La commissaire au développement durable critique la gestion des infrastructures d’eau

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Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — Les actions du gouvernement du Québec pour assurer la pérennité des infrastructures en eau sont insuffisantes, la planification du Plan pour une économie verte comporte des lacunes et le gouvernement n’en fait pas assez pour favoriser l’acceptabilité sociale du développement des minéraux critiques.
Voilà quelques-unes des conclusions qu’a tirées la commissaire au développement durable, Janique Lambert, dans son rapport annuel, un document de 222 pages déposé jeudi matin.
Les infrastructures municipales d’eau au Québec sont vieillissantes et, comme l’indique le rapport de la commissaire au développement durable, «elles nécessitent des investissements de plusieurs milliards de dollars» pour assurer leur pérennité.
Environ 101 000 km de conduites et 10 400 installations sont sous la responsabilité des municipalités et 10 % de ces infrastructures sont à risque de «défaillance élevée ou très élevée», pour une «valeur de remplacement de plus de 19 milliards de dollars».
Même si les municipalités sont responsables de construire, maintenir, exploiter et financer ses actifs, le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH) a un rôle important à jouer pour soutenir les municipalités dans la gestion de ces infrastructures.
Mais, «dans les faits, l’encadrement est insuffisant pour amener les municipalités à assumer efficacement leurs responsabilités à cet égard», écrit la commissaire Janique Lambert.
«Dans un contexte où les demandes d’aide sont importantes, l’absence de critères de sélection clairs (…) ne donne pas l’assurance que les projets choisis sont les plus pertinents et rend la planification des investissements difficile pour les municipalités», souligne également le rapport de la commissaire.
Le ministère a déterminé 74 projets prioritaires pour les exercices 2025-2026 à 2027-2028 selon le rapport, mais «la justification de ses décisions n’a pas été documentée, ce qui ne nous a pas permis d’évaluer la qualité de cet exercice de sélection», a écrit Janique Lambert.
La commissaire rapporte aussi que le MAMH n’oriente pas suffisamment les municipalités vers un «financement adéquat» de leurs services d’eau.
Ainsi, «les revenus que les municipalités perçoivent pour leurs services d’eau ne suffisent pas à couvrir une partie significative du coût total de ces services».
Les services d’eau devraient davantage prendre en compte le «principe de l’utilisateur-payeur» pour financer leurs services, selon les recommandations du rapport.
La nécessité d’adapter ou de remplacer les infrastructures d’eau vieillissantes est d’autant plus importante que les changements climatiques ont un impact sur ces installations municipales et aussi sur la qualité et la disponibilité des ressources en eau, souligne le rapport publié jeudi.
Stéphane Blais, La Presse Canadienne