L'UNESCO inscrit les archives des loyalistes noirs au Registre de la Mémoire du monde

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Par La Presse Canadienne, 2026
HALIFAX — La Commission canadienne pour l'UNESCO a annoncé qu'elle inscrivait la collection d'archives des loyalistes noirs installés en Nouvelle-Écosse au Registre de la Mémoire du monde du Canada.
Les Archives de la Nouvelle-Écosse, les Archives provinciales du Nouveau-Brunswick, le musée du comté de Shelburne et le Centre patrimonial des loyalistes noirs ont formé un partenariat afin de constituer une collection d'archives intitulée «Les loyalistes noirs au Canada : autonomie, défense des droits, communauté et héritage».
Les registres détaillés, les reçus commerciaux et les registres paroissiaux des loyalistes noirs datant des années 1780 et au-delà sont bien plus que de simples textes historiques riches aux yeux d'Andrea Davis, directrice générale du Centre du patrimoine des loyalistes noirs à Shelburne, en Nouvelle-Écosse.
«Cela fait partie de mon histoire. Cela a une grande importance pour notre communauté», souligne-t-elle.
Mme Davis est une descendante de ce groupe de Noirs qui ont fui les États-Unis pour la Nouvelle-Écosse à la fin de la Révolution américaine, en prenant le parti des Britanniques. On a offert aux loyalistes noirs des terres, une protection et la liberté, mais on ne leur a pas donné les rations, l’aide ou les terres fertiles qui leur avaient été promises.
«Mes ancêtres, c’est un groupe de personnes qui n’étaient pas censées survivre, mais ils l’ont fait. C’est donc extrêmement gratifiant d’être ici pour représenter les loyalistes noirs et mes ancêtres», dit-elle.
Mme Davis raconte que ces documents, dont certains étaient exposés samedi aux Archives de la Nouvelle-Écosse à Halifax, fournissent des détails sur la vie des loyalistes noirs qui se sont installés à Shelburne, où elle vit aujourd’hui.
«Ces documents témoignent de leur intelligence. Ils me montrent la force et la résilience qui ont toujours été présentes. C’est tellement émouvant et captivant pour moi, en tant que représentante de la huitième génération, d’avoir ces textes entre les mains et de les partager avec les générations futures», commente-t-elle.
La cérémonie de samedi comprenait un accompagnement musical au tambour et au piano, ainsi qu’une prière de Sheila Hartley-Scott, présidente du conseil d’administration bénévole de la Société patrimoniale des loyalistes noirs.
«Nos ancêtres n’avaient guère de chances de survivre à leur arrivée ici. Ils ont enduré des épreuves indescriptibles. Ils ont affronté ces épreuves tout en étant confrontés au racisme. Tout ce qu’ils voulaient vraiment, c’était une vie meilleure, pouvoir élever leur famille et contribuer à leurs communautés, s'est-elle exprimée. Nous sommes un peuple de force, de courage, de ténacité, d’espoir et de foi.»
John Macleod, directeur des Archives de la Nouvelle-Écosse, dit que ces documents juridiques, ces plans d’établissement, ces registres de transactions et les autres documents inclus dans la collection «racontent l’histoire de la Nouvelle-Écosse».
Ce qui rend cette collection particulièrement importante, c’est que ces documents montrent que les loyalistes noirs «s’exprimaient par eux-mêmes et étaient maîtres de leur destin à cette époque».
«Ils se sont effectivement présentés devant les tribunaux, ont plaidé leur cause et ont fait connaître leur présence. Et cette présence, bien sûr, perdure depuis plus de 200 ans, depuis la fondation de Shelburne», a rappelé M. Macleod.
Le Registre canadien de la Mémoire du monde est géré par la Commission canadienne pour l’UNESCO dans le cadre du Programme Mémoire du monde de l’organisation, qui vise à préserver et à promouvoir l’accès aux documents patrimoniaux de valeur universelle.
«Cette collection d’archives fournit un témoignage rare et précieux sur les loyalistes noires et noirs et leur descendance, à travers leurs propres voix. Elle nous permet de constater la persévérance et le dévouement dont ces personnes ont fait preuve dans la construction de leur communauté, malgré les immenses défis auxquels elles ont dû faire face», a déclaré David Schimpky, directeur du secrétariat de la Commission canadienne pour l’UNESCO, dans un communiqué.
«Des fonds d’archives tels que ceux-ci sont essentiels pour faire comprendre les expériences et l’influence des loyalistes noires et noirs au Canada, une histoire que nous devons reconnaître en l’inscrivant au Registre de la Mémoire du monde du Canada», a-t-il ajouté.
Lyndsay Armstrong, La Presse Canadienne