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L'agence d'espionnage reste muette sur les conseils donnés sur TikTok à Ottawa

durée 18h52
11 mars 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — Le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) ne divulgue pas les conseils qu'il a donnés au gouvernement fédéral avant qu'Ottawa ne décide d'autoriser TikTok à poursuivre ses activités au Canada.

«Le SCRS encourage tous les Canadiens à faire preuve de prudence en ce qui concerne leur présence en ligne et à mener leurs propres recherches sur le type de données collectées et sur les personnes qui les contrôlent avant de rejoindre de nouvelles plateformes de médias sociaux», a indiqué l'agence de renseignement dans une déclaration.

Le gouvernement libéral a annoncé lundi qu'il autoriserait TikTok à poursuivre ses activités au Canada, maintenant qu'il dispose de garanties supplémentaires de la part de l'entreprise de médias sociaux pour protéger les données des Canadiens.

Le gouvernement a souligné que cette décision faisait suite à une évaluation qui incluait les conseils des services de sécurité et de renseignement canadiens.

Un porte-parole du SCRS n'a pas répondu directement lorsqu'on lui a demandé quels conseils le service avait donnés au gouvernement ni ce qui devait être mis en place pour garantir la sécurité nationale du Canada.

Dans un communiqué, l'agence a déclaré qu'elle reconnaissait la décision du gouvernement et qu'elle continuait, avec d'autres membres de la communauté du renseignement et de la sécurité, à «fournir aux décideurs politiques du gouvernement canadien des renseignements afin de les aider à prendre des décisions éclairées pour atténuer les risques que représentent les investissements étrangers pour la sécurité nationale».

Le SCRS a ajouté que si les médias sociaux peuvent être une force positive, les acteurs malveillants «peuvent exploiter les informations publiées en ligne à des fins nuisibles».

Ottawa a ordonné la cessation des activités de TikTok au Canada en 2024, mais a récemment demandé à la Cour fédérale d'annuler cette décision afin de permettre un nouvel examen.

Cette décision a été prise peu après la visite du premier ministre Mark Carney en Chine, où il a conclu un accord visant à obtenir de Pékin une baisse des droits de douane sur les produits agricoles en échange d'un nouvel accès au marché pour les véhicules électriques chinois.

Des préoccupations en matière de confidentialité et de sécurité ont été soulevées au sujet de TikTok et de sa société mère chinoise ByteDance en raison des lois chinoises sur la sécurité nationale qui obligent les organisations de ce pays à participer à la collecte de renseignements.

Bien que l'ordonnance de cessation n'aurait pas empêché les utilisateurs canadiens de télécharger et d'utiliser cette application de réseau social très populaire, le gouvernement a interdit l'application TikTok sur les appareils mobiles fournis par le gouvernement fédéral en février 2023.

Mohammad Kamal, porte-parole du président du Conseil du Trésor, Shafqat Ali, a avancé mardi que le gouvernement examine régulièrement les mesures visant à protéger la sécurité de ses réseaux et de ses données et que les restrictions existantes resteront en vigueur.

Mercredi après-midi, M. Kamal n'a pas immédiatement répondu aux questions complémentaires visant à savoir s'il s'agissait d'une décision permanente ou d'une décision que le gouvernement avait l'intention de revoir.

Les conditions dans lesquelles le gouvernement autorise TikTok à poursuivre ses activités comprennent la mise en place de protections plus strictes pour les informations personnelles des Canadiens, notamment de nouvelles passerelles de sécurité et des technologies améliorant la confidentialité afin de réduire le risque d'accès non autorisé ou interdit aux données des Canadiens.

Un contrôleur tiers indépendant sera également nommé pour auditer et vérifier en permanence les contrôles d'accès aux données.

TikTok et le gouvernement ont tous deux refusé de fournir plus d'informations mercredi lorsqu'on leur a demandé qui serait chargé de nommer cet organisme de contrôle, quelles qualifications il devait posséder et quel était le calendrier prévu pour cette nomination.

— Avec des informations de Jim Bronskill

Anja Karadeglija, La Presse Canadienne