L'été pluvieux fait place à une saison des pommes «extraordinaire»
MONTRÉAL — Les Producteurs de pommes du Québec prévoient une bonne année pour les vergers de la province à l'occasion du lancement de la saison des cueillettes.
Le président de la fédération, Éric Rochon, explique que si le fait d'avoir autant de jours d'averse durant l'été a pu être décevant pour certains, «des pluies régulières, ça a permis d'avoir une saison extraordinaire pour nous du côté des producteurs».
«L'an passé, on était au mois d'août avec des épisodes de canicule, de très grosses chaleurs et surtout de sécheresse», a-t-il rappelé lors d'une entrevue avec La Presse Canadienne.
Un climat comme celui de cette année ne stimule pas nécessairement la production en tant que telle, mais plutôt la qualité des fruits, note M. Rochon. Il note que le volume de pomme estimé présentement se situe dans la moyenne, avec 5,7 millions de minots cette année. Un minot correspond à 42 livres ou environ 19 kilogrammes de fruits.
Dans son dernier rapport annuel, la fédération des producteurs de pommes comptabilisait environ 6 millions de minots pour la récolte 2024-2025.
Parmi les variétés de pommes les plus communes, la Paulared, la Sunrise et la Lobo devraient se trouver dans les vergers. La très populaire Honeycrisp devrait arriver autour du 20 septembre.
Avec les changements climatiques, les vergers osent de plus en plus planter des variétés différentes. M. Rochon donne l'exemple de la Gala, qui «ne supportait pratiquement pas» les hivers des années 1980 et 1990. Les températures sont «beaucoup plus clémentes qu'avant», a-t-il souligné.
«On est encore au Québec, oui, il peut y avoir des hivers très rudes encore, on le sait, a-t-il reconnu. Mais présentement, dans les dernières années, l'hiver arrive un petit peu plus tard et le printemps un petit peut peu plus tôt.»
Cela, soutient-il, permet aux producteurs d'oser s'essayer avec de nouvelles variétés.
Dans un contexte de guerre commerciale avec les États-Unis, M. Rochon souhaite voir les consommateurs «porter une plus grande attention à la provenance, en général, des fruits et légumes qu'ils achètent», comme les pommes du Québec.
À l'heure actuelle, les vergers d'ici contribuent à près de 55 % des ventes de pommes dans les épiceries du Québec. Avec une modernisation des vergers comportant entre autres l'accroissement de la production de nouvelles variétés — dont la Gala, l'Ambrosia et la Honeycrisp — les producteurs espèrent faire grimper ce nombre à 70 %.
Cette modernisation est cependant coûteuse et, en cette période électorale, les producteurs espèrent que le prochain premier ministre aidera à son financement.
«Il faut comprendre que quand un producteur veut faire une nouvelle plantation, nécessairement il doit arracher une partie de verger», lui causant une perte de revenu et de production, explique M. Rochon.
Le verger doit ensuite investir pour les nouveaux arbres et attendre en quatre à cinq ans avant que ceux-ci atteignent une production substantielle de fruits.
M. Rochon note que les producteurs demandent la mise en place d'un programme gouvernemental de modernisation des vergers depuis plusieurs années.
«On aimerait que le gouvernement qui va être en place le 6 octobre puisse nous écouter, nous aider et nous accompagner dans ce projet.»
La saison des pommes s'étend normalement jusqu'à la mi-octobre, avec des vergers d'autocueillettes ouverts jusqu'à la fin du mois.
Alexis Drapeau-Bordage, La Presse Canadienne

