Stéphane Blais, de La Presse Canadienne

Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne