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Jour 32: Fréchette «disqualifiée» dans le dossier de l'ingérence, selon ses rivaux

Jour 32: Fréchette «disqualifiée» dans le dossier de l'ingérence, selon ses rivaux
Photo: La Presse Canadienne, 2026

Au 32e jour de la campagne et à l'amorce du vote par anticipation, la question de la possibilité d'une ingérence américaine a poussé la cheffe caquiste, Christine Fréchette, dans ses derniers retranchements.

D'abord ébruitées par la propre équipe de la cheffe caquiste, les allégations d'une possibilité d'ingérence américaine pour favoriser le Parti québécois sont revenues éclabousser Christine Fréchette.

Celle-ci a été attaquée de toutes parts sur son intégrité, particulièrement à la lumière de nouvelles informations de Radio-Canada sur le fil des événements ayant mené à la mise au jour des textes du groupe de réflexion américain.

Selon ce qu'a rapporté Radio-Canada dimanche matin, l’équipe de Christine Fréchette a commencé à contacter des journalistes dès le 12 septembre pour les inciter à porter leur regard sur ces textes du Defense Analyses and Research Corporation (DARC), qui propose notamment de soutenir financièrement le Parti québécois.

Mme Fréchette aurait été mise au courant par son équipe de l'existence des textes du DARC seulement une semaine plus tard. Et il aurait fallu trois jours de plus avant que la CAQ avise le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS).

La cheffe caquiste a dû admettre dimanche que son équipe ne l’avait pas informée avant de couler des informations sur le sujet à des journalistes.

Bombardée de questions par les journalistes, elle a affirmé que la situation n’était pas «souhaitable» et qu’elle allait «faire la lumière» sur cette affaire.

Ses adversaires dans la campagne électorale n'ont pas ménagé leurs critiques, dimanche, les chefs libéral et péquiste estimant que Mme Fréchette s’est disqualifiée pour le poste de première ministre.

Pour le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon, «soit Christine Fréchette n'a aucune idée de ce qui se passe dans son équipe et de ce que son équipe décide à sa place, et dans quel cas elle n'a aucun leadership, ou soit elle nous ment».

«On savait que la CAQ était au désespoir, mais là, ça vire au scandale et à la disqualification», a lancé le chef libéral, Charles Milliard.

La porte-parole solidaire, Ruba Ghazal, y a vu une manière de détourner des enjeux de sécurité nationale pour des intérêts électoraux.

Le chef conservateur, Éric Duhaime, a dénoncé une stratégie de peur de la part de la CAQ.

Un fonds de 200 millions $ en audiovisuel

La cheffe caquiste, Christine Fréchette, était à Montréal dimanche pour s’engager à créer un fonds de 200 millions $ pour «la pluralité de la production audiovisuelle indépendante québécoise» dans les 100 premiers jours d’un prochain mandat.

Les modalités devront être convenues avec le milieu audiovisuel et la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC).

Il s'agirait aussi de bonifier de 10 % le crédit d’impôt pour services de production cinématographique ou télévisuelle (CSPC) afin de favoriser le tournage de productions étrangères au Québec et d'ajouter 100 millions $ au financement intérimaire de la SODEC.

Taxe québécoise de 3 % pour les géants du web

En point de presse à Montréal, le chef libéral a évoqué une taxe québécoise de 3 % pour les géants du web, ayant été déçu par l'abandon par Ottawa de la «taxe Netflix».

Charles Milliard a dit espérer ne pas se rendre là; il compte dans un premier temps «faire changer d'idée le gouvernement fédéral là-dessus».

Son candidat dans Saint-Henri-Sainte-Anne, le producteur Benoît Clermont, a par la suite laissé entendre que la taxe québécoise pourrait même dépasser les 3 %.

Le «consensus» sur la laïcité

Paul St-Pierre Plamondon a déclaré dimanche qu'un gouvernement du Parti québécois s’engage à «défendre le consensus québécois sur la laïcité».

Ainsi, un gouvernement péquiste contesterait par tous les moyens juridiques et politiques possibles une décision de la Cour suprême qui invaliderait des éléments de l'actuelle loi sur la laïcité de l'État.

Le chef péquiste ne voit pas pourquoi des «non-élus» pourraient invalider le travail des élus dans ce dossier.

Le plus haut tribunal du pays devrait rendre sa décision dans les prochaines semaines ou les prochains mois sur la constitutionnalité de cette loi controversée.

Lors d'une conférence de presse à Granby, M. St-Pierre Plamondon n'a pas indiqué à quels moyens politiques et juridiques il aurait recours.

Fréchette «instrumentalise le féminisme», dit Ghazal

Ruba Ghazal a dit croire que Christine Fréchette «instrumentalise le féminisme».

La porte-parole solidaire n'a pas mâché ses mots en critiquant la promesse caquiste, présentée samedi, de prioriser les résidents permanents pour les places en garderies subventionnées.

La cheffe de la Coalition avenir Québec avait alors affirmé que cette décision permettrait «à des femmes québécoises d'avoir davantage accès» aux services de garde.

«Le féminisme, c'est l'égalité non seulement entre les femmes et les hommes, mais c'est aussi l'égalité entre toutes les femmes», a fait valoir Mme Ghazal en marge d'un point de presse au parc Frédéric-Back, à Montréal.

La porte-parole de QS estime que le vrai problème est le manque de places en CPE, ce que son parti espère améliorer en embauchant 5000 éducatrices qualifiées d'ici 2030, comme elle l'a annoncé le 17 septembre dernier.

Duhaime au vignoble de Mario Pelchat

Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, a répondu au cri du cœur lancé par le chanteur Mario Pelchat, qui a invité les chefs de tous les partis à son vignoble pour qu'ils lui proposent des recours aux limites imposées à la tenue de spectacles sur son domaine.

En conférence de presse dimanche matin au Domaine Pelchat Lemaître-Auger, à Saint-Joseph-du-Lac, le chef conservateur a prôné un projet de loi pour abolir le règlement qui empêche M. Pelchat de tenir des soupers-spectacles sur son domaine à l'ampleur qu'il souhaite.

«J'ai pieds et poings liés», a dénoncé Mario Pelchat en conférence de presse aux côtés du chef conservateur.

Mario Pelchat a indiqué que cette sortie ne signifiait pas pour autant qu'il allait appuyer le Parti conservateur, et il a réitéré que son appel s'adressait à tous les chefs. «Seulement lui est venu», a-t-il ajouté.

La Presse Canadienne