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La communauté juive de Toronto réclame davantage de soutien

durée 15h56
8 mars 2026
La Presse Canadienne, 2026
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4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

TORONTO — La communauté juive de Toronto réclame davantage de soutien après que deux synagogues de la région ont été la cible de coups de feu ce week-end.

Sara Lefton, de la United Jewish Appeal Federation of Greater Toronto, a déclaré que ces tirs représentaient «une menace pour tous», et pas seulement pour les Canadiens juifs.

Debout devant la synagogue Shaarei Shomayim avec d'autres dirigeants juifs dimanche, Mme Lefton a exhorté tous les ordres de gouvernement à fournir rapidement des fonds pour sécuriser les communautés juives de Toronto.

La synagogue a été la cible de coups de feu peu après minuit samedi, selon la police de Toronto.

Les impacts de balles étaient encore visibles sur les portes lorsque les dirigeants communautaires, les responsables de la police et les politiciens fédéraux, provinciaux et municipaux se sont réunis devant la synagogue pour une conférence de presse.

Ces coups de feu surviennent alors que les bombes israéliennes et américaines pleuvent sur l'Iran, notamment sur un dépôt pétrolier près de Téhéran. L'Iran riposte en élargissant ses cibles au Moyen-Orient, frappant ce week-end une usine de dessalement à Bahreïn.

Noah Shack, PDG du Centre pour les affaires israéliennes et juives, a dénoncé le fait que les communautés juives de Toronto ont été confrontées à une recrudescence des incidents motivés par la haine et la violence au cours des deux dernières années.

Il demande que davantage de fonds soient consacrés à la «mise en place d'infrastructures de sécurité» dans les communautés vulnérables.

M. Shack a exhorté le gouvernement fédéral l'année dernière à augmenter considérablement le financement disponible dans le cadre du Programme pour la sécurité communautaire du Canada, qui fournit des fonds aux organisations pour qu'elles puissent engager des services de sécurité tiers si elles sont exposées à des incidents motivés par la haine.

Le ministre de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, a déclaré lors de la conférence de presse de dimanche que le gouvernement fédéral allait chercher à modifier les conditions d'octroi des fonds qui sont «d'une importance cruciale pour soutenir les infrastructures communautaires juives et autres», ainsi qu'à renforcer les lois contre la haine.

Samedi, la fusillade à la synagogue Shaarei Shomayim est survenue quelques minutes seulement après que des coups de feu eurent été tirés à la synagogue Beth Avraham Yoseph de Toronto à Thornhill.

La police de Toronto et celle de la région de York ont annoncé avoir renforcé leurs patrouilles autour des quartiers juifs et des lieux de culte, tout en poursuivant leur enquête sur ces incidents.

Ces deux fusillades ont eu lieu moins d'une semaine après un troisième incident signalé au Temple Emanu-El, une autre synagogue de la région de Toronto, où des traces de coups de feu ont été trouvées lundi soir.

Aucun blessé n'a été signalé dans les synagogues.

Ces fusillades ont suscité une condamnation générale samedi, les politiciens les qualifiant d'attaques antisémites.

Le premier ministre Mark Carney a déclaré que les agences fédérales et la Gendarmerie royale du Canada utiliseraient toutes les ressources disponibles pour aider la police locale à identifier les responsables et à «les traduire en justice», estimant que ces fusillades représentent une «atteinte au droit des Canadiens juifs de vivre et de prier en toute sécurité».

La mairesse de Toronto, Olivia Chow, a condamné ces fusillades, les qualifiant d’«actes répugnants d'antisémitisme, de haine et d'intimidation». De son côté, le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, a réitéré son soutien à la communauté juive.

«Notre gouvernement continuera à travailler en étroite collaboration avec la police pour garantir la protection des lieux de culte et que les responsables soient traduits en justice. L'antisémitisme n'a pas sa place en Ontario», a-t-il déclaré.

Un «lien temporel et spatial» évident

Le chef adjoint de la police de la région de York, Kevin McCloskey, a affirmé que les agents travaillaient en étroite collaboration avec la police de Toronto et que les deux services enquêtaient sur les fusillades.

M. McCloskey a ajouté qu'il n'y avait aucune preuve reliant les événements, mais que les enquêteurs n'avaient pas écarté cette possibilité.

Le chef de la police de Toronto, Myron Demkiw, a déclaré dimanche qu'il existait un «lien temporel et spatial» évident entre les tirs, mais que les enquêteurs suivraient les preuves là où elles les mèneraient.

Les tirs ont été signalés à 20 minutes d'intervalle et les synagogues sont distantes d'environ 10 kilomètres.

M. Demkiw a indiqué que la police coordonnait l'enquête avec ses partenaires provinciaux et nationaux et qu'il s'était entretenu personnellement avec le commissaire de la GRC.

M. Shack a déclaré que des «mesures sérieuses» devaient être prises pour lutter contre la «glorification de la violence», qui, selon lui, a inspiré les coups de feu.

«Nous avons l'occasion de regarder vers l'avenir. Les mesures prises au cours des deux dernières années n'ont pas été suffisantes pour nous empêcher d'en arriver là. Nous pouvons maintenant nous unir et prendre des mesures concertées pour nous assurer que nous n'allons pas plus loin», a-t-il indiqué.

La police de Toronto et celle de la région de York invitent toute personne disposant d'informations ou d'images des tirs à contacter les forces de l'ordre.

Kathryn Mannie, La Presse Canadienne